c’est l’année du Che, il aurait eu 80 ans, on le célèbre mais est-ce qu’on connaît ses idées, le lieu où elles sont devenus actes concrets, Cuba. Le dialogue ininterrompu et que certains voudraient bien masquer entre le Che,Fidel et Cuba. leur questionnement commun: est-ce qu’une société juste peut exister? Voilà de quoi parle notre livre, peut-être est-ce pour cela que tout est fait par beaucoup pour le censurer.
J’avais placé ici un texte sur les différents modes de censure, ceux de la bourgeoisie, ceux plus inattendus de mon propre camp, mais tout cela m”indiffère désormais.J’ai repensé à Aragon, à mon mari et je leur fais cadeau de ma colère… Et puis j’ai recopié le texte de Fidel sur la mort du Che, et j’ai revecu tant d’émotions, tant de bonheur à combattre, mes amis, mes compagnons, mes amours, nous avons eu une si belle vie, parce qu’il n’y a que ceux qui luttent qui vivent… J’assume simplement totalement ce que disent Alain Girard et Gabrielle Gangai, j’aurais pu écrire ce qu’ils ont placé sous mes propres propos maintenant effacés. Simplement il ne faut pas confondre comme me l’a dit Aragon la grande Histoire et les petites histoires, Cuba, Fidel et le Che, c’est la grande histoire, et puis il y a les petits bureaucrates, on ne les combat pas plus que des fourmis, on les évite… En espérant qu’ils ne feront pas trop de dégâts… Mais comme ke dit Fidel, le socialisme est dans les langes, le capitalisme a derrière lui des millénaires où l’on s’est appropriée jalousement non seulement les choses, mais aussi les individus… Regardez-les après avoir assassiné le Che, il voudraient bien assassiner Evo, Chavez tous ceux qui résistent, mais il s’en lève toujours de nouveaux et c’est àa l’essentiel.
Nous sommes dans les temps obscurs, ceux où la corruption et la peur ont des effets destructeurs, l’arrivisme,l’égoïsme développe la guerre de tous contre tous, on perd un temps fou à cela et tout ceux qui se battent voient tout cela remonter à la surface. Le capitalisme s’en nourrit. Il s’agit de dynamiter de l’intérieur, d’utiliser les vices que le capitalisme crée pour préparer la contre-révolution, l’impérialisme sait utiliser leur propre crise pour diviser, créer la guerre de tous contre tous, la concurrence et la haine comme en Bolivie. Alors je crois que le livre que nous avons écrit et dont il nous faut bien parler nous-même puisqu’il est décidé de l’étrangler est tout à fait d’actualité pour comprendre ce qui encore et toujours menace la Révolution, le socialisme et dont le Che et Fidel on tenté de prémunir le peuple cubain.
Un mot encore que l’on se rassure, ce livre connait une diffusion satisfaisante malgré l’étranglement dont il est victime, je ne touche pas un sou de droit d’auteur, ni Bonaldi, ni Nicole Amphoux. L’important est d’en discuter l’idée, oui le socialisme peut disparaître, oui il nécessite une lutte permanente parce qu’il va a contrario de ce que le capitalisme fait de nous. Il exige de nous l’impossible et Fidel, le Che, le peuple cubain ont tenté et tentent encore l’impossible, jamais nous avons été aussi proche d’une société juste mais dieu que tout cela est fragile, qu’il est pénible de tenir bon.
Danielle Bleitrach
Introduction
À l’origine de ce livre, il y a un discours, celui que Fidel Castro a prononcé le 17 novembre 2005 à l’Université de la Havane. Ce discours porte sur le socialisme et affirme que celui-ci peut disparaître. Au vu de ce qui s’est passé avec l’effondrement de l’URSS et des pays satellites européens, l’affirmation relève de l’évidence, mais elle concerne Cuba, l’île qui a, seule contre tous ou presque, persévéré dans son choix du socialisme. De surcroît, ce discours brosse un portrait de la situation cubaine d’une telle sévérité qu’il aurait dû réjouir les habituels dénigreurs du « régime ». Et puisque, au même moment, en France et dans le monde, la question du devenir de Cuba est limitée à l’après-Castro, l’analyse critique du principal intéressé aurait dû captiver l’attention des « spécialistes » des grands médias. Bien sûr, il n’en fut rien. Et ce discours passa inaperçu.
