Un enjeu du 34 e congrès du PCF: quelle manière de contrer l’Union européenne

Les partis communistes européens se coordonnent pour contrer l’UE du capital
Le PCF avec les partis communistes européens ou avec le PGE ? - un enjeu du 34ème congrès

La coopération entre partis communistes européens s’intensifie à nouveau depuis à peu près deux ans. L’initiative en revient notamment aux partis communistes du Portugal (PCP), de Grèce (KKE), de République tchèque (KSCM)… Les partis communistes espagnol (PCE), allemand (DKP), hongrois (PCOH), le Parti des communistes italiens (PDCI) et beaucoup d’autres y sont associés.

Les communistes français ne sont malheureusement pas informés de cette démarche qui diffère largement voire s’oppose à celle du Parti de la gauche européenne. Le PCP a d’ailleurs quitté le PGE, le KKE a toujours refusé d’y adhérer et le KSCM n’en est qu’observateur.

Dans le cadre de cette coordination, la souveraineté de chaque parti est respectée pour chaque position. L’identité communiste est affichée. Les échanges et initiatives sont ouverts au même titre à des partis de pays non-membres de l’UE. L’expression commune est strictement indépendante de toute pression des institutions de l’UE. Toutes ses caractéristiques diffèrent du PGE. Rappelons que le PGE est un parti financé par la Commission européenne, ayant inscrit dans ces statuts les objectifs d’intégration européenne exigés par elle, maintenant par le nouveau traité de Lisbonne. En Grèce, au Portugal, en République Tchèque, notons que le PGE soutient des partis concurrents des partis communistes.

La coordination des partis communistes (et partis ouvriers) s’est manifestée par une série de déclarations communes et de réunions internationales, par exemple été 2006 contre la guerre israélienne au Liban, contre la répression anticommuniste dans plusieurs pays d’Europe…

La coopération porte aussi naturellement sur l’action contre l’UE du capital. En mars 2007, à l’occasion du 50ème anniversaire de l’UE, 29 partis communistes et progressistes ont ainsi adopté une déclaration. En octobre 2007, à l’occasion du sommet de Lisbonne, à l’initiative du PCP, une position commune contre le nouveau traité, pour le respect de l’expression souveraine des peuples français et néerlandais, pour la tenue de référendums dans chaque pays était adoptée par 30 partis. Le PCF s’y est joint, pour la première fois, mais sans le faire savoir et sans même fournir une traduction en français.

Sur l’UE, les divergences entre l’expression des partis communistes et celle du PGE dépassent les nuances. L’appel de mars 2007 commence par ces deux paragraphes : « Le Traité de Rome, fondant la Communauté économique européenne (CEE), a été le résultat d’un choix des grandes puissances et du capitalisme monopoliste ouest-européen. Aujourd’hui, 50 ans plus tard, les développements de l’UE valident l’action des forces qui ont combattu ses politiques, qui ont dit NON et continuent à dire NON au Traité de Maastricht, qui ont exprimé leur opposition à la « Constitution » européenne. Ils donnent raison à ceux qui luttent contre l’Union européenne du grand capital, véritable directoire des grandes puissances néolibérales et militaristes. Les objectifs propagés par les forces politiques dominantes dans les pays de l’UE, les socio-démocrates, les conservateurs et autres forces de droite, se sont révélés des annonces mensongères qu’il s’agisse de la convergence des économies nationales, de la réduction du chômage, de l’amélioration des conditions de travail, de l’établissement de la démocratie et la paix, d’un développement commun sur un pied d’égalité. L’UE a pour mission de renforcer le capital transnational à base européenne et les grandes firmes des principales puissances européennes, en étendant leur pouvoir économique et leur emprise sur les choix politiques européens et nationaux, en remettant en cause les droits et acquis des travailleurs, en ouvrant de nouveaux marchés et ressources naturelles à l’exploitation. Cette voie conduit à l’accroissement des inégalités sociales, des déséquilibres régionaux, à l’extension de la pauvreté et de l’exclusion. »

Dans l’appel de Berlin fondateur du PGE, il est affirmé que, dans le cadre de l’UE, « une autre Europe est possible, démocratique, sociale, écologique, féministe, pacifiste, une Europe de la Solidarité ».

