L’Inde refuse aux Etats-Unis le droit de décider de l’existence de l’arme nucléaire en Iran et la Russie accuse les occidentaux (y compris la France) d’avoir fomenté le séparatisme tchétchène

Il est clair que les menées des Etats-Unis mais aussi de leurs alliés européens, dont la france, se heurtent de plus en plus à l’hostilité du reste de la planète. Quelques exemple, l’Inde répond séchement aux etats-Unis qui leur demande de faire pression sur l’iran. La Russie dénonce le complot du séparatisme.
18:29 | 23/ 04/ 2008
  
 

NEW DELHI, 23 avril - RIA Novosti. Le ministre indien des Affaires étrangères, Pranab Mukherjee, a appelé Washington à s’abstenir de juger de la l’existence ou de l’inexistence de l’arme nucléaire en Iran et a déclaré que cette prérogative revenait à l’Agence international de l’Energie atomique (AIEA).

Lundi, le département d’Etat américain a appelé l’Inde à exercer des pressions sur le président iranien Mahmoud Ahmadinejad lors de sa visite à New Delhi le 29 avril, pour pousser Téhéran à mettre en veilleuse son programme nucléaire.

“Nous avons suggéré aux Etats-Unis de ne pas se charger de cette responsabilité et de ne pas décider de l’existence en Iran de l’arme nucléaire. C’est le rôle de l’AIEA”, a expliqué le ministre devant des journalistes mercredi.

M. Sitaram Yechury, représentant du Parti communiste indien maoïste, allié à la coalition au pouvoir, a appelé de son côté le gouvernement à réagir à cette déclaration du département d’Etat américain.

“Le gouvernement doit convoquer l’ambassadeur américain pour lui déclarer que l’Inde rejette la morgue du gendarme mondial”, a-t-il martelé devant les journalistes dans la capitale indienne.

Plus tôt, le porte-parole de la diplomatie indienne avait fait savoir que l’Inde ni l’Iran “n’ont besoin de conseils en matière de développement de leurs rapports bilatéraux”.

Tchétchénie: le renseignement occidental soutenait les séparatistes (TV)
13:42 | 22/ 04/ 2008
  
 

MOSCOU, 22 avril - RIA Novosti. Les services secrets occidentaux ont mis au point dans les années 1990 un plan visant à rendre effective l’indépendance de la Tchétchénie vis-à-vis de la Russie, affirme un documentaire intitulé “Plan Caucase” qui sera diffusé mardi soir sur la chaîne publique russe Pervi Kanal.

Selon un communiqué publié par la chaîne, la France imprimait des passeports d’Itchkérie (le nom donné à la république par les séparatistes), et des armements étaient acheminés vers la république à travers la Géorgie dans le cadre de cette opération.

Le citoyen turc d’origine tchétchène Aboubakar, connu depuis 40 ans sous le pseudonyme de Berkan Iachar, à la suite d’un contrat signé avec la CIA, raconte l’organisation dans les années 1990 d’une plateforme politique visant à obtenir la sécession de la république russe.

Selon lui, ce projet était financé par plusieurs Etats. Les passeports destinés à la République d’Itchkérie étaient imprimés par la France, la monnaie était fondue en Allemagne.

“Dans les années 1990, Aboubakar devient en quelque sorte l’éminence grise à travers laquelle on réalise les transactions financières plus ou moins juteuses destinées aux combattants du Caucase du Nord”, affirment les réalisateurs du documentaire.

Selon eux, une des affaires les plus secrètes remonte au temps du leader séparatiste Djokhar Doudaïev dans les années 1990. M. Iachar participe alors à la mise au point d’un plan visant à acheminer illégalement des pierres précieuses à l’aéroport de Grozny.

“Le bénéfice dégagé servait à acheter des armes. Il ne s’agissait pas de sommes très importantes, entre 10 et 20 millions de dollars à chaque convoi”, a confié Aboubakar, selon lequel cette filière n’a été découverte que plusieurs années plus tard.

“Ce ne sont que quelques exemples du soutien fourni par les services secrets étrangers à la sécession de la Tchétchénie”, affirme le documentaire.