La cause est déjà tellement entendue : le socialisme cubain – cette « anomalie », disait Aznar l’ancien premier ministre espagnol qui ne cachait pas ses sympathies franquistes– ne devrait pas survivre à son « dictateur ». Car c’est ainsi que le consensus politico-médiatique a coutume de caricaturer celui dont Ignacio Ramonet a dit à juste raison : « Peu d’hommes ont connu la gloire d’entrer de leur vivant dans l’histoire et la légende. Fidel Castro est l’un d’eux. Il est le dernier « monstre sacré » de la politique internationale. Il appartient à cette génération d’insurgés mythiques – Nelson Mandela, Ho Chi Minh, Patrice Lumumba, Amilcar Cabral, Che Guevara, Carlos Marighela, Camilo Torres, Medhi Ben Barka – qui, à la poursuite d’un idéal de justice, se sont lancés, après la Seconde Guerre mondiale dans l’action politique avec l’ambition et l’espoir de changer un monde d’inégalités et de discriminations marqué par le début de la guerre froide entre l’Union soviétique et les Etats-Unis . »
Quand Fidel Castro et le peuple cubain renversent le dictateur Batista en 1959, Cuba était une colonie de fait des Etats-Unis auxquels tous les pouvoirs devaient faire allégeance. Après quarante-huit ans de Révolution, les Cubains sont maîtres de leur avenir. Il est possible que le socialisme ne survive pas, comme le dit Fidel Castro dans son discours à l’Université, mais ce qu’il adviendra du socialisme dépend des Cubains et d’eux seuls. L’île est souveraine.
« Toute cette situation (disparition du camp socialiste et effondrement de l’URSS) a conduit l’impérialisme à un énorme triomphalisme, a conduit au scepticisme de nombreuses forces progressistes et de gauche dans le monde. Vous avez des gens qui préféreraient mourir d’opportunisme plutôt que rappeler qu’ils ont milité dans un parti communiste, qui ont peur d’y avoir milité, qui ont peur de l’immense honneur d’y avoir milité. En effet militer dans un parti communiste quelles que soient les erreurs qu’il commette, sera toujours le plus grand honneur, car une chose est de militer dans un parti des pauvres et autre chose dans les partis et les clubs de millionnaire et de pillards. Vous pouvez accuser les communistes de n’importe quelle erreur, mais pas en tout cas d’être des exploiteurs de l’homme par l’homme, mais pas d’avoir appuyé l’exploitation de l’homme par l’homme. » (Fidel Castro, le 26 juillet 1991).
L’obstination que met Fidel Castro à affirmer que le capitalisme est invivable s’ancre sur deux idées fortes : la première est la situation du Tiers-monde auquel Cuba appartient ; la seconde est que l’être humain est capable de s’autodétruire, que le capitalisme est la voie de cette autodestruction, en entretenant un état de guerre permanent dont l’enjeu est la survie de l’espèce.
Ce questionnement vient de loin.
Quelques mois après le discours de Fidel Castro à l’Université, les Ediciones Sociales présentent à la Foire du livre de La Havane, en février 2006, un inédit que beaucoup attendaient avec impatience : des réflexions économiques de Che Guevara. A partir de la critique d’un manuel soviétique d’économie politique, qui s’était imposé comme un ouvrage de vulgarisation à tous les pays socialistes, Che Guevara aborde la manière dont, à la suite de la NEP, les phénomènes mercantiles avaient profondément pénétré les mentalités en Union soviétique. Tout en prenant en compte, comme ne cesse de le faire Fidel Castro, le rôle essentiel de l’URSS, en centrant sa critique sur la recherche de solutions et non sur une dénonciation stérile, le Che montre comment au dogmatisme stalinien a succédé l’abandon de toute réflexion théorique et des principes . L’expérience soviétique a été critiquée par la droite, par la contre-révolution sur laquelle se sont alignés beaucoup de communistes européens, à commencer par les dirigeants du PCF. De Cuba parvient au contraire une critique révolutionnaire, dans le prolongement de celle du Che, enrichie par l’expérience. Sommes-nous capables de l’entendre ?