La dimension internationaliste de l’engagement des communistes français a toujours été essentielle. Se retrouve-t-elle dans le PGE ou dans une coopération de PC ? Dans le cadre de la préparation du 34ème congrès du PCF, il sera nécessaire de ne pas éluder la question.

le Pôle de Renaissance Communiste en France www.prcf.fr participe à ce type de réunions des partis communistes européens, et cela pour montrer à nos camarades frères que les communistes français sont présents !

4 Réponses vers “Un enjeu du 34 e congrès du PCF: quelle manière de contrer l’Union européenne”


  1. 1 Pascal Brula 30 mars 2008 à 6:27

    Cette problématique est à mon avis fondamentale. Au travers de la question de l’UE, on comprend pourquoi les dirigeants du PCF n’ont, entre autres, rien compris au Non de mai 2005 et pourquoi ils ont été incapables de capitaliser, ne serait-ce qu’un tout petit peu, les voix des quartiers populaires qui s’étaient massivement exprimées lors de ce référendum. Je rêve d’un parti communiste qui oserait annoncer qu’il demande que la France sorte de l’UE. Ce serait un formidable tremblement de terre. Car l’UE s’avère être un instrument de combat du Capital qui permet de détruire tous les acquis et d’imposer le capitalisme comme le seul système politique et économique. Il n’y a rien de bon à tirer de l’UE…

  2. 2 JACQUES RICHAUD 30 mars 2008 à 10:33

    LA TENTATION DU RENONCEMENT A L ANTICAPITALISME

    Quel communisme demain ? Quelle place pour le communisme dans la gauche ? Quelles conséquences prévisibles d’un ‘abandon de Marx’ ? La dimension nationale, européenne et mondiale de ces questionnements est d’actualité. Danielle vient de poser quelques jalons de cette réflexion très importante au niveau européen, la prise en compte de la dimension seulement nationale est un autre préalable à l’éclaircissement de ces questions.

    Voici un texte qui exprime à lui seul la confusion du temps présent pour une gauche défaite qui cherche l’issue de sa survie sans même se poser la question de son «contenu », évacuant les fondamentaux de l’anticapitalisme pour privilégier seulement une stratégie de réintégration dans un processus «d’alternance ». Le ton donné peut en «lecture rapide » faire illusion ; en analyse plus sérieuse il est proposé une alliance que résume cette phrase clef «Il reste 18 mois pour forger cette nouvelle force politique à même de
    rééquilibrer la dérive de la gauche partisane et syndicale et donner une traduction politique au mécontentement social alors que les municipales ont servi de laboratoire prouvant que des accords avec le MODEM sont non seulement possibles mais qu’ils n’excluent même plus le soutien de communistes. »

    Le vrai sens de cet appel c’est «Antimarxistes unissez-vous enfin, une place au soleil vous attend dans une social-démocratie rénovée »…Une nouvelle génération d’imposteurs tente faire sa place dans une période ou les contradictions du capitalisme éclatent avec une évidence qui inquiète même ses plus ardents défenseurs.

    L’édito de Paul Aries dans le Sarkophage : Dix-huit mois
    Editorial N° 5

    Il reste dix-huit mois pour fonder une alternative politique crédible au sarkozysme en place et à tous ceux qui ne rêvent que de lui succéder en 2012 pour mener une politique du même type. Dixhuit mois pour prouver qu’un espace politique existe entre un parti qui n’a plus de « socialiste » que le nom et une « gauche anticapitaliste » drapée dans sa pureté,réfractaire à toute participation gouvernementale, incapable, en fait, de prendre la mesure de l’époque. Parce que la dérive démocrate des dirigeants socialistes n’est pas accidentelle mais qu’elle traduit la
    victoire du courant des « nouveaux démocrates » au sein de
    l’Internationale socialiste, parce que le sarkozysme n’est pas seulement la continuation de la guerre des mêmes contre les mêmes mais l’importation en France de la contre-révolution conservatrice mondiale : nous devons oser une « gauche décomplexée » c’est-à-dire sociale, écologiste et républicaine.

    Il reste 18 mois pour forger cette nouvelle force politique à même de rééquilibrer la dérive de la gauche partisane et syndicale et donner une traduction politique au mécontentement social alors que les MUNICIPALES ONT SERVI DE LABORATOIRE prouvant que des accords avec le MODEM sont non seulement possibles mais qu’ils n’excluent même plus le soutien de communistes.

