A BASSORAH et à SADR CITY Les Etats-Unis ont tous les droits, bombarder, assassiner, ils ont la bénédiction de la gôche française

2008-03-29t142633z_01_nootr_rtridsp_3_ofrtp-irak-violences-20080329.jpgColonne de fumée après un raid aérien américain dans Sadr City, à Bagdad. Plus de 300 personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessées dans le sud de l’Irak et à Bagdad en cinq jours d’affrontements depuis le lancement par le Premier ministre Nouri al Maliki d’une opération militaire contre l’Armée du Mahdi, de l’imam chiite Moktada Sadr, à Bassorah dans le Sud.

Photo prise le 28 mars 2008/REUTERS/Kareem Raheem 

Les combats menés depuis le 25 mars par l’armée irakienne avec le soutien croissant de ses alliés américains et britanniques contre les activistes chiites de l’Armée du Mahdi, la plus puissante force nationale du pays, se sont poursuivis et même, dans certaines villes, intensifiés, vendredi 28 mars, à travers le sud de l’Irak. Désormais l’aviation éétasunienne bombarde.

On cherche en vain un élu socialiste pour exiger l’arrêt des combats, pour placer sur le fronton de sa mairie le drapeau irakien… Pourquoi parce qu’aux yeux de la gôche française et même de l’extrême-gôche les Etats-Unis ont tous les droits au meurtre, ils sont les défenseurs de nos privilèges occidentaux. La droite française fut-elle aussi abominable que celle qui est au pouvoir aujourd’hui a encore des beaux jours devant une telle opposition.

Qui éclatera de rire devant Bush affirmant que  “tout gouvernement prétendant représenter la majorité de sa population doit affronter les éléments criminels hors la loi, et c’est ce qui se passe en ce moment à Bassora”.  Pas au Tibet où des bandes armées ont brulé des magasins, tué des civils innocents mais à Bassorah où il y avait pourtant une trève.  Qui éclatera du même rire quand Shimon Peres à Paris accuse les palestiniens d’avoir violé le commandement “tu ne tueras point” après les assassinats de Gaza.? Qui dira à quel point cet occident , sa presse, sa télé, ses élites, sa gôche est pourrie jusqu’à la moelle parce que sa seule morale est celle du surhomme qui a tous les droits: juge , policier, bourreau c’est-à-dire mafieux.

Danielle Bleitrach

 

A Washington, le président Bush a estimé que le pays vivait désormais “un moment crucial de son histoire”. Selon lui, “tout gouvernement prétendant représenter la majorité de sa population doit affronter les éléments criminels hors la loi, et c’est ce qui se passe en ce moment à Bassora”. Sur les trois grandes milices chiites d’Irak, deux, alliées au pouvoir, ne sont pas visées. Cependant, le conflit ne concerne plus seulement la deuxième ville du pays mais également la capitale.

Défiant le couvre-feu imposé depuis jeudi soir et jusqu’à dimanche au moins à Bagdad, les miliciens, qui qualifient désormais le premier ministre chiite, Nouri Al-Maliki, de “traître à la solde de Bush”, ont poursuivi leurs tirs de mortiers contre la “zone verte” ultra-fortifiée du centre-ville où sont retranchés l’essentiel des organes du pouvoir, la mission des Nations unies, ainsi que les ambassades britannique et américaine. Les milliers de diplomates et employés des Etats-Unis dans cette zone urbaine d’environ 10 km2 ont été invités, depuis jeudi, à ne plus sortir de leurs bureaux fortifiés. Un obus est tombé, vendredi, sur les bureaux d’un des deux vice-présidents de la République - qui était absent -, tuant deux de ses gardes et en blessant quatre autres.

