Chers Miguel Barnet et autres membres de l’UNEAC,
Je ne peux participer à vos débats d’écrivains et artistes, comme j’en avais coutume, et je connais les préoccupations de certains membres de votre organisation à ce sujet, surtout les tiennes, Miguel.
Je souhaite toutefois, en tant que contribution modeste à votre réunion, vous faire part de certaines inquiétudes qui me viennent à l’esprit, habitué à se poser des questions compliquées, quoique jamais avec le calme et le temps dont il dispose forcément aujourd’hui. Je serai bref, synthétique et me bornerai à quelques remarques.
L’être humain moderne n’est pas moins égoïste que le Grec de l’époque de Platon. De plus, il est soumis aujourd’hui à un déluge de publicité, d’images et d’influences sans précédents dans l’Histoire.
On ne peut exclure du socialisme la formule selon laquelle chacun apporte selon ses capacités et reçoit selon son travail. Sinon, d’où la société tirerait-elle les ressources pour offrir à chacun, qu’il puisse travailler ou non, qu’il produise ou non, les biens et les services économiques essentiels de la vie ?
La contribution à la société ne peut pas ne pas être proportionnelle, et jamais égale, à ce que l’on est capable de créer. On ne peut renoncer à l’impôt qui ne peut être simplement une proportion. Il peut même se monter à un moment donné, par sa portée, à la quasi-totalité de ce que l’on crée.
L’impôt direct a liquidé des gouvernements de gauche dans les pays scandinaves et d’autres pays européens. Il n’y a rien de plus antipathique. Récupérer l’excédent en valeur des services exportés, en plus de ceux que des dizaines de milliers de nos compatriotes offrent gratuitement dans l’arène internationale, n’est pas seulement juste, mais plus compréhensible que la taxation directe d’une part croissante du revenu personnel, tel un poignard sous le cou : « la bourse et la vie ».
Les stimulants mis en place non seulement en devises, afin de pouvoir acheter sur le marché, mais encore à travers de nombreuses formes à teneur sociale, humaine et familiale hautement efficaces, ne poussent pas à l’individualisme et à l’égoïsme qui aboutissent au déni, sous les masques les plus divers, de la société que nous prétendons créer.
J’ai écouté les interventions de ce matin, dont plusieurs étaient excellentes dans leur forme et leur fond. Tout en rédigeant ce message et en le passant au propre, je les ai toutes écoutées. La tienne, Miguel, a constitué une estocade sincère aux corrompus qui se mettent dans la poche une tranche de cet excédent. Il faut les clouer au pilori, comme Martí disait qu’il fallait clouer le tyran sur son opprobre : « De toute la furie d’une main esclave ». Je reprends là l’un des Vers simples de Martí.
Je me demande : est-ce que les méthodes par lesquelles on gère une épicerie peuvent engendrer la conscience requise pour atteindre un monde meilleur ?
Parler de conscience révolutionnaire n’aurait aucun sens si le capitalisme développé et mondialisé, maintenant prévu depuis presque cent ans, n’existait pas.
La conscience de l’être humain ne crée pas les conditions objectives. C’est l’inverse. Ce n’est qu’alors qu’on peut parler de révolution.
Les belles paroles, bien que nécessaires comme porteuses d’idées, ne suffisent pas ; il faut de profondes réflexions.
Voilà quelques jours, un article de presse étrangère parlait des trente inventions géniales qui ont transformé le monde : CD, GPS, DVD, téléphone mobile, télécopieur, Internet, micro-ondes, facebook, caméscope numérique, courrier électronique, etc., etc., etc.
La quantité de dollars que la vente de chacun de ces produits implique – et a déjà impliquée en partie – pour les transnationales se monte à des chiffres suivis de tant de zéros qu’ils défient l’imagination. Pis encore : chacun de ces produits sera remplacé par une invention encore plus efficace, au point que des amoureux sur un banc public ne sont même plus sûrs que leur conversation ne sera pas enregistrée.
Ce genre d’existence que nous promet l’impérialisme a-t-il donc un sens ? Quels sont ceux qui régissent la vie des gens ? Peut-on même garantir la santé mentale et physique des personnes quand on ignore encore les effets que peuvent avoir tant d’ondes électroniques sur un corps et un esprit humains pas encore assez évolués ?