    Dix-huit mois pour apprendre à marier les contraintes environnementales et notre souci de justice sociale ce qui impose d’en finir avec l’idée qu’il suffirait de faire grossir le gâteau (PIB) et rend la question du partage plus urgente que jamais, afin de défendre la cause des petits,ce qui suppose certes un effort théorique et politique conséquent à la hauteur de celui accompli par nos anciens lorsqu’ils surent marier le drapeau rouge et le drapeau tricolore. Dix-huit mois pour que des familles des différentes gauches émerge la perspective d’un nouveau mouvement capable de mobiliser au-delà des derniers quarterons de militants encartés dans des appareils en sursis et au-delà des déçus dela social-démocratie et de l’écologie politique. L’expérience de La Gauche (Die Linke) en Allemagne prouve que c’est possible et que c’est même la meilleure façon de bloquer la dérive sociale-libérale des partis ociaux-démocrates.

    Cette nouvelle gauche sociale, écologiste et républicaine représente
    incontestablement une force militante et une force électorale avec
    lesquelles il faudra nécessairement compter. Des fractions importanteset pourquoi pas majoritaires du PCF, de la gauche du PS, des Verts, de la LCR, des alternatifs, des altermondialistes, des objecteurs de croissance, des gaullistes de gauche, des membres d’autres réseaux en réserve, depuis si longtemps, doivent maintenant converger et faire des prochains Congrès de leurs mouvements des moments historiques. C’est au peuple de gauche de dire qu’il faut maintenant tourner la page et vite et que l’heure est venue de dissoudre, ici, les partis exsangues et de rompre, là, avec la « fausse gauche ». C’est au peuple de gauche d’imposer la convocation d’un congrès de Tours à l’envers pour refonder d’ici, 18 mois, une gauche sociale, écologique et républicaine à la française. Alors Jean-Luc Mélenchon, Marie-George Buffet, José Bové, mes copains « verts » ou de la « ligue », les « objecteurs de croissance », ceux des multiples mouvements sociaux, les « encartés » de tout poils et les « sans-carte » :rendez-vous dans dix-huit mois et pourquoi pas à Tours ?

    Responsable rédaction : Paul Ariès

  3. 3 JACQUES RICHAUD 30 mars 2008 à 11:42

    FORCES DE GAUCHE EN EUROPE :ILS VONT EN PARLER (Pour ceux de la région parisienne)

    A l’initiative d’Espaces Marx – Transform ! : « Forces de gauche en Europe : évolutions récentes, perspectives »
    Le jeudi 3 avril 2008 soirée (19h-22h) sur le thème « Forces de gauche en Europe : évolutions récentes, perspectives » Avec les contributions de

    * Anastasia Theodorakopoulou, Grèce, (Synaspismos, membre de la direction du Parti de la Gauche Européenne),

    * Armando F. Steinko, Espagne, (sociologue, université de Madrid)

    * Joachim Bischoff, Allemagne, (économiste, revue « Sozialismus », Conseiller de Hambourg / Die Linke)

    * Salvo Leonardi, Italie, (sociologue, chercheur à l’IRES – Madrid)

    * Un représentant du « Parti socialiste » des Pays Bas

    Soirée animée par Elisabeth Gauthier (Espaces Marx / Transform !)

    (salle des Conférences, Espace Oscar Niemeyer, 6, avenue Mathurin Moreau, Paris 19ème, Métro « Colonel Fabien »)

    ==è Espaces Marx 6 avenue Mathurin Moreau – 75167 Paris cedex 19

    Tél. : 00 33 (0)1 42 17 45 10 – Fax : 00 33 (0)1 45 35 92 04

    e-mail : Espaces_Marx@espaces-marx.org - Web : http://www.Espaces-Marx.org

    -From :

  4. 4 Fab 6 avril 2008 à 5:19

    Le PRCF n’est reconnu par les autres Partis communiste comme homologue que dans l’esprit de ses dirigeants (certains).

    L’honnêteté (un gros mot peut-être) et politique de la part du PRCF consisterait sans doute à produire lui-même ses déclarations politiques au lieu de détourner celles d’autres militants communistes (avec lesquels il entretien pourtant un certain nombre de divergences politiques et stratégiques) sans même les mentionner.

    http://vivelepcf.over-blog.fr/article-18192223.html