Cuba bénéficie en effet d’une expérience irremplaçable. Les approches théoriques et les analyses émanant de la part de ses intellectuels méritent d’être connues, même si le bouillonnement des années soixante a été refroidi par les années grises de « soviétisation », et surtout par le combat toujours dans l’urgence contre le plus impitoyable des ennemis. Au moment où le projet socialiste émerge à nouveau en Amérique latine, les Cubains ont beaucoup à nous dire.
Nous avons découvert en étudiant la révolution cubaine un processus de rectification permanent, après nous être intéressé en particulier à trois périodes : l’effervescence des années 1960, la rectification des années 1980 et celle d’aujourd’hui. Il faudrait prolonger la réflexion que nous tentons ici, en développant un certain nombre de recherches sur des questions comme le parti révolutionnaire, l’agriculture, la productivité socialiste en général, l’homme nouveau, etc. Toujours, le lecteur le verra , nous sommes confrontés à l’originalité du socialisme cubain, marxiste-léniniste, martinien, fidéliste et guévariste, dans le contexte d’un pays du tiers-monde.
Le socialisme : une alternative y compris dans un monde développé, en Europe, en France ?
Il ne faut jamais danser sur l’air que vous joue l’ennemi, disent les Cubains, et il y a deux manières de le faire : la première serait de ne pas réfléchir aux obstacles réels, aux problèmes qu’a posé et que continue de poser l’édification du socialisme ; la seconde est de le faire dans les termes imposés par l’adversaire. Il est clair que la gauche européenne, les communistes, n’ont évité aucun de ces écueils. Nous n’avons pas réellement réfléchi à l’expérience socialiste. Il y a un déficit théorique et politique.
Le déclin qui frapperait la France, tout comme le retour aux valeurs autoritaires les plus réactionnaires pour endiguer les « périls », thèses entérinées par la droite comme par la gauche, manifestent l’adoption démagogique d’une conception du maintien de l’ordre social tel qu’il est face à une France traditionnellement rebelle. Nous serions comme les petits-bourgeois ruinés, hostiles d’abord au prolétariat dont nous risquons de partager le destin, comme le « petit Blanc », à qui il sied toujours de frapper celui qui ne le mérite pas parce que ses coups partent plus aisément vers le plus faible, plus malheureux que lui.
A cette France, on pourrait adresser ces phrases de José Martí, par lesquelles débute le texte « Notre Amérique » dont chaque enfant cubain est pénétré : « Le villageois vaniteux croit que le monde entier est son village,et, pourvu qu’il en reste le maire ou qu’il mortifie le rival qui lui a chipé sa fiancée, ou que ses économies croissent dans sa cagnotte, il tient pour bon l’ordre universel, sans rien savoir des géants qui ont sept lieues à leurs bottes et peuvent lui mettre la botte dessus, ni de la mêlée dans le ciel des comètes qui vont par les airs, endormies, engloutissant des mondes. Ce qu’il reste de village en Amérique doit s’éveiller. Notre époque n’est pas faite pour se coucher le foulard sur la tête, mais les armes en guise d’oreiller, à l’instar des vaillants de Juan de Castellanos : les armes du jugement, qui vainquent les autres. Tranchées d’idées valent mieux que tranchées de pierre. Nulle proue n’est capable de fendre un nuage d’idées. Une idée énergique que l’on fait flamboyer à temps à la face du monde stoppe, telle la bannière mystique du jugement dernier, une escadre de cuirassés. Les peuples qui ne se connaissent pas doivent se connaître, tels ceux qui vont se battre côte à côte . »
Nous ne pouvons pas ignorer ce qui se commet en notre nom, d’un point de vue moral, et aussi parce qu’à l’inverse de la période coloniale nous n’en tirons pour nous-mêmes qu’appauvrissement et restriction de nos libertés. « Mais il est clair que nous ne poussons pas la naïveté jusqu’à croire que cela se fera avec la coopération et la bonne volonté des gouvernements européens. Ce travail colossal qui consiste à réintroduire l’homme dans le monde, l’homme total, se fera avec l’aide décisive des masses européennes qui, il faut qu’elles le reconnaissent, se sont souvent ralliées sur les problèmes coloniaux aux positions de nos maîtres communs. Pour cela, il faudrait d’abord que les masses européennes décident de se réveiller, secouent leurs cerveaux et cessent de jouer au jeu irresponsable de la Belle au bois dormant . »
Les peuples latino-américain nous proposent de nous battre côte à côte, sans nouvelle Mecque du socialisme pour nous indiquer le chemin. Car il est probable que les mêmes causes produisant les mêmes effets, la vague de mécontentement va aussi s’amplifier en Europe, en France, comme partout dans le monde, y compris aux Etats-Unis.
