Du trader fou à la 754 e fortune mondiale

 LA 754 e fortune mondiale

L’Autorité des marchés financiers (AMF) a ouvert une enquête mardi soir sur les échanges sur les actions de la Sociéte générale. Après le trader fou, le PDG irresponsable  l’affaire vise un membre du conseil d’administration et pas n’importe qui, un certain R.Dray,  De nationalité américaine, Robert A. Day a 64 ans et est administrateur de la banque depuis 2002. Son mandat, renouvelé en 2006, expire en 2010. Le magazine Forbes le classait en août à la 754ème place des personnes les plus riches du monde.

Donc Robert Dray qui avait déjà vendu pour plusieurs dizaines de millions d’euros d’actions de la banque le 9 janvier, a cédé de nouveau pour plus de 40,5 millions d’euros le 18 janvier, jour où les premiers soupçons de “fraude” sont apparus.

Où en sommes-nous ?

Le trader fou paraît bien faire partie d’un système. Voici ce que le Monde en ligne en dit aujourd’hui :

Les avocats de Jérôme Kerviel ont lancé la contre-attaque, dénonçant en marge de l’audition de leur client une “chasse à l’homme” lancée selon eux par la banque.

Ils estiment que la Société générale a cherché à masquer ses responsabilités dans l’affaire. Jérôme Kerviel a expliqué aux policiers que d’autres traders avaient la même pratique que la sienne, dépasser les engagements autorisés en théorie et prise de risques en principe illicite dans l’espoir de réaliser des gains extraordinaires.

Le trader n’a cependant livré aucun nom de collègue aux enquêteurs mais simplement fait état d’une pratique générale, précise-t-on de source judiciaire. Son affirmation est jugée plausible par un haut magistrat proche du dossier.

“Il l’explique alors qu’il ne cherche pas à fuir ses propres responsabilités, et le métier de trader est fait de flair et d’hyperréactivité”, a dit ce magistrat à Reuters.

Jérôme Kerviel assure que la direction de la banque fermait les yeux sur ces pratiques. Il explique d’ailleurs avoir procédé de la sorte depuis novembre 2005.

Il a fait aussi état d’une prime exceptionnelle de 300.000 euros que lui avait promis la direction pour récompenser ses résultats de 2007.

Officiellement, dit-il aux policiers, ses supérieurs récompensaient ainsi les gains “réguliers” réalisés suivant les modes opératoires classiques - qui s’élevaient d’ailleurs à 55 millions d’euros pour 2007, selon le dossier - mais la réalité serait plus complexe selon les déclarations du jeune homme.

Le trader a laissé entendre que la direction de la banque connaissait et récompensait ses positions prises de manière illicite, avec dépassements d’engagements, absence de couverture du risque et faux documents maquillant l’ensemble. Ils étaient créditeurs au 31 décembre 2007 de 1,4 milliards d’euros, a dit lundi le procureur.

Par ailleurs, les avocats soulignent que c’est la banque qui a provoqué la perte de 4,9 milliards d’euros en liquidant entre le 21 et le 23 janvier, en plein “krach” boursier mondial, les positions prises pour un montant astronomique de 50 milliards d’euros. Le dossier judiciaire montre que ces positions étaient encore potentiellement bénéficiaires le 18 janvier.”

La vie des salariés n’a bien sûr rien à voir avec l’affaire

La Société Générale accuse Jérôme Kerviel, employé par la banque d’investissement du groupe, de lui avoir fait perdre 4,82 milliards d’euros. Les syndicats soulignent eux les “failles” du système de contrôle et “l’opacité” des salles de marché, et évoquent la “forte pression” à laquelle sont soumis les salariés.
Une “concertation sur le stress au travail” à la Société Générale était prévue avant que l’affaire du trader Jérôme Kerviel n’éclate, suite notamment à des cas de suicides de salariés, et doit débuter le 18 février, a-t-on appris mardi 29 janvier de sources concordantes.
Interrogée par l’AFP sur le suicide en juin 2007 d’un trader à La Défense (Hauts-de-Seine), révélé vendredi par des syndicats de la banque à l’AFP, la direction de la Société Générale n’a pas démenti cette information. Mais de même que “nous n’avions pas communiqué en 2007, on ne va pas communiquer aujourd’hui”, a déclaré un porte-parole, invitant à ne “pas faire l’amalgame” avec l’affaire en cours.
 