Un congrès de l’UNEAC ne saurait manquer d’aborder ces questions épineuses. Beaucoup diront, fatalistes : que pouvons-nous y faire ? Je réponds : non, le fatalisme serait de ne pas soulever le problème. Sinon, je n’oserais même pas vous déranger avec ces lignes-ci.
Le climat change à cause de l’action irresponsable de l’homme. L’équilibre s’est rompu. Comment le rétablir ? tel est le grand problème à régler.
Je ne vous ai mentionné qu’une partie des questions que l’observation des réalités du monde me fait venir à l’esprit.
Je me réjouis beaucoup de voir les progrès de notre peuple dans différents domaines, alors que d’autres sociétés exemptes de cruels blocus et de mortelles menaces n’ont pas encore pu les atteindre, pas même dans la préservation de l’environnement.
Ceci explique la haine de nos adversaires. J’ai lu des articles de prestigieux organes de presse capitalistes qui nous déchirent à belles dents, comme des meutes. Ils parlent de notre pays comme si nous étions des indigents et que nous partions du néant, et non un peuple dont les niveaux d’éducation minimale dépassent ceux des plus développés, dont les taux de santé sont excellents et celui de la sécurité sociale est sans doute trop élevé, comme je l’ai pensé quand un délégué au Congrès a parlé à juste titre des vandales qui détruirent des biens sociaux et a appelé à combattre ces habitudes que notre société condamne.
L’adversaire commet de sérieuses erreurs et fait preuve d’une maladresse inconcevable dans sa bataille contre la vérité objective. Tout récemment, des sociétés yankees prestataires de services ont, sur ordre du gouvernement yankee, privé des centaines de milliers de Suédois de l’accès à Rebelión, un site Internet qui publie des nouvelles sur Cuba. Une mesure parfaitement arbitraire. Ces gens-là sont incapables de comprendre que l’intérêt pour Rebelión se multiplie et que la bataille d’idées entre Cuba et l’Empire s’intensifie.
Excusez-moi, chers compañeros, de m’être étendu.
J’observe l’Empire et ses plans sinistres.
Constatant les efforts manuels et intellectuels sains, patriotiques et internationalistes que nous consentons tous les jours, je me risque à dire : tout ce qui renforce la Révolution sur le plan éthique est bon ; tout ce qui l’affaiblit est mauvais.
Une forte accolade à tous.
Fidel Castro Ruz
Le 1er avril 2008
18 h 44
Danielle,
penses tu que Fidel est sceptique quant à l’autorisation d’achat de téléphones portables, lecteurs dvd etc? J’ai fini votre livre à toi et Jacques françois bonaldi, Fidel parle aussi de l’acces aux hotels pour les cubains. il dénonçait un esprit petit bourgeois et que cet accès se faisait au dépend de la majorité. j’ai une autre question vous parliez du marché libre paysan il a été remis en place pendant la période spéciale non ? merci
amicalement.
je pense que Fidel et raoul agissent ensemble, mais Fidel s’est toujours rangé à l’avis de la majorité tout en affirmant que cela lui déplaisait.
Il en a été justement ainsi au moment des marchés paysans. cuba crevait de faim, Raoul a proposé l’ouverture des marchés libres paysans en pesos cubains mais trés chers pour les salaires cubains. Dans le même temps il a mis en place les marchés dans lesquels une fois par mois l’armée (qui a des exploitations agricoles que j’ai visitées) vient apporter des produits à moindre coût. Résultat enfin on a trouvé de quoi se nourrir.
fidel a dit, si vous voulez cela d’accord, mais moi je déteste ça… Et il a alerté sur la formation d’une couche de paysans endurcis, sur la nécessité de la bataille idéologique.
Je crois que là il agit un peu de la même manière, il est d’accord avec la décision mais il tempère. De toute manière la décision en question ne fait qu’entériner des pratiques existantes et qui parce illégales développaient un marché parallèle basé sur le vol, là c’est l’Etat qui récupère les acheteurs potentiels. On reconnait le pragmatisme de Raoul. Il faut aussi noter comme nous l’expliquons dans notre livre que le véritable sucesseur de Fidel c’est le parti. Cela fait une quinzaine d’années qu’il n’y a plus de Congrès, un congrès va avoir lieu, à côté des décision, il y a une bataille idéologique : si on ouvre à la consommation il faut dans le même temps lancer une bataille idéolgique, ce que fait là Fidel d’après moi.