Alors le socialisme qu’est-ce que c’est ? Aujourd’hui cette aventure, où s’allient ce constat énoncé par Hugo Chávez : « Il n’y pas de liberté politique sans contrôle des ressources naturelles » et la volonté d’un peuple, de ses dirigeants d’aller jusqu’au bout des conséquences d’une telle affirmation. Avec en prime, cette idée issue du syncrétisme cubain : ouvrons-nous au monde en devenir, acceptons ce qu’il nous apporte et faisons passer cet apport au prisme des tâches qu’il nous faut accomplir pour créer une patrie juste et libre. Le socialisme initié par le président Hugo Chavez sera-t-il celui du XXIe siècle ou tout simplement le socialisme dans le XXIe siècle, sans modèle, une aventure encore à advenir et dans laquelle nous pouvons tous prendre notre part ?
Pour conclure, je tiens à avertir le lecteur que ce livre écrit à plusieurs mains devait être à l’origine celui d’une seule auteure, moi-même, avec des collaborations, mais l’apport de Jacques-François Bonaldi s’est avéré fondamental. Ce qui n’a pas été sans poser problème parce que J.-F. Bonaldi, qui vit à Cuba depuis plus de trente-cinq ans, qui s’identifie totalement à son peuple et à sa Révolution et pour qui les textes de Fidel, qu’il a commencé à traduire en français dès son arrivée, sont pour lui, tout autant que de brillantes idées, un vécu admiratif devant les qualités de l’homme et du révolutionnaire, prépare un ouvrage bien plus complet sur le socialisme cubain . Il m’a généreusement proposé de m’approprier les fruits de son travail, ce que j’ai refusé, bien sûr. Même si je suis consciente que ce livre n’est pas celui qui correspond à ses exigences, je l’ai prié de bien vouloir en être le co-auteur.
Nous devons remercier Nicole Amphoux et sa patience attentive et intelligente mise à retisser la trame d’un texte qui s’effilochait à travers des rédactions croisées. Merci pour avoir contribué aussi pleinement à ce que ce livre existe. Merci également à Michel Tregan qui a bien voulu travailler au montage final de cette édition.
Danielle Bleitrach
Mai 2007
Il ne faut jamais danser sur l’air que vous joue l’ennemi, disent les Cubains
que n’ont ils raisons et pourtant comme tu le dis si bien Danielle il semble que du personnel diplomatique cubain…
Je suis consterné par l’attitude de l’ambassade quant au débat sur Valenton car en plus de l’apport de ton , votre livre l’association Cuba coopération était présente et cela dans une municipalité prête à construire avec Cuba.
Des camarades présents ont souhaité créer “quelque chose” pour Cuba et eux-mêmes et chose incroyable , de toutes les associations contactées, aucune, absolument aucune n’a donné suite hormis Cuba coopération.
Je ne crois pas que cela soit un hasard car nous connaissons le microcosme de ce genre d’associations, beaucoup de monde pour le Mojito, pas mal pour bronzer à Cuba, déjà beaucoup moins quand il faut défendre Cuba physiquement à l’ambassade.
L révolution cubaine est l’exemple politique, moral pour tant de révolutionnaires et pas seulement en amérique latine pourtant il ne manque sans doute pas quelques “dirigeants communistes” cubains pour se voir déjà nouveaux riches, genre importateurs de téléphones portables.
