Etre pacifiste comme Robespierre

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Si on a bien compris ce que je subodore des événements : à savoir que l’impérialisme en lutte contre son déclin porte partout la guerre, le chaos comme le seul moyen de maintenir sa domination. Partout il crée des poudrières auxquelles il  peut au gré des urgences vraies ou supposées   mettre le feu. Diviser intérieurement les pays qu’il veut dominer, empêcher que se reconstitue des forces externes unifiées comme cela se voit actuellement au Moyen orient, au Tibet, en Colombie. Partout il trouve un pays qui par ses dissensions internes est devenu invivable pour sa population, il les exaspère, crée les antagonismes là où ils n’existent pas.

La seule réponse possible est la paix, faire la paix avec les valets, les vendus pour porter tous les coups sur l’imperialisme. Mais la définition de cet ennemi principal et le refus de la guerre a d’autres dimensions que dans ce texte de présentation des  plus beaux discours de Robespierre, Slavoj Zizek explicite, texte dont je partage  entièrement les propositions pour une “gauche radicale”.  Nous sommes loin de la mollesse de la gauche anti-libérale, loin de la tiédeur d’une gauche anti-capitaliste qui n’ose même pas proposer les nationalisations… Si la Révolution française  a pu être considérée comme la révolution qui met au pouvoir la bourgeoisie, ceux qui disent qu’elle a été inutile et que des réformes auraient suffit ne se trompent pas, la Révolution française, en particulier Robespierre et Saint Just sont allés infiniment plus loin, ils sont inassimilables par la bourgeoisie et il y a dans cette révolution une charge utopique, c’est-à-dire une promesse du passé qui exige encore et toujours sa réalisation.

 La terreur et la vertu

Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu et la terreur; la vertu, sans laquelle la terreur est funeste; la terreur sans laquelle la vertu est imuissante. La terreur n’est autre chose que la justice prompt, sévère, inflexible; elle est donc une émanation de la vertu: elle est moins un pricipe particulier qu’une conséquence du principe général de la démocratie appliqué aux plus pressants besoins de la patrie” (1)

Slavoj Zizek propose de tirer de Robespierre deux leçons (2) :

la première leçon doit nous conduire à accepter notre passé, nous gauche radicale, de terroriste, “même si - ou précisement parce que- il fait l’objet d’un rejet si profond.  Face aux critiques des libéraux ou de la droite, la seule alternative à la tiédeur d’une position défensive, minée par un sentiment de culpabilité, est celle-ci: nous devons mieux que nos adversaires, procéder à un solide travail critique. Mais ce n’est pas tout; il nous faut les empêcher de déterminer  le champ et l’objet du combat. cela signifie qu’une autocritique impitoyable doit aller de pair avec l’acceptation courageuse de ce qu’on est tenté d’appeler, paraphrasant la critique portée par Marx contre la dialectique hégélienne, le noyau rationnel de la terreur jacobine.

La dialectique matérialiste assumera sans joie particulière que jusqu’à présent aucun sujet politique ne soit parvenu à l’éternité de la vérité qu’il déploie sans des  moments de terreur. car comme le demande Saint just- “que veulent ceux qui ne veulent ni vertu, ni terreur?” Sa réponse est connue : ils veulent la corruption- autre nom de la défaite du sujet (3)”

Saint just le dit de façon plus concise encore :” Ce qui produit le bien général est toujours terrible(4)” Ces mots ne doivent pas être compris comme un avertissement contre la tentation d’imposer violemment le bien public à une société, mais au contraire, comme une amère vérité qu’il convient pleinement d’assumer.

Ce constat de Zizek nous pose problème parce qu’il n’existe pas de forces capables d’imposer à la fois terreur et vertu, les seuls moyens d’accoucher cette société capitaliste d’un autre rejeton qui ne soit pas mort né.