Enfin, il y a une espèce de crise ouverte chez les artistes et intellectuels dont nous faisons état dans notre livre. D’une part, il s’agit pour un certain nombre d’entre eux de poursuivre la désoviétisation de la société, un processus de rectification entamé dans les années 1980, et que la chute de l’union soviétique et la période speciale ont interrompu, mais il y a aussi d’autres intentions. Personne ne se dit contre le socialisme, mais les positions sont diverses, nous en avons parlé dans ce blog avec l’interview d’un intellectuel “critique”. Il est clair d’autre part que c’est dans ce secteur qu’aujourd’hui est testée l’unité de Cuba par les Etats-Unis. Non seulement parce que c’est là où il y a le plus de personnages narcissiques mais parce que c’est là où il y a des sommes importantes reçues par les artistes, et d’éternels mécontents qui se croient de grands artistes méconnus que l’on peut toujours récupérer. C’est de cela aussi dont parle Fidel. ce qui est intéressant c’est qu’il ne parle pas à Abel prieto mais à Miguel Barnett, qui est un grand anthropologue président de l’UNEAC (1).
Donc pas de différence entre Fidel et Raoul, mais comme d’habitude un partage des rôles, une rectification permanente à l’intérieur même de la décision commune. Si tu as lu notre livre, tu verras là ce mélange de don Quichotte et Sancho qui caractèrise Cuba. On pourrait voir dans le rôle de sancho raoul s’il n’était pas aussi passionné que son frère par les débats intellectuels et philosophiques. sa grande caractéristique c’est que c’est un organisateur comme d’ailleurs le nouveau vice président Machao ventura. Alors il n’ont plus celui qui parlait mais ils ont les écrits de Fidel.
danielle bleitrach
(1) Il a écrit des livres remarquables sur l’esclavage, il est le directeur de la casa ortiz, l’équivalent de l’Ecole pratique des hautes etudes, et il est membre du Comité central. Pour la petite histoire, quand il va à l’étranger et qu’on lui pose l’éternelle question de la répression des homosexuels, il répond: “Et moi ?” en effet cela fait pas mal d’années qu’il est à la fois gay et membre du comité central, les deux caractéristiques n’ayant aucun rapport mais son engagement communiste oui. bien qu’il existe aussi un membre du comité central que j’ai rencontré qui soit évangéliste.
Voici en espagnol (je n’ai pas le temps de traduire) dans rebelion sur la culture et l’UNEAC qui permet d’éclairer un peu le contexte:
José Luis Estrada Betancourt y Randol Peresalas
Juventud Rebeld
La cultura es un término que va más allá de las artes y las letras, pues encarna una herencia espiritual y también, por supuesto, material, aseguró Graziella Pogolotti, en la sesión inaugural del VII Congreso de la Unión de Escritores y Artistas de Cuba (UNEAC), de cuyo Comité Organizador es vicepresidenta.
Ante un plenario presidido por el Presidente de los Consejos de Estado y de Ministros, Raúl Castro, la destacada intelectual recordó que este país ha ido formando una cultura de resistencia que engendra una memoria, «una memoria que tiene, como todo, lo bueno y lo malo, y esos valores negativos volvieron a emerger entre nosotros en la década de 1990, fundamentalmente por razones de orden económico, lo que produjo una crisis de la certidumbre», puntualizó.
Entre los problemas que hoy enfrenta la sociedad, la Pogolotti destacó el papel de la escuela. «Hace unos días escuché en la Televisión que en estos momentos el maestro no es el protagonista del proceso de enseñanza-aprendizaje, sino el estudiante. En esa expresión, si no hay un error de concepto, hay, por lo menos, una confusión en el modo de decirlo: el maestro es el puntal de todo sistema de enseñanza. Él, además de facilitar los conocimientos, contribuye decisivamente a preservar valores.
«En los días que corren tenemos dificultades con nuestros maestros, y quizá una de las causas sea el componente salarial. Pero los seres humanos no nos movemos en una sola dirección ni por un solo estímulo. Por tanto, creo imprescindible considerar el tratamiento del maestro, darle el reconocimiento social que merece, y que alguna vez tuvo. Tenemos una tradición pedagógica que forma parte de nuestra cultura, y que hay que rescatar».