Tu nous a démontré que le peuple cubain est un peuple majeur cependant comment peut il savoir comment se comporte ce genre d’individus si la sonnette n’est pas tirée.
Personnellement je vais l’ouvrir en grand à la fête de l’Huma dans les débats sur Cuba car je pense que c’est le meilleur service à
rendre aux cubains et qu’importe les parasites et autres gardiens du temple, protecteurs en fait de leurs intérêts mesquins et bien opposés à ce qu’il prétendre défendre
Je suis plongé dans votre livre.
Fidel et cette lucidité, cette volonté politique de porter le fer là où ça fait mal au départ et tant de bien à l’arrivée.
Dans ma naïveté je me prend à me dire que je vais écrire à Fidel pour lui demander pourquoi je ne peux être solidaire de Cuba socialiste, pourquoi ces silences, oui je vais écrire à Fidel, pour que ma conscience soit en paix quelques instants.
je ne pense pas nuire à Cuba et à son peuple en mettant en avant le comportement singulier de certains représentants de Cuba et justement ceux là montrent à l’évidence qu’ils tournent le dos à leur peuple.
Tu le dis, il y a à Cuba une bataille politique forte et Fidel n’a pas manqué chaque fois de s’en prendre à cette couche de profiteurs, de bureaucrates. Je ne juge pas la Révolution , j’émets un avis sur ceux qui ont le devoir de porter cette Révolution et qui me méprisent et privent Cuba se soutiens, sans exagérer l’importance de nos personnes.
Je rentre de l’aéroport où j’ai déposé des camarades qui partent en Palestine, moi je reste et j’enrage de ne pas pouvoir faire mieux.
Au début 2007 Michel Trégan, Président Honoraire du Festival International du Documentaire, était à La Havane, je le sais car j’y étais aussi. Il y a visionné un certain nombre de documentaires à L’ICAIC, a été reçu, entre autres, par le ministre de la culture et il était prévu que Cuba soit l’invitée d’honneur du 18ème festival international du documentaire de Marseille avec plusieurs documentaires projetés, dont 1 ou 2 sur les Cinq cubains emprisonnés à Miami, des personnalités cubaines étaient invités à venir en débattre. Tout était fin prêt pour faire très fort sur Cuba, et notamment pour faire connaitre de drame que vivent les cinq cubains héroïques dont ce blog a déjà parlé. Le programme et l’affiche du festival reproduisant l’oeuvre de Jordi Colomer, Cinecito (La Habana) en témoignent. La date approchant et la direction du festival ne voyant rien venir on s’en inquiète à Marseille : aucune réponse…RIEN de RIEN de RIEN…
danielle parle de petits empereurs dans son texte, moi je dirais qu’il y a à l’ambassade et dans certains ministères de sales bureaucrates qui ne sont pas du tout à leur place.
Au regard de ces pauvres cubains injustement emprisonnés à Miami pour avoir enquêter sur le terrorisme anti-cubain et qui pour certains risquent de finir leur vie dans les prisons étasuniennes, ces bureaucrates là je les enverrais volontiers au charbon…J’exagère…
Gabrielle Gangai
mais à qui faut il s’adresser pour qe cela cesse alors ?
Et comment tu crois que ce serait si nous faisions le socialisme dans des conditions aussi terrible, de sous développement, de blocus, avec l’empire le plus puissant attaché à notre perte qui ne cesse de tenter de nous abattre ou de nous corrompre, avec des gens qui sont des êtres humains avec leurs défauts et leurs qualités ?
Imagine tous les arrivistes, les faineants, ceux qui flattent et savent être les premiers sur la ligne d’arrivée pour féliciter les vainqueurs et imagine qu’au milieu de tout cela nous tenions, tenions en serrant les dents, en donnant aux autres notre aide, nos médecins, nos enseignants…
Alors qu’est ce qu’on peut faire les remercier d’exister et demeurer debout à leur cotés, à eux de savoir ce qui est important pas à nous.
