L’Afrique: les relations sud-sud, problèmes et perspectives

Le monde est en train de changer et il faudrait que nous en prenions conscience, nous n’en sommes plus ou du moins pour peu de temps encore le centre omnipotent, imposant nos diktats. Jacques Chirac avait bien des défauts mais il s’était prononcé pour un mode multipolaire et était amoureux d’autres civilisations. Nous avons désormais un inculte narcissique qui s’est rangé derrière l’hégémonie étasunienne, véhicule une conception d’extrême-droite du monde, et ne peut le faire que parce qu’il bénéficie de la complicité de fait de la gauche et de l’extrême-gauche.

Sur ce blog, nous tentons de vous apporter des informations contradictoires, tout ce que nous vous présentons ne correspond pas à nos propres positions, mais tend à vous faire percevoir la complexité de ce monde qui est en train de naître. Par exemple vous remarquerez que l’occident prend partie pour l’Inde dans la rivalité Chinoise et Indienne face à l’Afrique. pourquoi ? Parce que la Chine dit nommément un des articles a des entreprises d’Etat alors que l’Inde a des entreprises privées (on voit avec Mital l’intérêt pour les travailleurs qu’ils emploient). On imagine bien que telle n’est pas ma position, mais elle est intéressante à connaître. Comme je suis convaincue que le thème de la “grande démocratie” indienne est dûe au fait que le modèle de développement indien est apprécié parce qu’il fait la part belle à une élite occidentalisée, à qui l’occident pardonne de ce fait aisément la situation tragique de la population, et celle des femmes. Je ne suis pas pour une croisade pour transformer l’Inde, elle n’a pas besoin de nous et ses mouvements révolutionnaire, y compris de femmes sont bien plus développés que les notres, simplement il faut savoir ce que nos médias apprécient ou stigmatisent.

Un autre article pose un problème que nous avons déjà abordé à plusieurs reprises, pour l’Amérique latine, mais aussi pour l’Asie, qui nous semble en relation étroite avec la résistance de ses zones du sud à l’exploitation occidentales, celui de la constitution d’institutions régionales, la formation d’échanges que la colonisation a rendu difficile parce que toutes les voies de transport, culturelles, linguistiques reliaient les pays à leur métropole. Donc la constitution d’unité régionale est le chemin de nouvelles relations sud-sud de développement.

Note de danielle Bleitrach

 

 

 

L’Inde mise sur l’Afrique
 
 
5 avril 2008
 
 
Le premier sommet Inde-Afrique, qui se déroulera du 4 au 8 avril à New Delhi, est l’occasion de se pencher sur la nature et les enjeux de ce partenariat en plein essor. Celui-ci illustre la volonté des pays africains de réduire leur dépendance économique à l’égard des anciennes puissances coloniales, des institutions internationales, mais aussi de la Chine.
 

« Un partenariat dynamique, une vision partagée.  » C’est ainsi que le ministre des Affaires étrangères indien, Shri Anand Sharma, présente la philosophie du sommet Inde-Afrique, sur le site de son ministère. Ce premier évènement du genre aura pour objet de « renforcer les partenariats déjà existants dans des secteurs aussi divers que l’agriculture, la sécurité alimentaire, la santé, le développement d’infrastructures, la science et la technologie, les médicaments génériques, la formation et l’industrialisation  ».
 
Les autorités indiennes chargées d’organiser le sommet y ont donc invité, en plus de différents chefs d’États africains, les représentants des associations économiques régionales africaines comme le Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ainsi que l’Union africaine et les représentants du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).
 
Un partenariat historique et varié
 
Pour Mohammed Badrul Alam, professeur de science politique à l’Université Jamia Millia Islamia de New Delhi, les relations entre l’Inde et l’Afrique sont basées sur « la compréhension, l’amitié et les bénéfices partagés ». Ces liens, aussi ancestraux que la Route de la soie, se sont renforcés à partir de l’indépendance de l’Inde en 1947. « L’Inde fait du commerce avec tous les pays d’Afrique, mais plus particulièrement avec les pays d’Afrique de l’est, grâce au commerce maritime », explique-t-il. Parmi les produits échangés, figurent le textile, les épices, le thé, les céréales, ou encore des objets artisanaux. Mais les échanges entre l’Inde et l’Afrique concernent avant tout l’extraction et la transformation des matières premières – comme le pétrole ou les activités minières.
 