Por su parte, el Premio Nacional de Literatura, Reynaldo González, preciso: «Hay problemas que inciden en esa pedagogía un poco deteriorada que tenemos hoy, como la falta de preparación o la precipitada preparación de los maestros. Y todo esto tiene que ver con la educación formal, con la conducción social.
«Vemos como el hijo, o el sobrino, viene enfermo de mala conducta del aula, y hay que estar enmendándole la actuación en la casa. A mí me preocupa muchísimo la violencia verbal; de lo que se dice a la forma en que se dice; la imposición del grito, una forma de violencia que genera otra violencia.
«Juan Marinello y Carlos Rafael Rodríguez tenían una preocupación similar: la pérdida acelerada de la educación formal, del léxico y del respeto a los valores, a las categorías, a las edades. Yo creo, sin dramatizar mucho, que ya hemos tocado fondo. Se está perdiendo el humor criollo que nos hizo, que nos conformó y lo hemos trocado por un humor grosero, chabacano, burlón, agresivo, y yo creo que ahí también hay violencia; violencia de conducta. Esa agresividad que se respira, explota. Se va sembrando en la psiquis individual y colectiva. Hay que procurar que esto comience a limarse».
Una sola política cultural
En el mundo contemporáneo, cultura y sociedad es un tema indisolublemente ligado a la importancia de los medios masivos de comunicación, considera la escritora y periodista Marilyn Bobes. «Resulta imposible hablar de formación de valores y de la influencia de la cultura en ese propósito, sin referirnos a la creciente fuerza que ejerce sobre nosotros la llamada industria del entretenimiento, fundamentalmente a través de la televisión.
«Son innegables los esfuerzos del ICRT para entregar a nuestro pueblo una programación que contribuya a una cultura general integral. Sin embargo, este objetivo encuentra obstáculos en un medio que no acaba de asumir todos los postulados de la política cultural de nuestra Revolución, hasta el punto de que, en ocasiones, existe otra interpretación de la misma en ese medio de difusión.
«Percibo en la Televisión cubana exceso de frivolidad y mucho aburrimiento. Sin duda, falta una vinculación más estrecha con los organismos rectores de la cultura nacional. Entretenimiento y profundidad no tienen que estar reñidos. Tal parece que se confunde esparcimiento con banalidad, y aprendizaje con didactismo y superficialidad».
El popular actor Enrique Molina, por su parte, insistió en la necesidad de preservar la Televisión como un medio de comunicación muy necesario para educar, informar y entretener. «Recordamos, con gran satisfacción, las décadas del 70 y 80, que fueron prodigiosas para la Televisión cubana, en parte por el flujo de actores y actrices que se formaron en la escuela de actuación del ICRT, bajo la dirección de Alejandro Lugo, y que con un grupo excelente de profesores nos transmitieron sus experiencias. Esta escuela formó a profesionales con sólidos conocimientos sobre los secretos de la radio y la televisión, pero además nos enseñó el alto nivel de disciplina, ética y rigor profesional que requieren los mismos.
«Trabajar en la Televisión en aquellos tiempos era un disfrute estético. Han pasado los años y con mucha tristeza vemos cómo todo aquello se ha ido deteriorando. Es cierto que la falta de recursos ha perjudicado mucho, pero tenemos que ser capaces de recuperar ese respeto a nuestro trabajo. No obstante, la Televisión no se hace con poco dinero, se necesita, además de personas con talentos, recursos materiales».
El poeta Alpidio Alonso, vicepresidente del Instituto Cubano del Libro, llamó la atención sobre la presencia entre nosotros de expresiones estandarizadas de la cultura, y de la reproducción acrítica en nuestros medios del modelo de vida yanqui. «No es difícil advertir nuestra falta de intencionalidad en la construcción de una alternativa mediática a la propuesta cultural, y con ella al modelo de felicidad establecido como patrón en el mundo.
