Le co-fondateur et premier président de Reporters sans frontières critique Robert mesnard

C’est une critique bien mesurée que celle de cet interview, n’est pas abordé le fond du problème, celui pourtant désormais connu de tous: Robert Mesnard est un stipendié de la CIA, ce qu’il a lui-même reconnu dans un chat du Nouvel observateur, il agit sur ordre comme en ce moment dans la campagne sur le boycott des jeux olympiques où son action le dispute à l’odieux et au ridicule. Récemment l’UNESCO lui a refusé la labelisation qu’il revendiquait, cet homme est devenu infréquantable au plan international, il accumule les sponsors et  connait en France de l’audience que grâce aux patrons de l’information qu’il se garde bien de critiquer et grâce aux réseaux de la gauche caviar, ceux de Glucksman, et BHL, qui unissent les caciques du PS avec l’entourage de Sarkozy toujours pour les bonnes oeuvres de la CIA. Mais cet interview est néanmoins intéressant dans la mesure où il témoigne du fait qu’il y a utilisation d’un organisme et dévoiement parce que le carnet de route des véritables bailleurs de fond de reporters sans frontières est inconciliable avec la dénonciation du système de propagande médiatique actuel.

C’est comme si les trusts les plus pourris de l’alimentaire finançaient une ONG de contrôle des produits dans les supermarchés, reporters sans frontières est à peu ^près aussi crédible. Et les journalistes pour la défense de leur profession devraient se rendre compte qu’ils doivent dénoncer ce défenseur de la liberté des “propriétaires de la presse”, puisque que le monde politique, le PS en tête semble pour d’obscures raisons ne pas savoir qui est Robert mesnard.


 Jean-Claude Guillebaud critique Robert Ménard Co-fondateur avec Robert Ménard et premier président de Reporters Sans Frontières, le journaliste Jean-Claude Guillebaud revient sur la genèse de l’association, ses objectifs, ses désaccords de fond avec Robert Ménard et le jugement qu’il porte aujourd’hui sur son action.

Jean-Claude Guillebaud Comment avez-vous été associé à la création de Reporters Sans Frontières ?

C’est en 1986 que j’ai rencontré Robert Ménard, qui était alors journaliste à Radio France Montpellier. Il se disait très intéressé par les associations humanitaires et il voulait monter le même genre d’ONG qui s’intéresserait aux libertés de la presse. Avec deux objectifs : interpeller l’opinion publique sur les atteintes aux libertés de la presse et intéresser les grands médias à l’actualité du tiers-monde. Je l’ai aidé et j’ai été le premier président de RSF.
De mon côté, je pensais qu’une organisation de ce type ne pouvait être légitime que si elle incluait un travail de critique du fonctionnement des médias en occident. Que ce soient les dérives du travail journalistique (bidonnages etc.) ou un travail de réflexion poussé sur l’évolution de ce métier, ses pratiques et les atteintes aux libertés possibles dans les démocraties. Sinon, nous serions passés pour des néocolonialistes, des donneurs de leçons arrogants : quand on interpelle les leaders des pays du tiers-monde sur les atteintes aux libertés de la presse chez eux, la question qui se pose automatiquement à nous, est de savoir quel usage nous faisons de notre liberté. Même si les enjeux ne sont pas les mêmes, cette question est essentielle et je pensais qu’il fallait y consacrer 50% de notre temps et de notre énergie.

Votre désaccord avec Robert Ménard provient donc de son refus de poursuivre la critique des médias ?