Et la violence ? Nous sommes dans une de ces périodes de violence, comme le dit Marlowe, “une société accouche comme une truie dans le sang“. Pour survivre, pour empêcher sa fin le capitalisme à son stade sénile massacre, détruit, divise, cela implique des conséquences :  plus dure sera la naissance et cela nous n’osons même pas nous l’avouer. C’est pour cela que vous ne voulez pas voir le monde tel qu’il est par exemple ce milliard d’individus qui vit dans des bidonvilles, boit de l’eau croupie, ne reçoit ni soins, ni éducation…  Cette humanité qui s’est remise en marche à la recherche de sa propre survie, rien, aucune barrière, aucune police ne peut arrêter ce déplacement… Si vous osez regarder la réalité vous saurez que ni les uns n’abandonneront leur domination, ni les autres ne pourront survivre s’ils ne s’en débarrassent pas y compris par la violence…

D’où la nécessité d’assumer ce noyau rationnel de la vertu et de la terreur, d’en finir avec la culpabilité pour libérer les forces qui demandent à naître. Il faudra imposer le bien public et croyez-vous que tous ces vautours de la finance, que tous ces êtres gorgés de la peine et du sang des êtres humains se laisseront exproprier au son d’un menuet démocratique ?

La terreur est le contraire de la guerre

L’autre point, reprend Zizek, essentil à ne pas oublier, c’est que la terreur révolutionnaire, pour Robespierre, était exactement le contraire de la guerre. Robespierre était un pacifiste, non par hypmocrisie ou par sensiblerie humanitaire, mais parce qu’il était conscient que la guerre entre les nations était en général un moyen d’occulter la lutte révolutionnaire au sein de chacune d’entre elles. Le discours de Robespierre intitulé “sur la guerre” se révèle aujourd’hui d’une importance particulière: il révèle en lui le pacifiste véritable, qui dénonce avec force l’appel patriotique à la guerre, même si celle-ci est invoquée comme la protectrice de la révolution, parce qu’il voit en elle une tentative de tous ceux qui qui pour éviter la radicalisation du processus révolutionnaire, appellent de leurs voeux une “révolution sans révolution”. Il défend donc une position axactement contraire à celle que prennent ceux qui ont besoin de la guerre pour militariser la vie sociale et exercer sur elle un contrôle dictatorial. C’est la raison pour laquelle Robespierre dénonce également la tentation d’exporter la révolution dans d’autres pays, pour les “libérer” de force:

les français ne sont pas atteints de la manie de rendre aucune nation heureuse et libre unis malgré elle. Tous les rois auraient pu végéter ou mourir impsur leurs trônes ensanglantés s’ils avaient su respecter l’indépendance du peuple français“(5)

Tout ce que je souhaite c’est qu’effectivement les Français se pénètrent de cette conception robespierriste qui dit que l’on exporte pas la révolution et que nul n’aime les missionnaires casqués et bottés.

Le “devoir d’ingérence”, le droit de l’hommisme cher à bernard Kouchner et aux autres socialistes c’est bien l’art de porter la guerre à l’extérieur parce que l’on veut “la révolution sans la révolution”, des mots et des proclamations, des outres gonflés de vent, qui ne veulent changer à l’ordre d’un monde qui leur convient si bien, donc qui ne cessent d’exporter la guerre.

Si les français à défaut d’être marxistes se souvenaient des leçons de Robespierre, ils penseraient autrement le monde et leur propre rôle…

(1) Robespierre “Sur les principes de morale politique qui doivent guider la Convention nationale dans l’administration intérieure de la République. 5 février 1794/17 pluviose an II

(2)Robespierre entre terreur et vertu. Slavoj Zizek présente les plus beaux discours de Robespierre chez Stock 2007

(3) Alain badiou Logiques du monde, Paris, seuil, 2006, p.98

(4)Saint just oeuvres choisies, Paris Gallimard, 1968, p.330

(5) “Réponse de la Convention nationale au manifeste des rois ligués contre la République, proposée par Robespîerre au nom du Comité de Salut public, 5 décembre 1793/15 frimaire an II