Le trader qui s’est donné la mort en 2007 aurait tenté de dissimuler des pertes, selon plusieurs sources syndicales. Après avoir été convoqué par ses supérieurs, il se serait jeté dans le vide aux abords du siège de la Société Générale.
Sa compagne travaillant elle-même dans la banque, et n’étant pas désireuse d’une communication large sur ce suicide, les syndicats ne sont pas montés au créneau. Une enquête promise par le responsable du trading ne leur a jamais été remise, ont-ils précisé.
La direction de la Société Générale, qui s’est adjoint les services du cabinet d’expertise Stimulus, a confirmé à l’AFP le “démarrage d’une démarche de concertation sur le stress au travail” à cette date.

Mais revenons en à ce 18 janvier  le même jour où le PDG de la banque “découvre”(sic) le petit trafic du trader, R.Roy l’administrateur richissime cède  pour 40, 5 millions d’euros de ses actions.

L’administrateur R.Roy ne savait rien même pas qu’il existait des subprimes.


La Société générale a annoncé sans convaincre grand monde « “Avant ces cessions, R. Day, comme les autres membres du conseil, n’était pas informé des pertes de trading de J. Kerviel“, a affirme la banque. Elle a ajoute qu’ils n’étaient pas non plus informés que des dépréciations supplémentaires liées aux emprûnts  “subprimes”, les crédits hypothécaires à risque, seraient annoncées pour un montant de 2 milliards d’euros. “Ces dépréciations et pertes ont été communiquées au conseil le 20 janvier“, précise encore la banque avant d’ajouter que “Robert Day est prêt à apporter sa coopération à toute enquête sur ce sujet“.
Cette annonce intervient alors que certains actionnaires se posent des questions sur les mouvements sur les actions de la banque. L’avocat d’une centaine d’actionnaires de la Société générale a annoncé lundi  avoir déposé une plainte contre X auprès du procureur de Paris pour “manipulation de cours” et  « délit d’initié »
 
Cette plainte vise notamment cet administrateur  R.DRAY qui avait déjà vendu 85,7 millions d’euros d’actions de la banque le 9 janvier selon l”AMF a précisé Me Frederik-Karel Canoy. L’Association des petits porteurs actifs (APPAC) a de son côté demandé lundi l’ouverture d’une information judiciaire, également pour « délit d’initié ? »

Vous remarquerez que le système fonctionne bien à l’opacité, il n’y aucun rapport fit-on entre la crise des subprimes et le trader qui creuse un trou énorme, le PDG Boutin n’était pas au courant, les systèmes de contrôle n’ont pas fonctionné et cerise sur le gâteau le richissime membre du Conseil d’administration ignorait tout des pertes liées y compris aux subprimes… Et surtout il n’y aucun rapport entre la pression sur les salariés, le suicide de certains d’entre eux et le délit d’initié…

Danielle Bleitrach

11 Réponses vers “Du trader fou à la 754 e fortune mondiale”


  1. 1 Pierre M. Boriliens 29 janvier 2008 à 9:02

    Et ce n’est pas tout…
    Bien entendu, il faudrait vérifier :
    qui est Robert A. Day ? Selon le site de l’Union Populaire Républicaine que préside le Conseiller de Paris François Asselineau, il suffit de chercher sur internet.

    On y découvre que Robert Day, de nationalité américaine, est un multimilliardaire très proche de George W. Bush et l’un des principaux financiers de ses deux campagnes présidentielles. En remerciement, le même président Bush l’a nommé en 2001 dans le sein des seins des services de renseignements américains : le “Presidential Intelligence Advisory Board” de la Maison Blanche?

    Robert Day est en outre membre de plusieurs lobbys euro-atlantistes, tels le CSIS ou la Brookings Institution, qui militent ardemment pour la “Constitution européenne” recyclée dans le traité de Lisbonne, et qui sont par ailleurs fortement soupçonnés d’être des couvertures de la CIA.

    Et le site de l’UPR de conclure qu’une fois de plus, les journalistes français ne font pas vraiment “leur métier, qui est d’informer le public en menant quand même quelques investigations”. Encore faut-il en effet savoir se servir de Google…

    http://www.observatoiredeleurope.com/index.php

  2. 2 socio13 29 janvier 2008 à 9:27

    Tout à fait d’accord, j’allais d’ailleurs inscrire votre information et je me suis permise dont de porter l’original. Mais il est clair que quand on soulève le couvercle on trouve d’étranges collusions. On sait que madame Lagarde la ministre de l’Economie et des finances est trés liée aux milieux d’affaire étasunien. Mais il faut rapporter sa réaction à l’Assemblée nationale:

    A l’issue de la scénace sur les questions d’actualité comme elle était pressée par le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale qui lui répétait: “madame la ministre, pourquoi vous refusez un débat au parlement?” Christine lagarde s’est contentée de répéter : je serais lundi devant la commission des finances de l’Assemblée nationale!” Puis face aux micros et caméras qui se tendaient vers elle, elle a dit trés clairement :”Cela dev ient trés dangereux cette affaire là!”

