Est-ce que la balkanisation refait surface ? nous dit cet auteur Etatsunien et il n’a pas tort au vue de ce qui est déjà en préparation en Georgie. Sans parler de la Chine dont on mesure bien que les Etats-Unis ont choisi d’endiguer sa puissance en tentant de lui faire subir le dépeçage toujours à l’oeuvre dans l’ex-Urss. Quitte à provoquer à terme un conflit redoutable entre la Chine et l’Inde, c’est le but recherché.
Il me semble que l’on ne mesure pas le but recherché en toute clarté par les Etats-Unis pour faire face à leur déclin et empêcher l’émergence d’une quelconque force concurrente: il s’agit de détruire partout les cohérences nationales sur des bases ethniques ou religieuses, développer partout des conflits sans fin, des guerres civiles régionales, pour demeurer la seule unité nationales pertinente sur la planète, ça et la puissance militaire, le monopole médiatique qui permet des campagnes de haine mensongère, attise les antagonismes, crée des causes là où il n’y en a pas sont les chances de survie de l’impérialisme au prix d’un chaos généralisé. En Europe, dans l’ancienne URSS, en Amérique latine et en Chine partout c’est la même stratégie qui est à l’oeuvre.
Danielle Bleitrach
Quand la Grande Guerre éclatera, a dit ce vieux Bismarck, elle sera déclenchée par « un truc de fous venu des Balkans ».
Le 28 juin 1914, à Sarajevo, Gavrilo Princip abattit François Ferdinand, l’archiduc et héritier du trône autrichien, mettant en route les événements qui allaient mener à la première guerre mondiale.
Au printemps 1999, les Etats-Unis bombardèrent la Serbie pendant 78 jours pour forcer son armée à quitter le Kosovo, une province qui était le berceau de la nation Serbe. Les Serbes se battaient contre les séparatistes albanais de l’Armée de Libération du Kosovo (KLA) et nous n’avions pas plus le droit de bombarder Belgrade que la Royal Navy n’en aurait eu de bombarder New-York pendant notre guerre civile.
Nous avons bombardé la Serbie, nous a-t-on dit, pour arrêter le génocide au Kosovo. Mais il n’y avait pas de génocide. C’était de la propagande. Selon les Nations Unies le bilan des victimes serbes et albanaises pendant la guerre de Slobodan Milosevic n’a même pas atteint 1% des morts de la guerre de M. Lincoln.
Les Albanais ont effectivement fui par dizaines de milliers pendant la guerre. Mais depuis la fin de celle-ci, les serbes du Kosovo ont vu leurs églises et leurs monastères détruits et vandalisés et ils ont été chassés par vingtaines de milliers de leur province ancestrale. Durant cet exode, ils ont tout perdu. La population serbe restante, 120.000 personnes, est en grande partie confinée dans des enclaves gardées par les troupes de l’OTAN.
Selon le Washington Post : « un monastère serbe à Pec, un lieu saint, est entouré d’un nouveau mur imposant et gardé par des troupes italiennes afin de protéger les nonnes âgées contre les jets de pierre et autres insultes émanant de passants d’origine ethnique albanaise ».
Dimanche, le Kosovo a proclamé son indépendance et a été reconnu par l’Union Européenne et le président Bush. Mais ce n’est pas la fin de l’aventure. C’est seulement la préface d’une nouvelle histoire des Balkans, une région qui a déjà connu une histoire bien trop riche.
En intervenant dans une guerre civile afin d’aider une ancienne province à faire sécession, pour créer une nation neuve qui n’a jamais eu de réalité auparavant et pour l’ériger selon des critères ethniques, religieux et tribaux, nous avons établi un dangereux précédent. Les extrémistes musulmans et albanais parlent déjà d’une Grande Albanie, constituée de l’Albanie, du Kosovo et des secteurs albano-musulmans de Serbie, du Monténégro et de Macédoine.
Si ces minorités albanaises demandaient le droit de faire sécession et de se joindre à leurs proches du Kosovo, sur quoi pourrions-nous appuyer notre refus ? L’inviolabilité des frontières ? Et que se passerait-il si les Serbes majoritaires dans la région de Mitrovica (au nord du Kossovo), qui rejettent la domination des Albanais, faisaient sécession et appelaient leurs frères de Serbie pour les protéger ?