9 Réponses vers “Etre pacifiste comme Robespierre”


  1. 1 Pierre M. Boriliens 31 mars 2008 à 8:27

    Je vous conseille également :
    Discours sur la religion, la république, l’esclavage, Edition de l’Aube, 2006
    J’en cite un extrait (24 avril 1793) :
    En définissant la liberté, le premier des biens de l’homme, le plus sacré des droits qu’il tient de la nature, vous avez dit avec raison qu’elle avait pour bornes les droits d’autrui : pourquoi n’avez-vous pas appliqué ce principe à la propriété, qui est une institution sociale ? comme si les lois éternelles de la nature étaient moins inviolables que les conventions des hommes.Vous avez multiplié les articles pour assurer la plus grande liberté à l’exercice de la propriété, et vous n’avez pas dit un seul mot pour en déterminer le caractère légitime ; de manière que votre déclaration [des droits de l'homme] paraît faite, non pour les hommes, mais pour les riches, pour les accapareurs, pour les agioteurs et pour les tyrans.Je vous propose de réformer ces vices…Suit une proposition de déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qu’il est tout-à-fait intéressant d’étudier de près.J’aimerais encore signaler quelque chose qui m’a frappé dans tous ses discours : toutes les mesures qu’il propose sont manifestement conçues pour avoir des effets à très long terme. En tous cas, il me semble que cet éclairage le rend encore beaucoup plus cohérent.

  2. 2 Catherine Lieutenant, Liège, Belgique 31 mars 2008 à 11:21

    Chère Madame Bleitrach,
    Enfin un véritable article en français sur le livre de Zizek-Robespierre !

    Mais ce n’est pas exactement à ce propos que je vous écris (pas un commentaire, donc, mais un simple message, et par cette voie parce que je n’en connais pas d’autre) :

    À propos de vos précédentes réflexions, sur la Chine, le Tibet, et le dernier attrape-gogos en date, est-ce que vous connaissez un site anglais qui s’appelle http://www.spiked-online.com ? Ce sont, comme leur nom l’indique, des Anglais, qui se réclament de Karl Marx et de Stuart Mill, et qui s’expriment sur toutes sortes de sujets.
    Sur les sujets d’une particulière importance, ils font ce qu’ils appellent des “campagnes”, qui consistent en une série d’articles allant dans un certain sens sur le sujet donné.

    Si vous lisez cette langue (ou quelqu’un autour de vous), je vous recommande chaudement les trois dernières :

    BEIJING 2008 - Challenging China Bashing.
    (sur la campagne anti-chinoise lancée à l’occasion des Jeux.)

    OPEN THE BORDERS - Freedom of Movement for All
    (sur le scandale des expulsions)

    FOR EUROPE, AGAINST THE E.U. - Why We Need a Referendum
    (sur, évidemment, le Traité de Lisbonne)

    Les gens qui ont des principes ne courant pas les rues, il ne faut pas les laisser passer sans les voir quand on en croise…

    Merci pour tout, et
    Bien à vous.
    Catherine

  3. 3 socio13 1 avril 2008 à 6:34

    Oui je crois que ce qui aujourd’hui rend sans intérêt le discours de nos gens de gauche et d’extrême-gauche c’est qu’il est de plus en plus inadapté à la situation vécue par une majorité de gens sur cette planète.

    Ce qui caractérise le véritable discours révolutionnaire et à ce titre celui de Robespierre est exemplaire c’est l’ampleur de la vision, le choix sur le long terme, les mesures qui osent s’attaquer à la racine des problèmes, il n’est pas sanglant, il est même pacifiste mais pour protéger le processus révolutionnaire pas pour culpabiliser ceux qui le mènent, les encombrer de précautions pseudo humanitairesz qui ne veulent que préserver l’acquis des exploiteurs.

    Je n’entends PERSONNE aujourd’hui en France qui ose dire ce qu’il faut dire. Il n’y a que la soumission à l’ordre des choses existant, les fausses audaces dont l’exemple type est le ridicules demande de remboursement du bouclier fiscal, les ridicules pleurnicheries non suivies d’effet de marie georges buffet toujours assorties de condamnantion de ceux qui tentent de sortir de la norme bêlante, les manières de rouler les mécaniques du type “grève générale” de besancenot qui aboutissent tous au même résultat: la soumission au PS qui lui même contient toute rébelion en la dirigeant vers des urnes et vers le clientélisme où il excelle, le tout en confortant une Union européenne vassalisée à l’impérialisme et portant le fer et le feu sur la planète.