Un pays en quête de ressources énergétiques
 
Avec le développement économique du géant indien, ses besoins énergétiques sont en constante augmentation. C’est pourquoi « les échanges se font principalement avec une poignée de pays africains, pour la plupart producteurs de pétroles ou de minéraux », explique Harry Broadman, conseiller économique pour la région africaine à la Banque mondiale et auteur de « China and India go to Africa », dans la revue Foreign Affairs de mars-avril 2008. Selon ses données, 68 % des exportations africaines vers l’Inde proviennent d’Afrique du Sud et concernent des minerais, des pierres précieuses, des métaux et alliages et des produits chimiques.
 
Cette concentration géographique des zones de commerce entre l’Inde et l’Afrique tend néanmoins à se résorber depuis quelques années : « Ces dernières années […] l’Inde commence à importer d’Afrique d’autres produits comme le coton ou de la nourriture, qui sont transformés en Asie et destinés à l’industrie ou à la consommation  », souligne M. Broadman.
 
Au-delà de l’économie
 
Les relations entre l’Inde et l’Afrique ne se limitent pas aux échanges économiques : Mohammed Badrul Alam indique qu’il existe aussi « des échanges en terme d’éducation, de partage de technologies de l’information et de la communication ».
 
À titre d’exemple, le ministre indien des Affaires étrangères cite la mise en place depuis 2004 d’un satellite et d’un réseau de fibre optique pour relier 53 pays du continent africain. Le premier permet de favoriser une communication plus fluide entre les différents chefs d’États africains, le second alimente des centres d’enseignement et des hôpitaux spécialisés indiens et africains ainsi que des hôpitaux implantés dans des sites reculés d’Afrique. De la même manière, en Ethiopie, plusieurs compagnies indiennes produisent des médicaments et des traitements antirétroviraux contre la tuberculose et la malaria, en partenariat avec des entreprises locales.
 
Une Afrique enthousiate mais sur ses gardes
 
De l’autre côté de l’océan Indien, ce partenariat est accueilli plutôt positivement, comme l’explique Henri-Elie Ngoma Binda, professeur de philosophie politique à l’Université de Kinshasa en République démocratique du Congo. « La Chine et l’Inde, dits du tiers monde, mais [présentant un] développement admirable, s’offrent aux Africains comme des partenaires à la fois proches de leurs préoccupations et susceptibles de leur apporter, sans trop d’exigences, des possibilités de croissance de leur économie. » Il souligne néanmoins le caractère nécessaire, plutôt que volontaire, de ces liens.
 
Harry Broadman suggère aux Africains d’être vigilants. Le déséquilibre actuel entre les importations et les exportations, même s’il tend à se résorber, pourrait, selon lui, créer une concurrence déloyale entre les produits locaux africains et les produits importés de Chine ou d’Inde, par exemple dans le domaine du textile. De même, une concentration trop forte des investissements indiens dans le domaine de l’industrie lourde ne conduirait pas à une création d’emploi significative, ce dont l’Afrique aurait pourtant besoin. « Les compagnies indiennes en Afrique remplacent parfois les compagnies africaines sur les marchés locaux en créant peu d’emploi sur place, allant même jusqu’à en supprimer  », affirme-t-il.
 
La spécificité de l’approche indienne
 
Sur la scène africaine, l’Inde a une approche complètement différente de celle de la Chine, affirme Paul-Martel Roy, professeur spécialisé en économie du développement à l’Université du Québec à Montréal. « Les investissements de l’Inde en Afrique viennent principalement d’entreprises privées, alors que ceux de la Chine sont financés par le gouvernement chinois, ce qui se traduit par des investissements dans des infrastructures tape-à-l’oeil, comme la construction de stades. » Il ajoute que les Indiens, contrairement aux Chinois, embauchent la main d’oeuvre locale ou bien amènent des gens qui deviennent citoyens du pays. L’approche chinoise a en effet récemment fait l’objet de certaines critiques en Afrique : « Les Africains préfèrent bien sûr avoir une route que de ne pas en avoir du tout. Mais quand les Chinois arrivent avec leur propre main-d’oeuvre pour construire ces routes, la population locale n’apprécie guère », affirme M.Roy.
 
Une alternative aux pays occidentaux
 
Si les anciennes puissances coloniales perdent des marchés en Afrique, au profit de pays comme l’Inde ou la Chine, c’est parce que « la forme traditionnelle de la coopération avec le monde occidental […] a radicalement déçu [ses] espoirs de développement  », explique M. Ngoma Binda. Par conséquent, l’Afrique se convainc de plus en plus qu’il est absolument indispensable et urgent de se tourner vers les pays qui offrent de plus grands avantages comparatifs. C’est une des raisons pour lesquelles les pays africains « se reconnaissent davantage dans les autres pays du Sud », ajoute M. Roy.
 