«Siguiendo lo coyuntural perdemos de vista lo estratégico, y descuidamos las sutilezas a través de las cuales se expresa lo banal. ¿Qué expectativas estamos creando, qué referentes ofrecemos a nuestros niños y jóvenes para formar en ellos mejores virtudes? ¿Cuál modelo de éxito estamos promoviendo? No son los medios los únicos responsables de construir un imaginario colectivo en que se corporicen los valores socialistas que nos interesan cultivar, pero seríamos muy ingenuos si no consideramos el peso positivo que tiene, sobre todo la Televisión, en el diseño y fijación de ese imaginario.
«¿En qué hemos estado distraídos para que en nuestros niños y jóvenes se generalice cada vez más la frivolidad y la cultura de las marcas, exhibidas como credenciales de modernidad y distinción social? Me niego a demonizar a la juventud per se, vayamos a la raíz de los problemas, tenemos que desterrar los caminos trillados, el paternalismo, la mojigatería y el exceso de ceremonia y solemnidad en nuestra forma de relacionarnos con los jóvenes.
«No podemos perder de vista que, a pesar de todo lo que se hecho después del VIII Congreso de la UJC, en materia de recreación, persisten insatisfacciones en la juventud en lo relacionado con las facilidades de acceso a espacios cuyos servicios se cobran en pesos cubanos, específicamente en los pueblos y los bateyes, que padecen de mayor olvido al estar alejados de las ciudades.
«Las opciones se reducen, por lo general, al consabido audio que amplifica música por la noche. Llamarle recreación a la bulla y al molote es una de nuestras chapucerías habituales, que habla de la falta de rigor con que asumimos una de las principales demandas de los jóvenes, y al propio tiempo es la demostración del modo en que desconocemos los resortes profundos de la cultura para, indirectamente, mediante acciones que pudieran asumir los más diversos matices, sembrar hábitos, formas de conductas y valores en quienes participan de ellas».
Males de la improvisación
Para el intelectual Alfredo Guevara, es tiempo de despegue, porque las condiciones del país están dadas, pero recalca que «jamás podrá construirse con solidez una sociedad a partir de dogmas, empecinamientos y desconocimiento de la realidad.
«Esa permanente urgencia de acudir a la urgencia, improvisando sin tregua, debe ser sometida a investigación para arrasar con ese método empobrecedor. ¿Por qué tanta improvisación? La respuesta es muy simple: carencia de diseño.
«Por eso, no podemos permitir que la torpeza de algunos esterilice un proyecto tan valioso como la Batalla de Ideas; uno de los grandes proyectos del Comandante en Jefe. Salvarlo y llevarlo a su máxima expresión es tarea de la intelectualidad, de las instituciones y organizaciones; es tarea de todo el pueblo. Salvarlo es el mejor homenaje a quien lo conceptualizó, priorizó y lo hizo vivir».
Participa Raúl en la inauguración del VII Congreso de la UNEAC | Video
Cultura y sociedad centran la atención del Congreso de escritores (2:20 p.m)
Informe Central (1:50pm)
Informe de la Comisión Cultura y Sociedad (1:40 p.m.)
Mensaje de los Cinco a los escritores y artistas de Cuba (1:30 p.m.)
Intelectuales con Cuba Video
Rostros del Congreso Video
Galería de fotos | Video
Transmitirán resumen de la primera sesión del Congreso de la UNEAC
Hablan artistas en el congreso de la UNEAC Video1 y Video2
Pas le temps de réagir à fond, parce que lancé dans une traduction de livre urgente. Si Fidel s’adresse à Barnet, c’est tout simplement parce que celui-ci préside la Commission organisatrice du Congrès (en remplacement de Sergio Corrieri, dont c’était le rôle provisoire et qui est décédé tout récemment). L’étonnant, en fait, est que le rapport ait été présenté par lui, et non par Carlos Martí, le président en titre de l’UNEAC, contre la gestion duquel il a tiré à boulets rouges sans le mentionner nommément. Si Fidel ne s’adresse pas non plus à Abel Prieto, c’est que celui-ci, ministre de la Culture, n’a rien à voir avec l’UNEAC, organisme autonome. Ces précisions peuvent aider à mieux comprendre.
merci jacques françois, je sais à quel point tu es débordé et combien tu as des tâches urgentes, sans parler du livre sur Fidel que tu prépares et qui sera certainement le plus complet qui se puisse imaginer, le seul problème est avec ton goût de la perfection quand ? En attendant on pourra toujours lire notre livre qui constitue tout de même grâce à toi ce qui se fait de mieux en france sur le sujet.