    Tous ces gens sont des jocrisse, et la ridicule histoire du débat sur le boycott des jeux est là pour le prouver. C’est les animaux malades de la peste, personne n’ose critiquer le lion et tout le monde tombe sur l’âne. Il n’ya plus rien à se mettre sous la dent médiatique pour justifier le débat alors on passe des photos des népalais en train de taper sur des tibétains pour justifier le boycott ou plutôt le débat sur le boycott. Et à partir de là regardez ce monde politique, ses ridicules… pendant que la France crève le plafond des dépenses militaires pour conforter ses expéditions derrière les Etats-Unis…

    IL n’y a PERSONNE, et je vais vous le dire franchement selon mon habitude même ceux pour qui j’ai de la sympathie, ceux qui veulent construire un PCF digne de ce nom, ne disent qu’une chose d’imortante, un voeu sans moyen réel; recréer les liens avec les couches populaires. mais s’ils croient pour les uns que c’est en se mettant à la remorque de la LCR et de José Bové, pour les autres en nous resservant du Chevenment, pour les troisième en ressortant du lénine qu’ils vont recontreuire un PCF qui favorisera l’initiative populaire, parce que là est bien le problème, ils sont loin du compte.

    S’il existait un Robespierre, un lenine de notre temps, un Fidel castro cela se saurait mais peut-être faudrait-il méditer cette idée que ces individus là ne surgissent que quand un peuple a réellement décidé de se battre.

    Il est clair qu’en ce qui me concerne je ne puis pas grand chose si ce n’est apporter une petite pierre au combat idéologique, faire sauter les verrous qui nous interdisent de penser le monde tel qu’il est et ce qu’il exige.

    Danielle bleitrach

  4. 4 socio13 1 avril 2008 à 6:39

    Au moment où j’écrivais ce commentaire, voici ce que je reçois : la réflexion de Jacques lanctôt, un canadien qui va dans le même sens :

    Jacques Lanctôt
    A-t-on peur des mots?

    Canoë
    31/03/2008 22h36

    «Le capitalisme, c’est toi ou moi, jamais toi et moi!» Il s’agit d’un graffiti aperçu sur un mur, à moins que ce ne soit sur un des nombreux panneaux publicitaires entre La Havane et son aéroport. Peu importe où je l’ai lu, ça me semble plein de bon sens. Or, jamais ici on n’aborde cette question. Tout se passe comme si aucun groupe, aucun syndicat, aucun parti politique ne remettaient en question le système capitaliste et ses réalisations. Ce n’était pas le cas il y a 30 ans, et je ne le dis pas de façon nostalgique. Vivrions-nous dans le «plusse meilleur» système au monde?

    Bien sûr, il s’en est passé des événements depuis quelques décennies. Bien des rêves se sont effondrés, des «forteresses socialistes» se sont écroulées comme des châteaux de cartes et la population de ces pays d’Europe de l’Est ne semble pas intéressée, pour le moment, à revenir à la situation qui prévalait «avant». Les gouvernements qui ont remplacé ces bureaucraties autoritaires ne semblent pourtant guère mieux. Même si on y respire quelques bouffées de liberté, le capitalisme sauvage ne respecte plus rien ni personne. Le secteur culturel a été un des premiers touchés: la danse et le ballet, la musique et les concerts, le théâtre, le cinéma, entre autres, ne sont plus la vitrine culturelle qu’ils étaient auparavant. En Russie, on a assisté à l’ascension de nouveaux riches à une vitesse grand V et à l’arrivée d’une nouvelle classe de mafia à côté de laquelle les membres de la Cosa Nostra font figure de mécènes anonymes membres du fan-club de Mère Teresa. On dit même que Vladimir Poutine serait l’homme le plus riche de la planète, grâce au pétrole et au gaz.