    Pour compléter il faut savoir qu’on l’accuse de liens privilégiés et occultes avec le PDG de la société générale qui l’aurait prévenu dès dimanche. Elle a protesté qu’il n’en était rien puis à dit “prouvez-le!”

    ce ne sont pas seulement des liens personnels mais une politique bancaire. Monsieur Bouton est en effet celui qui porte une poilitique “indépendante” de la Société générale, trés ouverte aux capitaux et la crise des subprimes le prouve… Il est clair que madame lagarde frise la panique, ainsi alors même que Nicolas sarkozy avait quasiment exigé la démission de Bouton, madame lagarde a déclaré que “quand le bateau tangue on ne change pas de capitaine”.

    Danielle bleitrach

  3. 3 socio13 29 janvier 2008 à 10:45

    voici ce que l’on trouve sur Agora vox, toujours à vérifier bien sûr mais qui le fera?

    Né en 1943, Robert A. Day, de son vrai nom Robert Addison Day, est le petit-fils d’un foreur de pétrole, William Myron Keck, fondateur de Superior Oil, revendu 5,7 milliards de dollars à Mobil (devenu Exxon en 1984). Il est pour sa part le dirigeant milliardaire de Trust Company of the West, qu’il dirige avec Robert D. Beyer, supporter sans honte de Mitt Romney et de Catherine Harris, qui pour nous n’est pas une totale inconnue, puisqu’elle fut en 2000 la calamiteuse secrétaire de l’Etat de Floride, restée célèbre pour ses malversations électorales et le fiasco du décompte des voix à la main qui l’avait suivi. Pendant ses 22 premiers mois de travail, elle a passé son temps à voyager de par le monde entier, dépensant 106 millions de dollars en tickets d’avion. Nommée seconde de liste sur la liste Geb Bush de Floride, c’est elle qui supervise l’élection de 2000 : le conflit d’intérêt est évident ! Pour ne rien gâcher, c’est une fervente membre de la Coral Ridge Presbyterian Church, et combat bien sûr l’avortement… Elle a bien entendu soutenu la guerre en Irak, en sachant pertinemment que Saddam Hussein n’avait pas d’armes de destruction massive, une chose avouée par elle à la télévision.

    A. Day, lui, n’est pas en reste : en 2000, il était entré dans le club huppé des meilleurs donateurs de la campagne de W. Bush avec plus de 100 000 dollars, culminant à 176,275 dollars de contribution. A la table d’administration de sa compagnie, Trust Company of the West, il est vrai siégeait Henri Kissinger. L’homme étant malin, ça ne l’empêchait pas d’inviter à la même époque le secrétaire d’Etat de Clinton, Warren Christopher, sur son yacht personnel. Républicain bien droitier, il est également membre d’un club hyper select, le Alfalfa Club, dont a fait partie Prescott Bush, le grand-père pro-nazi de W. Bush. L’activité essentielle du club consiste à célébrer la mémoire du général Lee, le général confédéré (sudiste) qui avait bien fini par se rendre en avril 1865.

    Pour Forbes, Addison Day est un client sérieux : il “vaut” 1,3 milliard de dollars et culmine au 297e rang sur les 400 plus riches Américains. Au même rang que Donald J Schneider, l’homme aux 48 000 camions qui sillonnent chaque jour les Etats-Unis. Une fortune qui vient… de France : TCW a laissé en 2001 à la Société générale 70 % de ses parts, vendues pour 2,5 milliards de dollars : la revente récente de ses actions Société générale indique davantage encore la panique engendrée par la situation de la banque française majoritaire dans son entreprise ou les parts qui lui appartiennent encore ! Ses investissements en participation sont variés, dans les secteurs de pointe, mais aussi chez Diebold, où il possède 4,32 % de parts. Bref, notre homme, qui n’en est pas à sa première action, loin s’en faut, s’est débarrassé d’un bon lot, au bon moment. A un tarif défiant toute concurrence : 38 % de plus que le court actuel, soient 900 000 actions à 95,27 euros.