Alors si tu as le temps malgré tout, veux-tu compléter avec ce que tu m’expliquais tout à l’heure sur la dimension éthique de Fidel ?
Je te remercie de ta précision sur l’UNEAC et la culture. J’étais un peu étonnée que ce soit Miguel barnet mais voilà tout est expliqué.
amitiés
danielle
Encore un compte-rendu en espagnol, une remarque alors que les débats font état comme ce texte d’une exigence de meilleure qualité ou encore comme ici que la culture offerte aux touristes s’élève et les mette en relation avec le meilleur, tous les compte-rendu que nous avons en France montrent au contraire une marchandisation. par exemple le JDD note que la télévision cubaine va s’ouvrir aux émissions étrangères. cette remarque est aussi une réponse à Thomas, il faut faire attention à l’effet de prisme de nos médias qui oscillent entre le thème rien ne change à Cuba, c’est toujours la dictature et le thème Cuba devient capitaliste.
Alors que comme ici on voit bien que la préoccupation éthique de Fidel se reflète dans l’exigence de qualité y compris chez des gens qui peuvent par ailleurs contester des formes de limitation de l’expression.
Les écrivains et les artistes se prononcent pour l’amélioration de l’offre culturelle au tourisme
PAR MIREYA CASTAÑEDA
Offrir d’autres itinéraires culturels aux artistes, élever le niveau de l’enseignement artistique et ajouter des talents aux ressources matérielles pour améliorer la télévision : tels sont quelques-uns des thèmes analysés à partir des rapports des commissions de travail du 7ème Congrès de l’Union des écrivains et artistes de Cuba (UNEAC).
Les débats en commissions ont commencé à la deuxième séance (le 2 avril) et doivent s’achever dans la matinée d’aujourd’hui (3 avril) avec les résolutions qui en émaneront.
La commission Culture et tourisme, dirigée par la musicologue Cary Diez, a bénéficié de la présence du ministre du Tourisme, Manuel Marrero. Musiciens, humoristes et plasticiens y ont exprimé leurs préoccupations.
Ainsi, l’humoriste Octavio Rodriguez (Churrisco, pour son nom de scène) a signalé qu’il n’existe pas de véritables professionnels du spectacle humoristique à Cuba : il arrive bien souvent que celui-ci soit dépourvu de qualité ne serait-ce que parce que le langage est vulgaire, les costumes incorrects et qu’il s’y manifeste de l’agressivité envers le public. « Ceci est inacceptable, parce que l’humour fait partie de notre patrimoine culturel, et qu’il n’y a aucune raison d’identifier l’art populaire avec la vulgarité. »
A cette même séance, Zenaida Romeu, directrice de la Camerata Romeu, a jugé déplorable la relation culture-tourisme telle qu’elle existe actuellement parce que les visiteurs emportent de Cuba et de sa culture une impression négative ».
Il est établi que les touristes vont au cabaret Tropicana, et je trouve ça très bien ; d’ailleurs, ma famille fait partie des fondateurs de ce cabaret et de ses jazz bands, mais je suis contre le fait que les touristes ne se voient pratiquement offrir rien d’autre comme, par exemple, des concerts à la basilique de Saint-François. « Il doit exister une relation étroite entre le tourisme et les plus hautes valeurs de la culture ».
Pour sa part, Juan Formell adhère au point de vue de Romeu et estime qu’il faut prendre soin du Tropicana, car il dit y avoir vu des chanteurs et des instrumentistes dont les prestations laissent à désirer.
Dans son rapport, la commission relevait déjà que les talents les plus représentatifs ne se trouvaient pas dans les installations hôtelières, qu’il faut mesurer à la fois l’impact du tourisme sur la communauté et l’image de Cuba que reçoivent les touristes.
Une autre commission très fréquentée est celle de la Politique culturelle dans les médias, présidée par Omar Valiño, directeur de la revue Tablas.
La critique Paquita de Armas a fait remarquer qu’il fallait éviter de voir tout en noir en ce qui concerne la télévision : au cours des dix dernières années, a-t-elle fait remarquer, de nouvelles chaînes ont été créées et il existe six émissions sur le cinéma. « Il est vrai qu’on y trouve banalité et frivolité, mais aussi de bonnes émissions qui apportent quelque chose au public.”