    Récemment, on en avait plein les journaux des résultats «décevants» des banques canadiennes: quelques millions en moins dans leurs profits astronomiques. On avait presque envie de les plaindre, ces PDG des six plus grandes banques du Canada qui vont se partager 46 millions en salaires, un peu moins que l’an passé. Que dire maintenant des paradis fiscaux, où se trouve une grande partie des richesses de la planète, provenant aussi bien de l’évasion fiscale que du blanchiment d’argent. Selon l’ONU, on dénombre 74 paradis fiscaux qui lavent tous plus blanc les uns que les autres. À Monaco par exemple, on compte 350 000 comptes bancaires pour une population de… 32 000 habitants. Gibraltar, une colonie britannique, avec ses 28 000 habitants, est le lieu de résidence légal de 200 multimillionnaires et de 60 000 entreprises, soit un peu plus de deux par habitant. Si toutes ces fortunes qui dorment dans les paradis étaient imposées, nous disposerions de revenus fiscaux de 25 à 30 milliards de dollars annuellement, de quoi aider les populations les plus mal en point.

    Remarquez, ces injustices, ces anomalies n’ont rien d’illégal dans ce merveilleux système capitalisme et rares sont ceux qui remettent leur existence en question. Tout se passe comme si on craignait de proposer une alternative au capitalisme, responsable de la barbarie actuelle aux plans humain comme écologique, et de parler de socialisme, c’est-à-dire un système plus équitable, plus solidaire, opposé aux guerres, où tout le monde pourrait manger à sa faim, se loger et se vêtir convenablement, travailler dans la dignité, recevoir des soins médicaux appropriés, jouir de la vie, se payer des vacances. Je rêve en couleurs? Peut-être bien, mais si j’arrêtais de rêver ainsi, j’arrêterais de croire en la survie de notre espèce et de notre planète. Ce ne serait plus qu’un combat sans merci entre toi ou moi.

    Le socialisme n’est pas étranger au mode de vie qui prévalait ici en terre d’Amérique, avant la colonisation, où la communauté jouait un grand rôle. Socialisme n’est pas synonyme de morosité, de pauvreté, d’inculture. On peut être socialiste et aimer les bonnes choses de la vie, on peut être socialiste et être cultivé. La pauvreté n’est pas une fatalité et ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on est immanquablement socialiste. Et ce qu’il y a de bien, c’est qu’il y a plusieurs modèles. On n’a qu’à regarder ce qui se passe en Amérique latine, pour s’en rendre compte: le Chili, l’Argentine, l’Uruguay, le Brésil, l’Équateur, la Bolivie, le Venezuela, le Guatemala, le Nicaragua, Cuba, peut-être bientôt le Paraguay et le El Salvador, autant de pays dont les niveaux de développement sont très différents les uns des autres, mais qui tentent de construire, à leur manière, à leur rythme, une société plus juste, plus équitable, à l’opposé du modèle américain. Ça ne vous tente pas d’essayer?

    http://www2.canoe.com/infos/chroniques/jacqueslanctot/archives/2008/03/20080331-223659.html

  5. 5 COMAGUER 1 avril 2008 à 9:41

    LA REFLEXION SUR ROBESPIERRE VIENT A POINT NOMME

    EN EFFET VIENT D’ETRE PUBLIE UN “LIVRE NOIR DE LA REVOLUTION FRANCASE” QUI VEUT POURSUIVRE LE TRAVAIL DE SAPE IDEOLOGIQUE COMMENCE PAR LE “LIVRE NOIR DU COMMUNISME”

    QUE CE LIVRE SOIT, DE L’AVIS DES HISTORIENS SERIEUX, MAUVAIS EST SECONDAIRE
    L’IMPORTANT EST QU’IL S’EN PRENNE A “LA TERREUR” COMME SPECTRE AUJOURD’HUI REANIME DANS LES INSOMNIES DES DIRIGEANTS DU MONDE CAPITALISTE OCCIDENTAL