Danielle Bleitrach
PS Et Cuba c’est le plus haut niveau de conscience de l’humanité alors imagine les autres qui comencent à peine, les Venézuéliens, les boliviens, et tous les autres qui ont besoin de nous, alors on continue…
Je viens m’introduire dans votre petite discussion, sans avoir trop la tête ça ;mon fils est à l’hôpital apès une grave chute.
Cependant deux choses, Danielle je suis presque à la fin de ton livre remarquable,(tu disais l’autre jour qu’il y manqait 300 pages, seront elles éditées? et sinon comment en avoir lecture?) de VOTRE livre et qui montre bien cette évolution idéologique,pratique et critique, avec de la part de Fidel une analyse lucide, pointue, visionnaire, une quintescence d’intelligence, écrire une page blanche de l’histoire avec avancées et erreurs mais toujours réfléchies et rectifiées, je ne veux pas faire un panégérique, mais courage et pugnacité!!!
Cuba es una estrella en la noche!
En nuestra noche…
Je devais ce soir partir en congrès de ma fédération(cgt santé) à Toulouse, je n’y vais pas pour la raison évoquée plus haut, mais je souhaitais y faire une voir deux interventions, j’ai passé le relais, peut-être seront elles évoqués.
La première sur la journée sur l’international,notre fédération (CGT) travaille essentiellement européen, je trouve cela bien, mais je propose qu’un groupe de travail travaille sur l’internationalime, prendre des contacts avec des syndicalistes d’Afrique, d’Amérique Latine et Cuba et construisent de perspectives de rencontres.En europe nous tournons un peu en vase clos, entre “pays riches” aller voir ce qui se passe ailleurs, en Afrique, en Amérique latine, à Cuba, confronter les systèmes, construire des perspectives, pourquoi des pays riches en rabattent sur leurs système de santé, qu’en Afrique, soumis aux diktats des règles sur la dette par le FMI ont vu leur déjà pauvres services publics réduits à peau de charin, et qu’un pays peu riche comme Cuba, confronté à un embargo de plus en plus dur a mis en place un système de santé qui répond au besoin de la population cela ouvre des perspectives. Tout est question de volonté politique.
L’autre chose est l’hommage que je soushaite rendre à tous les personnels des hôpitaux, pro et dévoués qui font fonctionner un système bien mis à mal, et ce, souvent avec les moyens du bords, des pompiers, dont on parle peu, aux urgentistes, et tous personnels.
Voilà, Excusez les fautes , je suis fatiguée, et ne prendrai pas le temps de relire.
Marie
Si je ne brûle pas,
Si tu ne brûles pas,
Si nous ne brûlons pas,
Comment veux-tu que les étincelles
se fassent clarté.
Nazim Hikmet
Marie,
Oui c’est parce que notre livre est ce que tu dis chère Marie, et ce grâce à Bonaldi pour l’essentiel qui connaît de l’intérieur la pensée de Fidel et les luttes du pauple cubain, que je me désespère du traitement qui lui est réservé. Cela dit c’est une habitude, il a écrit des livres magnifiques en particulier une traduction de José Marti, mais aussi deux volumes sur l’histoire de Cuba, qui ont connu le même sort totalement immerité. Notre livre est un objet qui m’est devenu étranger comme tous les livres que j’ai écrit, mais c’est un de ceux que j’estime le plus. Alors la censure qui le frappe me parait non seulement immerité mais un mauvais coup contre Cuba et notre idéal.
Chère Marie, l’essentiel n’est pas là, il est dans cette inquiètude que tu vis, il n’y en a pas de pire pour un être humain, j’espère de tout coeur que cela va aller bien , donne nous des nouvelles. Pour toi je vais ouvrir le bistrot de juin parce que si tu as besoin de nous nous sommes là. Ce blog que j’ai failli ,lâcher par découragement est un lieu d’information et de solidarité. Ce que tu dis à la fois sur l’hopital public et sur les expériences médicales est trés juste. Sais-tu que les anglais sont venus voir le système de santé cubain parce que c’est celui dont le rapport qualité-priix est le meilleur, cela dit ils font comme ils le peuvent et ce système de santé a beaucoup souffert des rigueurs terribles de la période spéciale et du blocus.