 

 

 

10 Réponses vers “L’Inde refuse aux Etats-Unis le droit de décider de l’existence de l’arme nucléaire en Iran et la Russie accuse les occidentaux (y compris la France) d’avoir fomenté le séparatisme tchétchène”


  1. 1 oncle ho 24 avril 2008 à 10:53

    j’ignorais cette tendance nouvellement souveraine de l’Inde face à l’empire. Sympathique en tout cas.
    Cette position viendrait-elle du fait que le Pakistan se trouve entre les deux, scellant une alliance par dessus un ennemi commun?

  2. 2 yazid 24 avril 2008 à 11:24

    voila une énorme nouvelle qui ne passera jamais sur tf1

  3. 3 Pierre M. Boriliens 25 avril 2008 à 12:48

    @Oncle Ho

    C’est possible, mais le Pakistan aussi rue dans les brancard. J’ai donc plutôt l’impression que tous ces pays se rendent compte, et surtout en tirent les conséquences, que les alliances avec les Etats-Unis coûtent beaucoup plus qu’elles ne rapporteront jamais. Et les Etats-Unis ne sont plus en mesure de réagir.

    Le Pakistan prépare un accord de paix avec ses talibans, Washington inquiet

    PESHAWAR (Pakistan) - Le nouveau gouvernement du Pakistan prépare un projet d’accord de paix avec les talibans pakistanais, dont certains proches d’Al-Qaïda, très actifs dans les zones tribales du nord-ouest et responsables d’une vague d’attentats, a-t-on appris de sources officielles mercredi.

    Aussitôt, Washington s’est dit “inquiet” et a pressé Islamabad de “continuer à combattre les terroristes”.

    Les Etats-Unis, principaux bailleurs de fonds et d’armes du Pakistan, ainsi que l’Union européenne, ont répété ces derniers jours qu’ils n’admettraient pas des négociations avec des membres d’Al-Qaïda, ni avec des talibans qui franchiraient la frontière pour combattre leurs troupes en Afghanistan.

    L’ancienne opposition au président Pervez Musharraf a remporté les législatives du 18 février et, dès la formation d’un gouvernement de coalition début avril, elle a ouvert des pourparlers avec certains combattants islamistes des zones frontalières avec l’Afghanistan.

    Le nouveau gouvernement espère ainsi infléchir la stratégie de l’offensive militaire qu’avait privilégiée ces derniers temps le président Musharraf, l’un des alliés clés, dans sa “guerre contre le terrorisme”, de Washington qui considère qu’Al-Qaïda et les talibans afghans ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales pakistanaises.

    Islamabad espère ainsi prolonger la trêve relative que connaît le pays depuis les législatives dans la vague d’attentats qui avait fait plus de 1.070 morts en 15 mois.

    “Nous progressons rapidement vers un accord de paix avec le Mouvement des talibans du Pakistan (Tehreek-e-Taliban Pakistan)”, a déclaré à l’AFP un haut responsable des services de sécurité, sous couvert de l’anonymat, invoquant des “négociations indirectes”.

    Le principal porte-parole du Mouvement des talibans du Pakistan, le maulvi Omar, a confirmé à l’AFP par téléphone que “des négociations étaient en cours avec le gouvernement”.

    “Selon le projet d’accord, les deux parties ne se livreront plus de combats, les militaires se retireront de certaines zones et les combattants islamistes cesseront d’attaquer l’armée”, a ajouté le haut responsable des services de sécurité.
    “Des étapes importantes ont été franchies, les deux parties ont accepté la plupart des demandes de l’autre, nous espérons une annonce positive dans quelques jours”, a commenté le maulvi Omar.

    Des accord de paix avec les mêmes tribus fondamentalistes avaient été rompus en 2007 et avaient abouti au renforcement des bases arrières d’Al-Qaïda et des talibans afghans dans les zones tribales, n’a de cesse de rappeler ces derniers jours Washington.