    OR IL EST TOUJOURS UTILE DE RAPPELER A CES EXPERTS EN COMPTABILITE MORTIFERE QUI HURLENT QUAND IL Y A UNE FOIS A LHASSA AUTANT DE MORTS QU’IL Y EN A TOUS LES JOURS EN IRAK DEPUIS 5 ANS QUE LA “TERREUR” N’A PAS FAIT PLUS DE MORTS QUE LA SEMAINE SANGLANTE DE LA COMMUNE : 30000

  6. 6 tmar 1 avril 2008 à 5:40

    bjr,quand je vous lis je ne me sens pas seul dans se monde et par ailleur je me dis tous ses hommes et femmes epris de justice de liberte et de partage a travers le monde que peuvent-ils contre les conquerents des temps moderne avec leurs missiles balistiques et “droit d’ingerence” sauf dénoncer manifester et oui c’est bien mais sa n’arrete pas la machine de guerre doit-ont attendre 1 spartacus-lenine-ghandi-ché a stature plannetaire pour renverser la vapeur et qu’on disent ensemble toi et moi et non toi ou moi

  7. 7 Jean-Michel 1 avril 2008 à 10:35

    Danielle, tu dis :
    “IL n’y a PERSONNE, et je vais vous le dire franchement selon mon habitude même ceux pour qui j’ai de la sympathie, ceux qui veulent construire un PCF digne de ce nom, ne disent qu’une chose d’importante, un voeu sans moyen réel; recréer les liens avec les couches populaires. ”

    Evidemment.
    Cela est vrai.
    Comment se contenter à cette chose effarante qui aurait du provoquer la démission en bloc de tout l’exécutif national depuis trop longtemps : le parti du salariat ne le représente plus politiquement ? Le salariat nous ignore, nous qui n’avons de raison d’être que dans leur adhésion à l’antagonisme de classe ?
    Militants de base, on est contrarié très concrètement dans la tâche, sur le terrain, par une direction nationale du parti tellement dérivante, tellement non-communiste, que même recréer des liens avec les travailleurs, dégoutés par le PS mais votant pour lui quand même, n’a pas de sens.
    Il faut absolument en redonner un.
    L’importance du prochain congrès sera donc cruciale. Il est hors de question de ne pas TOUT faire pour que nous sortions, par le haut et dans la dureté (il ne pourra en être autrement), de la merde dans laquelle est le parti.
    Les commentaires des vainqueurs ou vedettes du communisme municipal dans l’Huma de ce jour (à propos des dernières élections) me confortent dans cette opinion. Christian Favier l’a dit de manière très pragmatique (de mémoire): on ne pourra pas tenir très longtemps les positions locales sans reconstruction au national.

    Pour autant, je dois dire ma pensée profonde que la racine commune à l’impuissance des stratégies des uns et des autres se trouve dans l’absence - ou la démission - concernant l’économique.

    Démission car je viens de relire récemment - pour l’instant en diagonale - des ouvrages de la fin des 70’s et de la fin des 80’s (Anicet Le Pors, “les béquilles du capital”, Herzog “Europe 92 : construire autrement et autre chose.” ;)

    J’ai plusieurs questions, Danielle :

    -Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi ce que nous disions de vrai dans les années 70 et même 80 avec des économistes brillants, sérieux (et convaincus ? Quand je vois ce qu’est capable de pondre aujourd’hui P. Herzog avec Confrontations…), a-t-il lamentablement échoué et les a emporté hors du parti ?

    - Pourquoi aujourd’hui, les économistes critiquant hier radicalement le CME, ne sont-ils aujourd’hui en mesure que de préconiser des taux d’imposition des bénéfices des entreprises en vigueur sous Giscard ?

    - Pourquoi les opposants à la ligne molle que sont les Boccara, Marchand Dimicoli sont-ils si indigents à construire un projet communiste digne de ce nom ? La sécurité d’emploi et de formation, soyons sérieux une minute, comment cela peut-il marcher en économie ouverte ?