Roberto,
Nazim Hikmet a raison, mais je vais te citer deux autres grand poètes, le premier est José marti, il a parlé de ceux qui cherchent les tâches du soleil, je crois que c’était à propos du mauvais coeur des Etats-Unis, je ne voudrais pas être celle qui cherche des ta^ches sur le soleil de la lutte cubaine.
Autre référence, j’en ai déjà parlé ici: au banquet du 50 e anniversaire du Parti j’étais assise aux côtés d’Aragon, comme d’habitude, à sa droite il avait jean Ristat, j’étais à sa gauche, nous étions ses deux enfants et Jean était son préféré parce qu’il était poète. Roland Leroy est venu et m’a demandé de faire écrire quelques lignes pour l’huma par Aragon. je lui ai dit Louis, voulez-vous écrire quelques lignes pour l’huma. Il était épuisé, c’était dans un hangar du bourget, il y avait un bruit effroyable, les gens venaient le voir, le harcelaient, il était au bord de l’évanouissement. Je lui ai répété: Louis dites moi ce que c’est d’être communiste pour vous, il a commencé à me parler et cela débutait par ces mots “Etre communiste c’est refuser de confondre les petites histoires avec la Grande” cela a continué et le texte se trouve à la première page de l’huma du lendemain.
Voilà les Cubains écrivent la grande histoire et les petits empereurs du ministère et de l’ambassade ce sont de petites histoires, il ne faut pas les confondre, participer à l’une et ignorer les autres quand on ne peut rien changer.
Aragon m’a dit deux autres choses ce jour-là, en contemplant le hangar rouillé et bruyant dans lequel nous fêtions le cinquantième anniversaire : “Pourquoi n’ai-je pu donner le sens du beau à ce parti que j’ai tant aimé!” et puis il a ajouté à sa manière de grand seigneur :” Pour des gens comme vous et moi ce parti devient quelquefois un mauvais lieu, un coupe gorge”…
Après il m’a dicté ces phrases :”Etre communiste c’est ne jamais confondre les petites Histoires avec la Grande”.
Hélas je ne suis pas Aragon mais j’ai connu les moments où les lieux de mon idéal deviennent un coupe gorge, cela dit j’ai l’immense chance de partager avec Aragon ce sens de l’Histoire, cette transcendance matérialiste que Marx ressentait si fort et qui lui fit commencer un texte célébre par “un spectre hante l’Europe… ” ce que m’ont donné tous ces poètes, tous ces philosophes, tous ces combattants communistes est sans prix… Sans cela “je meurs de soif auprès de la fontaine, celle où Picasso aussi allait se désaltérer”.
Et c’est pour cela qu’ils n’auront pas ma peau, tous les mesquins, tous les cons, tous les êtres jaloux et venimeux peuvent tenter de me faire la^cher prise, ils n’y arriveront pas, ils ne me feront pas abandonner ce sens de ma vie… Ce serait leur triomphe que d’éroder mon engagement, mais certes il m’arrive de pleurer, de souffrir mais jamais je ne céderai. Comme me le disait mon mari qui avait été tortué par la Gestapo, il est plus facile de résister à la torture qu’à la flatterie. Ils m’ont épargné la flatterie.
Danielle bleitrach
J’ai beaucoup apprécié ton texte, quand tu parles des petites choses et de la grande. La comparaison est juste en diable et je te remercie de ton courage politique pour affronter tous les problèmes d’aujourd’hui. les communistes, les véritables, gagneront à coup sûr. L’imbécile qui a déclaré que c’était la fin de l’histoire a feint de ne rien comprendre. Mais les peuples avec des hauts et des bas poursuivent leurs combats. La preuve est ce qui se déroule en ce moment en Amérique Latine, à Chypre et ailleurs. Avec toute mon affection révolutionnaire. Malik.
je vais ouvrir le bistrot de juin.
En effet je crois que tout a été dit sur le sujet et nous sommes tous d’accord sur l’idée qu’il y a l’essentiel et le contingent comme dans les amours de Sartre et Simone de Beauvoir…
Danielle Bleitrach