« La rage capitaliste de l’Occident pousse l’Afrique dans les mains, jugées plus tendres, de l’Inde et de la Chine. Face au choix nécessaire, il faut aller vers celui dont on ne connaît pas encore la profondeur du mal qu’il peut vous infliger », conclut le professeur congolais.
 
http://www.apetudiante.info/spip.php?article783
 
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Forum social du Burkina 2008 : L’intégration, gage d’une souveraineté alimentaire
 
 
La IIe édition du Forum social du Burkina s’est tenue, du 27 au 29 mars 2008 à Ouahigouya, dans la province du Yatenga. Le thème central de cette édition a été “Intégration régionale et souveraineté alimentaire”. L’ouverture de la rencontre a été présidée par le gouverneur de la région du Nord, Henri Marie Dieudonné Yaméogo.

Le 28 mars 2007 se tenait à Loumbila dans la Le 28 mars 2007 se tenait à Loumbila dans la province de l’Oubritenga, la Ire édition du Forum social du Burkina. Une date historique pour le professeur Pierre Nacoulma, président du Comité d’organisation de la IIe édition, en ce sens qu’elle marquait la naissance d’un grand mouvement altermondialiste au pays des Hommes intègres.
 
Mais le 27 mars 2008 n’est pas moins historique, à en croire celui-ci, parce qu’il consacre l’ancrage du mouvement altermondialiste au Burkina Faso avec la tenue de cette IIe édition du Forum social dont le thème a été “Intégration régionale et souveraineté alimentaire”. “Pour cette raison, nous pouvons avoir des légitimes satisfactions. Mais des légitimes satisfactions vite tempérées par les périls d’une gravité sans précédent auxquels nous sommes confrontés aussi bien au niveau international que national qui justifient notre engagement et notre présence ici même à Ouahigouya…”, a relevé le président du Comité national d’organisation.
 
Pour illustrer ses propos, il cite les méfaits du capitalisme international qui ont engendré de par le monde 150 millions de chômeurs, 700 millions de sous-employés et contraint 1,2 milliard de personnes à vivre en dessous du seuil de pauvreté. Et pourtant, constate le professeur Pierre Nacoulma, 0,25% du produit mondial, soit moins de 80 milliards de dollars par an suffiraient pour nourrir, vêtir, loger, éduquer et soigner convenablement tous les pauvres de la planète.
 
Au Burkina Faso, la situation n’est guère reluisante, selon lui, au regard de la détresse des paysans qui voient leurs marchés encombrés de surplus et de sous-produits européens, américains et asiatiques. Ainsi, le concept de “vie chère” aujourd’hui sur toutes les lèvres, traduisant ainsi les difficiles conditions de vie des populations face à la flambée continue des prix des produits de première nécessité, a conduit ces derniers temps, à des manifestations violentes. “Dans un tel contexte, les concepts de souveraineté alimentaire et d’intégration régionale requièrent bien davantage notre attention en tant que seule perspective face à une libéralisation des marchés qui ne fait que renforcer l’insécurité alimentaire…”, a-t-il noté.
 
Un autre modèle que la libéralisation
 
Pour mieux étayer ses dires, le professeur a indiqué qu’entre 1961 et 2001, les prix moyens des produits agricoles de base ont connu une baisse de près de 70% par rapport aux prix des produits manufacturés achetés aux pays développés. Aussi, 80% des habitants de la planète qui ne mangent pas à leur faim sont des paysans pauvres. Ils n’arrivent plus à tirer de leurs activités les revenus indispensables pour assurer leur survie. Une situation qui a amené les associations paysannes et de solidarité internationale à promouvoir un autre modèle que la libéralisation des échanges. Le concept de souveraineté alimentaire participe de cette alternative. Aux dires du président du Comité national d’organisation, il s’agit pour la IIe édition du Forum social, de donner aux paysans les moyens de développer leur production pour répondre surtout aux besoins des populations afin de leur garantir des débouchés en les mettant à l’abri des importations à prix “cassés” qui déstabilisent les marchés agricoles. “Ce changement radical suppose de laisser aux Etats, la liberté de mettre en œuvre des politiques agricoles orientées vers le marché intérieur et non vers l’exportation.
 
L’intégration régionale aiderait énormément à atteindre ces objectifs…”, a noté le professeur Pierre Nacoulma tout en invitant les Burkinabè à se battre pour que, comme au Mali, le concept de souveraineté alimentaire soit inscrit dans la loi d’orientation agricole. Le président de la coordination d’organisation locale de ce IIe Forum social du Burkina Faso, Amidou Ouattara, en souhaitant la bienvenue aux participants venus du Mali, du Togo, du Bénin, de la France et des treize régions du Burkina Faso, a souligné que le choix de Ouahigouya pour accueillir la présente rencontre avait son sens. “Où, mieux que Ouahigouya (subissant l’adversité, situation géographique oblige) pour vous témoigner l’intérêt de sauvegarder notre environnement, la nécessité, voire, la fierté de manger ce qu’on produit et de produire ce que l’on mange en toute souveraineté ?
 