Oui, mais nous avons fait ce travail sans problèmes pendant 7 ans. Nous étions très attentifs aux atteintes aux libertés de la presse chez « nous ». C’était une critique assez virulente mais constructive. Nous n’avons pas laissé passer, par exemple, la fausse interview de Castro par PPDA. En 1989, après l’affaire du faux charnier de Timisoara, où tous les grands médias, Le Monde, Libération, les télévisions avaient rapporté de fausses informations, aboutissant à une désinformation massive du public, nous avons invité tous les directeurs de rédactions à venir s’expliquer lors d’une conférence-débat à la Défense. Avec un succès incroyable : 1000 personnes ont assisté à ces débats et je n’ai pas le souvenir que les responsables de journaux étaient hostiles à ce type de démarches. Chaque fois qu’il y avait une grande affaire, nous recommencions ce type de débat public : après la première guerre du Golfe pour analyser l’opération de propagande qui avait eu lieu. En plus des journalistes, nous avions pris l’habitude d’inviter des intellectuels (Pierre Bourdieu, Félix Guattari, Bernard Stiegler ou Emmanuel Todd). L’occasion était ainsi donnée à la profession de s’interroger sur ses pratiques alors que les sondages que publiaient La Croix et Télérama sur la crédibilité des journalistes montraient une profession en mauvaise posture dont l’opinion avait une mauvaise image et en laquelle elle avait de moins en moins confiance.

Quelles ont été les premières dérives qui ont motivé votre départ de RSF ?

Au fur et à mesure que l’association se développait, les opérations devenaient de plus en plus spectaculaires. Se sont posées deux questions : n’y avait-il pas une contradiction à dénoncer certaines dérives du système médiatique et d’utiliser les mêmes procédés dans nos démarches d’interpellation ? De son côté, Robert Ménard pensait qu’il fallait mettre en sourdine toute l’activité de critique des médias pour bénéficier du soutien des grands journaux et des grandes chaînes de télé.
Il se faisait de plus en plus tirer l’oreille pour organiser les débats. Un exemple m’avait frappé, pendant toute la guerre de Bosnie, nous avions soutenu la démarche du quotidien Oslobodjenje un journal indépendant qui avait résisté à tout nationalisme. Et lors d’une réunion à Paris, j’ai vu débarquer les éternels philosophes en chemises : BHL, Glucksmann etc. Je me suis dit que quelque chose avait changé. J’ai estimé qu’il y avait un risque à limiter nos activités à du pur activisme, et surtout que le travail de critique des médias risquait d’être réalisé par d’autres, mais peut-être moins bien. Ca a été la source de notre désaccord, pas un pugilat mais un désaccord radical et j’ai quitté l’association en 1993.

Quel jugement portez- vous aujourd’hui sur RSF, son évolution, l’efficacité de ses actions, certaines de ses prises de positions ?

C’est difficile à dire. Je trouve que sur certains sujets, ils ont été assez imprudents, même si le régime de Chavez n’est pas parfait, je les ai trouvés beaucoup trop proches de la presse anti-Chavez au Venezuela. Il aurait sans doute fallu être plus prudent. Je trouve qu’on les entend très peu sur les Etats-Unis. Comme dans la plupart des ONG, il y a aussi une forme de dérive vers un certain professionnalisme. Ce sont des aspects déplaisants de ce type de démarches, mais peut être sont-elles inéluctables ? Par contre, le travail d’interpellation qu’ils font actuellement sur la Chine me semble tout à fait légitime.

RSF a abandonné ce travail de critique des médias alors que vous avez toujours jugé nécessaire que les médias fassent leur auto-critique, estimez-vous que les journalistes ont pris conscience de cette exigence ou qu’il y a encore du chemin à parcourir ?

C’est un travail qui s’est approfondi mais il s’est essentiellement effectué sur Internet avec tout ce que cela comporte notamment l’absence de règles. Par ailleurs, la critique des médias s’est beaucoup complexifiée. Elle demande une vraie connaissance, car elle est devenue une discipline du savoir en elle-même. C’est une des raisons pour laquelle cette critique s’effectue beaucoup dans des revues par des philosophes, des sociologues. Elle ne peut plus être faite exclusivement par les journalistes mais je continue à penser que la grande presse ne fait pas assez ce travail d’auto-critique.