Selon elle, il faut réfléchir, rechercher une structure logique partant d’une étude, en particulier sur ce que la télévision est en mesure d’offrir au public.
Parmi les points essentiels abordés par le rapport, figurent la nécessité d’une seule politique culturelle, le traitement insuffisant dans les médias de la diversité sexuelle, raciale, géographique, sociale, et la présence de la réalité cubaine dans la programmation, qui doit afficher une croissance soutenue.
Des débats animés ont porté sur le goût du public et les variables entre la simple concession à la demande et la volonté d’éduquer par l’art et la culture.
Les discussions sur le rapport de la commission Enseignement artistique ont été animées par plusieurs pédagogues reconnus comme Teresita Junco, Jesus Ortega, Roberto Chorens et Miguel Cabrera. Tous ont réclamé le renforcement du corps professoral à tous les niveaux, y compris à celui des instructeurs d’art.
Les délégués ont approuvé la recommandation de la commission qui est de la maintenir à titre permanent, avec trois lignes de travail stratégiques : renforcer le corps professoral, inclure la culture et l’art cubain dans les contenus des programmes scolaires et resserrer les liens avec l’avant-garde artistique.
A l’agenda de la tournée d’aujourd’hui, 3 avril, figure une intervention spéciale d’Armando Hart, directeur du Programme martiste.
http://www.granma.cu/espanol/2008/abril/jue3/comisiones.html
Un mot passionnant de J.F.Bonaldi
il ne m’en voudra pas de la répercuter tant ce qu’il dit est important pour comprendre ce qui se passe en Amérique latine.
Je suis désolé de ne pouvoir répondre sur ton blog pour le moment. La traduction urgente dont je te parle est celle d’un livre qui vient d’être présenté cet après-midi même au Congrès de l’UNEAC. Intitulé Transparencia de Emmanuel, il est écrit par Germán Sánchez, ambassadeur à Caracas depuis 1994, qui chronique sa participation comme l’un des garants internationaux à la libération des deux femmes et du petit Emmanuel aux mains des FARC fin décembre. Un peu trop minutieux à mon avis dans les détails terre à terre, il devient tout à fait passionnant quand il entre dans le vif du sujet, autrement dit l’opération en soi de libération des otages. D’autant plus intéressant qu’il a été le seul garant étranger - après le premier échec, puisque l’enfant n’était plus aux mains des FARC - à avoir participé directement à la remise des deux otages (une fois les coordonnées données par la guérilla, il n’y avait plus le temps de faire revenir à Caracas les autres garants et observateurs internationaux, dont Kirchner), et ce à la demande personnelle d’Uribe qui a voulu par là remercier Cuba des efforts qu’elle consent depuis des années pour faciliter le dialogue entre les parties et frayer la voie vers la paix en Colombie (La Havane a accueilli en effet plusieurs cycles de conversations entre le gouvernement colombien et les deux guérillas - FARC et ELN) et aussi savoir gré à Fidel pour ses efforts et sa contribution personnels à ce processus de paix. Comme quoi, là encore, le regard sur la Révolution cubaine des gouvernements latino-américains (même farouchement de droite et pions de Washington, comme celui d’Uribe) et des autres du Tiers-monde n’est pas du tout celui des gouvernements du Premier monde et des médias à leur botte !
Inutile de te dire que les délais de traduction sont minimes et que l’envie de le faire paraître est vif. Le temps libre m’est donc compté.
Jacques-François
J’ai oublié hier de te préciser que le prologue est de Fidel qui est en quelque sorte l’ « auteur intellectuel » de cette chronique : c’est lui qui est en effet au point de départ et qui a « tanné » Germán Sánchez pour qu’il écrive ce qu’il avait vécu.