    Or, le Mouvement des talibans du Pakistan est dirigé par le chef de tribu Baïtullah Mehsud, qui a fait allégeance à Al-Qaïda et est recherché par les autorités depuis qu’il a été formellement accusé d’être responsables de la vague d’attentats récents, en particulier celui qui a coûté la vie à l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto le 27 décembre. Le parti de la défunte dirige aujourd’hui le gouvernement de coalition, contraint à une cohabitation conflictuelle avec le président Musharraf.

    Dès mercredi, Washington a réagi avec fermeté à l’annonce d’un possible accord avec les combattants fondamentalistes. “Nous sommes inquiets et ce que nous les encourageons à faire, c’est de continuer à combattre les terroristes”, a dit le porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino.

    L’Union européenne, premier partenaire commercial du Pakistan, avait rappelé mardi, par la voie de son diplomate en chef Javier Solana, qu’elle ne tolérerait pas non plus que les négociations de paix englobent des groupes liés à Al-Qaïda.

    strs-mmg/gir/sym eaf
    (©AFP / 23 avril 2008 17h09)

    A prendre avec des pincettes, évidemment…

  4. 4 Pierre M. Boriliens 25 avril 2008 à 2:17
  5. 5 Pierre M. Boriliens 25 avril 2008 à 3:40

    Là je vais un peu vite, ne connaissant rien des tenants et aboutissants. Mais je vous le soumets quand même :

    Japon/J-Power: le fonds britannique TCI refuse d’obéir au gouvernement

    TOKYO - Le fonds spéculatif britannique The Children’s Investment Fund (TCI) a annoncé vendredi qu’il refusait d’obéir au gouvernement japonais, qui lui a “recommandé” de ne pas accroître sa participation dans la compagnie d’électricité J-Power pour des raisons de “sécurité nationale”.

    TCI détient actuellement 9,9% des actions J-Power, le premier grossiste en électricité du Japon, et souhaite monter jusqu’à 20% du capital.

    Mais le 16 avril, le gouvernement japonais lui avait “recommandé” de s’en abstenir. Il avait notamment jugé que la montée du fonds britannique dans le capital de J-Power visait surtout le profit “à court terme”, et était donc susceptible de nuire à la sécurité énergétique du Japon.

    Au Japon, une autorisation gouvernementale est obligatoire pour les investisseurs étrangers qui veulent acheter 10% ou plus d’une entreprise dans un secteur “vital pour la sécurité nationale ou le maintien de l’ordre public”, comme l’énergie. C’est toutefois la première fois depuis que cette disposition a été instituée, en 1992, que l’Etat bloque un investissement étranger.

    La “recommandation” constitue en fait une obligation, puisqu’elle peut être suivie d’un “ordre administratif” contraignant si TCI refuse d’obtempérer.

    Dans un communiqué rédigé dans des termes très vifs, TCI a estimé que la décision du gouvernement était “basée sur de fausses hypothèses”, que le processus “a manqué de transparence et d’intégrité” et qu’il a reposé sur “des informations factuelles erronées et sur un raisonnement économique défectueux”.

    “La conclusion inévitable de la logique du gouvernement est que tout étranger qui ne promet pas de ne pas vendre ses actions pendant vingt ans et qui refuse de se taire n’est pas le bienvenu pour investir”, s’est plaint dans le communiqué le directeur de TCI pour l’Asie, John Ho.

    “TCI n’a d’autre choix que de rejeter la recommandation du gouvernement. Nous demandons sincèrement au gouvernement de revoir le processus, son raisonnement et ses critères avant de parvenir à une conclusion définitive”, a ajouté le fonds britannique.

    (©AFP / 25 avril 2008 04h09)

    Ce qui m’a frappé, c’est le “C’est toutefois la première fois depuis que cette disposition a été instituée, en 1992, que l’Etat bloque un investissement étranger.”

    C’est peut-être aussi significatif d’un changement…

  6. 6 socio13 25 avril 2008 à 5:31

    L’Inde est beaucoup plus compliquée que l’on imagine, souvenez vous au moment du Tsunami ils ont refusé l’aide des ONG et ont dit on réglera nos problèmes nous mêmes. relisez sur ce blog le texte déjà ancien du professeur indien que j’ai traduit sur l’organisation de coopération de Shanghai, le fait que Poutine n’a cessé de oeuvrer pour que soient surmontées les contradictions entre la Chine et l’Inde. Relisez le texte que j’ai inscis récemment sur les relations entre la Chine et l’Inde tiré de la revue hérodote. relisez les articles de COMAGUER.