Qui, mieux que les populations du Yatenga, cohabitants multi-séculaires de diverses origines, altermondialistes de culture, pour vous témoigner l’intégration régionale, tant il est vrai que l’homme reste la valeur centrale dans les coutumes et traditions sur la terre de Naba Kango…”, s’est-il interrogé. Amidou Ouattara a affirmé que c’est à juste titre que cette occasion inédite d’échange et de partage horizontal entre organisations de la société civile est saluée par tous “afin de propulser avec énergie et conviction à partir de Ouahigouya cet engagement du refus de la fatalité, résumé dans le slogan “un autre monde est possible”.
 
Etienne NASSA
 
Sidwaya
 
http://www.lefaso.net/spip.php?article26247
 
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Manifs contre la vie chère : Tiens, c’est seulement en Françafrique que ça se passe !
vendredi 4 avril 2008.
 
L’effet domino de la vie chère et de ses conséquences sont désormais perceptibles dans certains pays francophones : Burkina Faso, Cameroun, Sénégal et récemment Côte d’Ivoire, demain peut-être un autre pays francophone, puisque la Banque mondiale prédit que 33 Etats pourraient subir le même sort. Le phénomène est en tout cas en passe de faire le tour des pays africains ayant en partage le français pour ne pas dire que c’est en Françafrique !
On sait que pendant la colonisation, les Français ont appris à leurs colonies que c’est de l’Etat providence que vient le salut, non pas que le secteur privé n’eût pas sa place dans leur système colonial, mais que l’individu y attendît tout du gouvernement. Les Anglophones, eux, ont imposé à leurs colonisés

“the indirect rule”, qui contraint chacun à se “battre” et à ne pas avoir les yeux rivés sur l’Etat. Le Ghana, un voisin du Burkina et de la Côte d’Ivoire, qui a subi l’”indirect rule”, échappe pour le moment à ce dysfonctionnement socioéconomique.

Mais justement parce que cette vie chère survient dans le précarré français, il faut bien se demander si elle n’a pas des causes “coloniales” ou plutôt si elle ne résulte pas d’un héritage déformé peut-être de nos “ancêtres” gaulois.

Certes le monde est devenu un gros village et, mondialisation oblige, quand le prix du baril de pétrole dépasse les 100 dollars, les économies chancelantes des tristes tropiques sombrent davantage.

Il y a aussi le fait que le fameux CFA, arrimé à l’euro, est porté à bout de bras par l’ex-métropole, la France, donc par ricochet par l’Union Européenne, et que, malgré la solidité de cette monnaie commune, certains économistes estiment qu’elle est surévaluée.

Cependant, incontestablement et on l’aura constaté, la vie chère frappe les produits importés. Il s’agit du lait, de l’huile, du riz, du sucre, bref, comme on le voit, l’inflation touche des produits qui viennent de l’extérieur. Des produits qui passent donc sous le scanner de la douane, d’où aussi la grogne, qui a eu des relents fiscaux.

Les principaux pays qui sont dans les convulsions de la vie chère le sont du fait de produits made in China, India…et non de denrées locales. Si la vie chère frappait le sorgho, le petit mil, le niébé,… on aurait compris. Malheureusement ce sont des besoins qui ne sortent pas de nos usines ou de nos champs.

Finalement, la vie chère n’est-elle pas symptomatique d’un mode de vie “francophone” ? Ne faut-il pas revenir à ce que professait Thomas Sankara, à savoir “produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons” ?

Ce slogan révolutionnaire, à l’heure ou la “mort subite” (1) est omniprésente dans de nombreux foyers africains, vient nous rappeler que le développement est d’abord endogène et qu’une Nation telle l’Inde par exemple l’a compris qui est en train d’émerger comme une barque des brumes du Gange.

N’est-il pas temps de pratiquer cette sorte d’auto-ajustement qui a été une tradition (2) de notre pays ? En tout cas, ces remue-ménages relatifs à la vie chère incitent à un retour aux sources comme n’a cessé de le clamer non plus un Laurent Bado. Le choix est donc limpide : opérer cette mue et suivre la marche ou conserver ces scories et être à la traîne.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

L’Obserrvateur

http://www.lefaso.net/spip.php?article26312&rubrique7

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