Au sujet du point que j’abordais hier, je viens justement de traduire un paragraphe éloquent :
« Je téléphonai à Carlos Valenciaga pour lui faire connaître ces prémisses dont je savais qu’elles intéresseraient le comandante, toujours à l’affût de tous les détails, comme à son habitude. Valenciaga m’informa à son tour que, sur instructions du comandante, il avait fait part à l’ambassadeur colombien à La Havane, Julio Londoño, et à notre ambassadeur à Bogota, José Pérez Novoa, de notre décision d’accepter la proposition d’Uribe. Il m’expliqua aussi que Pérez Novoa était entré en contact avec le président colombien qui lui avait confirmé que notre participation serait vraiment importante et qu’elle le rassurait beaucoup. Il avait aussi envoyé un salut très affectueux à Fidel, affirmant à notre ambassadeur : “Dis-lui que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt, ces derniers jours, Biographie à deux voix”. »
Carlos Valenciaga est le bras droit de Fidel au Conseil d’Etat (pour les mauvais esprits, je rappelle que Fidel, en décembre-janvier, n’avait pas encore renoncé à briguer un nouveau mandat). Ce qu’il m’intéresse de souligner, c’est cette idée qu’Uribe était beaucoup « rassuré » que Cuba participe à cette étape décisive de la libération des deux otages, ce qui dit bien clair le prestige de la Révolution cubaine et avec quel sérieux elle tient ses engagements : je suis tout à fait convaincu qu’il s’est dit dans sa petite tête : « Si un représentant de la Révolution cubaine et de Fidel en personne participe, les FARC ne pourront pas me faire une de leurs saloperies coutumières. » Car il faut voir de quels noms Uribe traite la guérilla chaque fois qu’il en parle (ce que rapporte German Sánchez) : pour lui, ce sont des terroristes, de fieffés menteurs, des gens qui ne tiennent jamais parole, des psychopathes (ça, c’est le Haut-Commissaire colombien à la paix qui le dit !), des mythomanes, etc. La présence donc d’un Cubain lui permettait de supposer que les FARC agiraient donc cette fois-ci décemment, puisqu’il avait tout intérêt à ce que l’opération réussisse, son prestige personnel y étant engagé.
Deuxième réflexion qui me vient à l’esprit : quand tu vois à quel point la situation est terriblement compliquée sur place, à plus forte raison après l’incursion militaire de l’armée colombienne en Equateur (avec participation étasunienne vérifiée), tu te rends compte que les rodomontades sarkozyennes sont tout à fait à côté de la plaque. Ce monsieur est-il donc si sot et vit-il dans un (Premier) monde si à part qu’il puisse croire que des opérations médiatiques comme celle qu’il est en train de monter autour d’Ingrid Betancourt aient des chances de réussir !! Heureusement que Chávez lui a remis les pieds sur terre (cf. les déclarations que tu cites ailleurs sur ton blog) et lui remet sous les yeux la réalité : aussi douloureux et triste que soit le sort d’Ingrid Betancourt (mais tout aussi douloureux et tristes sont les guérilleros enfermés dans les prisons colombiennes de droit commun, et dont M. Sarko ne demande jamais la libération, que je sache), le fond du problème n’est pas là, et il a bien raison de lui rappeler les « influences » de la Maison-Blanche dans toute cette situation…
Bon, je retourne à ma traduction.
merci Jacques François de ton précieux apport… Je vais m’atoféliciter également, ce blog en témoigne dès le début dans les avancées en Colombie j’ai senti Fidel et je l’ai dit. pourquoi parce que c’est effectivement l’autorité morale en Amérique latine, le garant que les promesses seront tenus, et cette réputation s’étend à tous les représentants cubains y compris les médecins qui oeuvrent dans les barios les plus déshérités.
J’ai également perçu et je l’ai dit sa stratégie reprise par Chavez au sommet du groupe de Rio en république dominicaine. le refus de négocier en présence des nord-américains à l’OEA, les problèmes seront résolus au sein des pays d’Amérique centrale et du Sud. Et puisque l’ennemi veut la guerre et les divisions, il aura l’unité et la paix. C’est tout fidel.
C’est extraordinaire parce que peut-être par le biais des non alignés sa stratégie est en train de devenir celle des pays autres que l’occident, le Tiers monde, les pays émergents. je suis en train d’analyser l’attitude de poutine, elle est tout aussi intéressante dans l’art de refuser le conflit inutile sans perdre un pouce de couveraineté tout en renforçant les alliances.
C’est vrai que dans cette arène où d’autres pays viennent exiger des relations internationales dignes de ce nom, notre trublion national que personne ne respecte qui est tellement à la recherche d’une remontée dans les sondages que ça fait pitié, tellement servile à l’égard des Etats-unis que l’on a honte, fait tâche…