Des affrontements au sol, sporadiques mais sérieux, mettant aux prises des troupes américaines et des miliciens ont eu lieu à Sadr City et dans d’autres quartiers chiites de la capitale. Quatre combattants chiites et cinq civils ont été tués dans l’explosion d’un missile Hellfire tiré par un hélicoptère américain. Un autre missile a tué deux miliciens dans le quartier central chiite de Khazamiya tandis qu’un blindé américain était attaqué sans succès. Au total, selon les chiffres officiels, au moins 14 miliciens de Sadr City ont été tués vendredi, contre 26 la veille.

A Bassora, le grand port pétrolier où les affrontements ont commencé avant de s’étendre comme un feu de brousse à plusieurs autres grandes villes dominées par la majorité chiite du pays, des bombardiers américains ont tiré sur des concentrations de miliciens, faisant un nombre inconnu de morts. Selon le commandement irakien, au moins 120 personnes ont déjà été tuées et 450 blessées, rien que dans cette ville.

A Nassiriya, capitale de la province de Dhi Qar où l’armée irakienne est absente, un reporter irakien de l’agence Reuters estimait, vendredi, que l’Armée du Mahdi semblait “contrôler la ville”, la plupart des forces de police s’étant retranchées dans leurs postes. A Kout, les SWAT irakiens, une unité de forces spéciales formée par l’armée américaine, ont annoncé avoir tué 14 miliciens, après en avoir blessé une vingtaine d’autres la veille.

L’unité spéciale a annoncé avoir elle-même perdu neuf de ses combattants. Des combats ont également eu lieu à Mahmoudiya, juste au sud de Bagdad ainsi qu’à Hilla. Nouri Al-Maliki, qui avait lancé aux miliciens rebelles de Bassora un ultimatum qui a pris fin vendredi, a invité tous ceux qui possèdent “des armes lourdes et moyennes” à les remettre aux forces de sécurité contre des sommes d’argent non spécifiées, “d’ici au 8 avril”. Le premier ministre, qui s’est installé depuis mardi à Bassora, à 550 km au sud de Bagdad, pour lancer lui-même son offensive “anti-criminels” a réaffirmé qu’il n’y aurait “ni dialogue, ni négociation, ni arrêt” des opérations jusqu’à la reddition complète des insurgés.

Une session spéciale convoquée au Parlement pour tenter de trouver une issue politique à la crise n’a réuni vendredi que 56 députés sur 250, les élus chiites et kurdes de la majorité ayant boycotté la réunion. Pour éviter que des armes nouvelles parviennent aux rebelles, la frontière sud-est avec l’Iran a été fermée.

Patrice Claude
Article paru dans l’édition du Monde du 30.03.08.

REPÈRES
MOQTADA AL-SADR :

il est le fils d’un ayatollah irakien respecté, Mohammad Sadeq Al-Sadr, assassiné en 1999. Il a fait irruption sur la scène irakienne après l’invasion américaine de 2003. Il est âgé de 34 ans.
LE COURANT SADRISTE :

il s’oppose à la fois aux Etats-Unis et à l’establishment religieux chiite incarné par l’ayatollah Ali Al-Sistani, auquel il reproche de se cantonner dans une tradition quiétiste. Les sadristes défendent, au contraire, un islam chiite politique, engagé et volontiers nationaliste. Ce positionnement explique le soutien dont bénéficie Moqtada Al-Sadr dans les quartiers populaires, à commencer par le grand faubourg de Sadr City, à Bagdad. Le courant sadriste dispose d’une trentaine de députés. L’Armée du Mahdi, sa milice, compte, selon les estimations, entre 40 000 et 50 000 hommes.
 

1 Réponse vers “A BASSORAH et à SADR CITY Les Etats-Unis ont tous les droits, bombarder, assassiner, ils ont la bénédiction de la gôche française”


  1. 1 oncle ho 29 mars 2008 à 4:37

    Ces liens entre différentes situations politiques (Irak, Palestine, Chine)soulignés dans le commentaire de D. B. sont très justes et bien trouvés, car ils font ressortir le double langage (double standard, doble razero)qui est celui de l’occident, de nos médias à la solde des puissants et de notre “gauche” sans vision socialiste.