  8. 8 socio13 1 avril 2008 à 10:53

    cher Jean Michel,

    tu poses beaucoup de problèmes importants et je n’ai pas les réponses, donc disons que c’est ma contribution très limitée.
    1) cela s’appelle une défaite dont on a du mal à sortir. pourtant je t’assure que sur le plan mondial et même européen une lame de fond est là. Les fonctionnaires en Allemagne viennent de faire plier le gouvernement d’Angela merkel. En Roumanie, les travailleurs de renault réclament 50% d’augmentation… Sais-tu que l’Egypte dont on ne parle jamais est secoué de mouvements importants, il n’y a plus de pain, des morts dans les queues devant les boulangeries,etc, etc…
    Comme on disait les conditions objectives sont réunies mais les subjectives ne le sont pas faute de partis, d’organisations… Mais ceux qui nous gouvernent, le capital, l’impérialisme sont trés trés inquiets et veulent nous pousser à la guerre, au choc de civilisation…

    2) Je n’ai pas le pouvoir de créer une organisation, pour moi il faudrait impérativement s’unir pour virer la direction pour le prochain congrès et la remplacer par des gens qui sont convaincus que le pays, le monde, les couches populaires ont besoin de ce parti et à partir de là le verrou aurait sauté et les choses changeraient… je ne sais pas qui et pour quoi faire, mais cette rupture est indispensable.

    3) je ne peux pas grand chose en tant qu’individu, je ne suis pas capable d’organiser, ni de rassembler, tout ce que je peux apporter c’est une manière de faire sauter les oeillères, d’ouvrir d’autres champs de vision. ce doit être cela le rôle de certains intellectuels, il y a en d’autres comme Fidel, lénine, Marx, qui sont aussi des organisateurs, qui savent mettre en oeuvre… eux aussi ils surgiront de la rupture et de la force des combats…

    Voilà pourquoi j’ai placé cette réflexion sur Robespierre, pour dire ne vous laissez pas entraîner dans la guerre, le choc de civilisation, avancez dans votre propre processus…

    Bref si j’étais au parti, je me battrais pour l’unité de “l’opposion” à la direction, celui qui me semble le mieux placés pour opérer un tel ralliement c’est André gérin, donc j’appuierais sa candidature comme secrétaire et je tenterai de constituer une équipe, de surmonter les chapelles à partir de la base, là où je suis je construirais cette union non pas contre la direction mais pour un parti proche des couches populaires, traduisant leurs difficultés et leurs aspirations, mais surtout c’est là l’essentiel se posant tout le temps “comment favoriser l’intervention populaire”, comment faire pour que ces couches populaires s’engagent, je serais plus préoccupée par cela que d’aller voir une organisation ou une association groupusculaire et je mettrais sans cesse les débats là-dessus.

    je ne sais pas si je t’ai répondu

    amitiés
    danielle

  9. 9 Pierre M. Boriliens 4 avril 2008 à 2:51

    @Jean-Michel
    “Pour autant, je dois dire ma pensée profonde que la racine commune à l’impuissance des stratégies des uns et des autres se trouve dans l’absence - ou la démission - concernant l’économique.”

    Je crains que ça ne soit beaucoup plus grave : quand je lis un discours de Robespierre, je commence à avoir les neurones qui s’échauffent. Quand je le relis, j’y découvre des aspects que je n’avais pas vus à la première lecture. Il y a quelque chose d’enthousiasmant, là-dedans…
    Je ne suis pas gaulliste, n’empêche que les discours du général, ça avait de la gueule et on ne pouvait pas s’empêcher de l’écouter…
    Tandis que n’importe quel discours politique actuel, de quelque parti qu’il émane, est tout juste bon comme somnifère. Pour le dire tout net, ça manque totalement d’imagination, il n’y a pas l’ombre d’une trace de pensée, c’est d’une indigence crasse !

    Oui, il faut relire les discours de Robespierre, et aussi ceux de Danton, et tous les autres des années 1793 ! Pour réapprendre l’enthousiasme ! Puis tâcher de le transmettre…