    Ce qui m’apparait dans cette crise c’est qu’une fois de plus en suivant les Etats-Unis la France a joué perdant parce que l’Asie a fait bloc.

    Maintenant tout cela n’est pas dénué de contradiction, et peut voler en éclat, mais les Etats-Unis et l’occident se conduisent d’une telle manière qu’ils provoquent l’union d’endiguement. N’oubliez pas non plus l’important changement au Népal, c’est un grand facteur de transformation par l’exemple en Inde. Le pakistan renâcle face aux Etats-Unis à leur soutien à Israêl, leurs attaques contre l’irak, etc…

    C’est tout cela que nous tentons ici d’approcher en dépassant la vision simpliste et complétement erronée, limite stupide que nous produisent des médias incultes.

    Danielle Bleitrach

  7. 7 Pierre M. Boriliens 25 avril 2008 à 6:44

    Entièrement d’accord !
    Le monde est en train de s’organiser sans nous (occidentaux), et contre nous, s’il le faut !
    Parce qu’il a décortiqué, analysé, assimilé ce qui nous a longtemps donné la toute-puissance, la Culture (scientifique et technique comprise), alors que nous, de notre côté, nous nous sommes contentés “d’apporter la civilisation”, avec le plus grand mépris pour qui nous rencontrions, tout en pompant au maximum les richesses (je caricature un peu, évidemment).
    C’est quand même stupéfiant, quand on y réfléchit, que nous ne sachions pour ainsi dire rien sur la Chine, sur l’Inde, des civilisations aussi vieilles que la nôtre… Alors qu’elles savent tout sur nous !

  8. 8 gilles questiaux 26 avril 2008 à 8:54

    Lorsque les programmes d’histoire de sixième ont été reformulé à l’époque où Bayrou était ministre, ils ont éjecté la préhistoire, le Chine et l’Inde.

  9. 9 Pierre M. Boriliens 27 avril 2008 à 4:11

    @gilles questiaux
    Vaste question que celle de l’Histoire à l’école !
    J’ai l’impression que si un gamin (et pas seulement) arrive déjà à comprendre, à intégrer que le monde n’a pas commencé en même temps que lui, on aura déjà fait un grand pas…
    Car tout pousse, au contraire, au “temps réel”, à la destruction de la notion même de durée, et donc d’Histoire (et aussi d’avenir).
    Ça me semble même une condition sine qua non de l’idéologie de la consommation.
    … et de l’univers concentrationnaire (Rousset en fait explicitement une caractéristique, Bettelheim en fait même la cause de la régression à des comportements infantiles).

    Mais bon, c’est un autre sujet (quoique…).

  10. 10 gilles questiaux 27 avril 2008 à 8:02

    Ces “allègements” de programme prétendaient se justifier du fait que presque personne n’enseignait l’histoire de l’Asie, faute de compétence, et aussi du discours pédago-démago sur l’aspect brutal que comporterait l’histoire et la géo dans leur coté encyclopédique. Vous comprenez, apprendre toutes ce dates et toutes ces villes par cœur, c’est cruel, surtout en chinois. Le cartable mental est trop lourd à porter! Du coup, on fait les Pharaons et les Grecs, c’est plus important, et surtout on peut se mettre en pilotage culturel automatique. En première, ils ont mis le seconde guerre mondiale en fin de programme d’histoire et la géo de la France aussi. Devinez ce qui n’est plus traité? Par contre on traîne des mois sur l’UE, c’est à dire à obliger des jeunes de seize ans à commenter du Giscard et du Jean Monnet. La “Révolution industrielle” a été remplacée par “l’industrialisation”. Enfin, on étudie ensemble IIIème Reich et URSS sous le chef “totalitarisme”. Une épuration des programme en économie-sociologie est à l’ordre du jour exigée (sic) par le medef, mais les collègues de SES font de la résistance.