Partirions-nous en guerre contre la Serbie, une fois encore, afin de maintenir l’intégrité du Kosovo, après avoir été le principal acteur de la destruction de l’intégrité territoriale de la Serbie ?
Dans la Fédération de Bosnie-Herzégovine, parrainée par les Etats-Unis, la République autonome Serbe de Srpska parle déjà de sécession et d’unification avec la Serbie. Quels arguments pouvons-nous avancer pour leur refuser ce droit ?
La guerre menée par les Etats-Unis en Serbie était inconstitutionnelle, injuste et imprudente. Le Congrès ne l’a jamais autorisée. La Serbie, un allié durant les deux guerres mondiales, ne nous a jamais attaqués. Nous avons fait des Serbes nos ennemis et nous sommes mis en froid avec la Russie pour créer un second Etat musulman dans les Balkans.
En intervenant dans une guerre civile où aucun intérêt vital n’était en jeu, les Etats-Unis, qui sont dénoncés aujourd’hui à Belgrade avec autant de force qu’ils sont loués à Pristina, ont acquis une autre colonie. Et nos nouveaux alliés, le KLA, ont été accusés, selon des sources sûres, de trafic d’êtres humains, de trafic de drogue, d’atrocités et de terrorisme.
Et les clameurs en faveur de l’autonomie ethnique ne font que commencer.
La Roumanie a refusé de reconnaître la nouvelle République du Kosovo pour la meilleure raison au monde. Bucarest gère en effet une importante minorité hongroise en Transylvanie, qu’elle s’est ajointe à la même Conférence sur la Paix de Paris en 1919 où la Croatie, la Slovénie et la Bosnie-Herzégovine ont été détachées de Vienne et rattachées à la Serbie.
L’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, deux provinces sécessionnistes de la Géorgie, invoquent le précédent du Kosovo pour demander leur reconnaissance en tant que nations indépendantes. Alors que nos expansionnistes de l’OTAN sont impatients de faire entrer la Géorgie dans l’OTAN, c’est pourtant là, une raison supplémentaire pour un conflit potentiel entre Washington et Moscou.
L’Espagne, elle aussi, s’oppose à la coupure du Kosovo de la Serbie, car Madrid doit à faire face à des demandes similaires de la part des séparatistes basques et catalans.
Le monde musulman va approuver de façon enthousiaste la création d’un nouvel état musulman en Europe, aux dépens des Serbes chrétiens orthodoxes. Mais la Turquie risque aussi de demander à nouveau à l’Union Européenne et aux Etats-Unis pourquoi ils ne reconnaissent pas officiellement la République Turque de Chypre du Nord. Tout comme le Kosovo, c’est une communauté ethniquement homogène qui a déclaré son indépendance il y a 25 ans.
La Transnistrie sécessionniste cherche, elle, son indépendance vis-à-vis de la Moldavie, cette nation enclavée entre la Roumanie et l’Ukraine, et le président russe Poutine a menacé de la reconnaître, ainsi que l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, en représailles de la reconnaissance du Kosovo par l’Occident.
Si Poutine s’arrête là, ce sera parce qu’il reconnaît que, de toutes les nations d’Europe, la Russie est de loin parmi les plus menacées par la balkanisation en série que nous venons peut-être de réanimer dans les Balkans.
Par Patrick J. Buchanan
Traduit de l’américain par Blakkheim.GW et Guy Martin pour Novopress France
Un dynamitage en série des relations internationales
Il faut bien mesurer que l’auto proclamation du Kosovo avec l’appui des Etats-Unis, comme l’attitude systématique des dits Etats-Unis choisissant le dépeçage des puissances qui lui paraissent menaçantes en créant partout des situations de crise, tendent à provoquer des attitudes comparables de la part des pays les plus puissants à l’égard d’autres, ainsi en ce moment même comme la Georgie menace d’adhérer à l’OTAN, la Russie propose de dépecer le territoire géorgien en favorisant la reconnaissance de républiques autoproclamées russophones que sont l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. C’est la balkanisation avec ses conflits éternels qui devient la règle.
MOSCOU, 21 mars - RIA Novosti. Un projet de déclaration de la Douma (chambre basse du parlement russe) qui sera examiné vendredi par les députés laisse entendre que, si la Géorgie adhère à l’OTAN, la Russie se verra obligée de réfléchir sérieusement à la possibilité de reconnaître les républiques autoproclamées, lit-on vendredi dans le quotidien Vedomosti.