Mercredi 02 Avril 2008 - 00:22
Régis Soubrouillard
http://www.marianne2.fr/Jean-Claude-Guillebaud-critique-Robert-Menard_a85537.html ?PHPSESSID=d1754c99bd6fb7f31dcf72497ad8a096

3 Réponses vers “Le co-fondateur et premier président de Reporters sans frontières critique Robert mesnard”


  1. 1 JACQUES RICHAUD 3 avril 2008 à 8:33

    ROBERT MENARD : NOUVEAU CHEVALIER DE L’AXE DU BIEN

    Timide critique en effet que celle de Guillebaud qui ne semble pas prendre toute la dimension du problème posé par cette ONG dont il fut un des fondateurs, sans doute instrumentalisé à son insu.

    Je replace ici une précision posée dans le bistrot du mois de Mars et qui a ici sa place:
    ROBERT MENARD, LA CLOCHE DE PAQUES RETENTIT.

    Robert MENARD, le «président » de Reporter Sans Frontières, la très partiale ONG dont l’UNESCO, Organisation Onusienne vient de décréter qu’elle prenait désormais ses distances pour cause de «partialité flagrante », vient d’être honoré à Paris et nommé ce jour de Pâques « Chevalier de la légion d’honneur » . Juste gratification présidentielle envers celui qui a si clairement choisi son camp.
    J’avais déjà évoqué la décision de l’UNESCO sur ce « bistrot » le 12 mars (1) : « Paris. 12 mars 2008. L’ « Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture », (« UNESCO »), a retiré son soutien à l’organisation française « Reporter sans Frontières » à l’occasion de l’ « Internet Freedom Day », (« Journée de l’Internet pour la Liberté » – NdT.).
    Des sources diplomatiques de l’UNESCO ont reporté à « Prensa Latina » que celle-ci prenait cette décision en raisons des démonstrations répétées d’une absence d’éthique de la part de RSF dans le but de porter tort à un certain nombre de pays. ».
    Voir aussi sur cet événement : http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6169

    Pour ceux qui veulent en savoir plus sur cette fausse ONG au service de l’Empire, une lecture indispensable : « La face cachée de RSF, de la CIA aux faucons du Pentagone » (Voir http://www.legrandsoir.info/spip.php?article5757 )
    Cet événement, dérisoire dans sa dimension individuelle, prend tout son sens dans le contexte politique de capitulation de notre diplomatie nationale devant les prétentions et attentes américaines et sionistes. Le nouveau label de « chevalier » accordé à Didier MENARD a au moins le mérite de désigner clairement dans quelle armée et pour quelle croisade s’est effectué le recrutement.

    Jacques Richaud 23 mars 2008
    (1) RSF DEMASQUE ?
    On peut en effet vérifier sur l’actuelle campagne de RSF consacrée à la liberté d’expression sur Internet stigmatise les ennemis de l’Amérique, ceux de « l’axe du mal » ; en épargnant singulièrement les gouvernements occidentaux qui font voter les lois sécuritaires autorisant les surveillances et interceptions des courriels !
    Jacques Richaud 13 mars 2008

    L’UNESCO retire son soutien à « Reporters sans Frontières ». Paris. 12 mars 2008. L’ « Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture », (« UNESCO »), a retiré son soutien à l’organisation française « Reporter sans Frontières » à l’occasion de l’ « Internet Freedom Day », (« Journée de l’Internet pour la Liberté » – NdT.).
    Des sources diplomatiques de l’UNESCO ont reporté à « Prensa Latina » que celle-ci prenait cette décision en raisons des démonstrations répétées d’une absence d’éthique de la part de RSF dans le but de porter tort à un certain nombre de pays.

  2. 2 WenCius 8 avril 2008 à 12:07

    Il y a un excellent article critiquant reporter sans frontière : LA PIRE DES CENSURES, les vautours de Reporters sans frontières http://www.homme-moderne.org/plpl/n5/p3-4.html .

  3. 3 leila 8 avril 2008 à 1:39

    et un autre sur plan B :

    Le procès de Robert Ménard

    http://www.leplanb.org/le-proces/le-proces-de-robert-menard.html