Selon Vladimir Nikitine, membre du Comité de la Douma aux affaires de la CEI (Communauté des Etats indépendants), le comité a retenu la phrase suivante: En cas de déclenchement d’opérations militaires par la Géorgie ou d’adhésion du pays à l’OTAN, la Russie entreprendra des actions fermes.
Cette phrase suppose des actions fermes destinées à défendre les citoyens russes résidant sur le territoire des républiques non reconnues, ajoute Igor Barinov, membre du parti Russie unie et du comité en question. “Si nous reconnaissons l’indépendance, nous nous retrouverons immédiatement dans l’isolement international, mais nous avons des devoirs en matière de protection de nos citoyens”, fait remarquer le parlementaire.
Le texte de la résolution est assez imposant, il reflète l’attitude de Moscou envers le problème du Kosovo et la situation de nos compatriotes, a ajouté Vladimir Nikitine.
Le président américain George W. Bush a déclaré cette semaine qu’il soutenait l’idée de l’adhésion de la Géorgie à l’Alliance de l’Atlantique Nord. Les perspectives de l’élévation du niveau des relations entre la Géorgie et l’OTAN seront examinées lors du sommet de l’organisation qui se tiendra du 2 au 4 avril à Bucarest. Cependant, de l’avis de la chancelière allemande Angela Merkel, un pays entraîné dans des conflits régionaux ne peut pas être membre de l’OTAN.
“Pour arrêter le processus d’intégration de la Géorgie à l’OTAN, la Russie doit reconnaître l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud dès aujourd’hui. Si la Géorgie devient membre de l’OTAN, il sera trop tard pour les reconnaître”, estime Alexandre Skakov, expert de l’Institut russe d’études stratégiques. En effet, dans ce cas, la Russie devra entrer en conflit direct avec l’OTAN, prévient l’expert.
En 1979, les Etats-Unis avaient adopté la “Loi sur les relations avec Taïwan”. Bien que Washington reconnaisse que Taïwan est une partie du territoire chinois, selon la loi, les Américains peuvent livrer des armes à l’île, entretenir des contacts économiques avec elle, et, en cas d’incursion militaire de la Chine, les Etats-Unis se réservent le droit d’intervenir dans le conflit.
Abkhazie-Ossétie du Sud: Washington met en garde contre une éventuelle reconnaissance russe
11:56 | 22/ 03/ 2008
TBILISSI, 21 mars - RIA Novosti. L’éventuelle reconnaissance par Moscou de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, deux républiques autoproclamées en territoire géorgien, serait “une lourde erreur”, a annoncé le sous-secrétaire d’Etat américain pour l’Europe et l’Eurasie Daniel Fried.
“La reconnaissance par la Russie de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud constituerait une lourde erreur et créerait des problèmes encore plus graves”, a-t-il indiqué lors d’une interview accordée à la chaîne télévisée géorgienne Roustavi-2 vendredi soir, commentant une déclaration adoptée par la Douma (chambre basse du parlement russe) destinée à proposer au président et au gouvernement russes d’examiner la reconnaissance de l’indépendance de ces deux territoires.
Selon lui, les Etats-Unis sont favorables à l’intégrité territoriale de la Géorgie et souhaitent le règlement pacifique de ces conflits.
“Nous sommes conscients que le règlement n’est pas une tâche aisée, mais une solution doit être trouvée”, a-t-il poursuivi.
L’ancienne république autonome d’Abkhazie a proclamé son indépendance envers la Géorgie après la chute de l’URSS en 1991. Elu en 2004, le président Mikhaïl Saakachvili a promis de rétablir l’autorité de Tbilissi sur la région sécessionniste. L’Abkhazie recherche la reconnaissance internationale de son indépendance.
A l’époque de l’URSS, l’Ossétie du Sud possédait le statut de région autonome au sein de la République de Géorgie. En 1991, le premier président géorgien Zviad Gamsakhourdia a annulé ce statut, provoquant un conflit meurtrier. Tbilissi a perdu le contrôle du territoire sud-ossète en 1992.
Les populations des deux républiques sont constituées à près de 80% de citoyens russes.
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