    A-t-il été prévenu ? Le conseil d’administration de la Société générale, où il siège, était-il au courant ? Les petits actionnaires ou les clients savent-ils que la banque est dirigée par quelqu’un qui soutient financièrement l’épopée de toute la famille Bush depuis le début ? Et plus encore ? Car, et c’est nettement plus grave, l’homme est aussi membre depuis 2001 du President’s Foreign Intelligence Advisory Board (ou Piffiab), créé en 1956 par Eisenhower, un groupe de patrons de divers horizons offrant leurs services dans le domaine de… l’espionnage et les services secrets, pas moins. Comme le disent ces statuts : “The President’s Foreign Intelligence Advisory Board (PFIAB) provides advice to the President concerning the quality and adequacy of intelligence collection, of analysis and estimates, of counterintelligence, and of other intelligence activities. The PFIAB, through its Intelligence Oversight Board, also advises the President on the legality of foreign intelligence activities”.

    Son président jusqu’en 2004, Brent Scowcroft, par exemple, était membre de Qualcomm et de Global and Power Pipelines, une division d’Enron… or il est intervenu à plusieurs reprises dans le conseil sur la stratégie à tenir au Moyen-Orient ! Accédant aux secrets d’Etat avec les 15 autres membres, il pouvait donc aussi dans l’autre sens en faire bénéficier ses propres sociétés ! Notre homme du jour, Arisson Day, y croisait par exemple tous les deux mois pendant 2 jours Philip Zelikow, l’âme damnée, celui qui a affirmé ceci : ”Why would Iraq attack America or use nuclear weapons against us? I’ll tell you what I think the real threat (is) and actually has been since 1990 — it’s the threat against Israel”, à savoir qu’il reliait l’attaque de l’Irak à la défense d’Israël. Comme le dit l’article “Known in intelligence circles as ”Piffy-ab”, the board is supposed to evaluate the nation’s intelligence agencies and probe any mistakes they make.”…

    C’est le bureau du Piffiab, influencé par Zelikow, qui a complaisamment insisté sur les armes de destruction massives (inexistantes) de Saddam, excuse retenue très tôt par W. Bush car le groupe a l’oreille directe du président : “The PFIAB reports directly to the President, and provides recommendations for actions to improve and enhance the performance of intelligence efforts”. Comme par hasard aussi, c’est Zelikow qui a conduit l’enquête sur les attentats du World Trade Center ! Et en a conclu ce qu’on sait. C’est lui qui avait rappelé un jour qu’un événement comme le WTC pourrait jouer le même rôle qu’un nouveau Pearl Harbour dans l’opinion publique…

    La Société générale a donc hébergé au sein de son conseil d’administration quelqu’un qui a exercé une influence directe sur la conduite du monde et de la guerre en Irak sans qu’on ne s’en aperçoive le moins du monde. Un homme obligé de faire des rapports tous les deux mois, et qui rencontrait régulièrement le président des Etats-Unis, et certainement pas pour lui parler design de guichet ou nouveau logo de la Société générale qu’il fréquentait et fréquente encore. On est fort tenté ce soir de savoir ce que la DGSE pense du cas de figure, de cet industriel jouant les contre-espions aux Etats-Unis, à la tête d’une des plus grandes banques françaises, via son conseil d’administration…

    Un espion siégeait bien à la Société générale, finalement, mais ce n’est pas le trader visé, et il n’a que fort peu à voir avec le secteur bancaire…

  4. 4 rodriguez 30 janvier 2008 à 11:21

    Bonjour,

    je trouve les articles et les discussions excellents de nature à nourrir la réflexion et l’envie d’agir au-delà de la rage et du désespoir que le mouvement social, les luttes et les forces politiques de contestation disons, ne soient pas à la hauteur des enjeux.

    En un moment où les faits d’actualité sont porteurs d’interrogations fondamentales sur le fonctionnement même du système capitaliste et donc sur une ou des alterantives (ce qui explique par exemple l’inquiétude des dirigeants les plus conscients et sans doute de Lagarde) la diffusion la plus large possible et l’accès à ces réflexions et ce travail à chaud sur l’actualité me paraissent nécessaires.
    C’est dans ces moments là et dans la capacité à êtreréactif sur le fonds que se jouent la capacité d’interventions populaires de haut niveau … ou pas !
    Une suggestion donc : déposer certains de vos articles sur Agoravox (voire d’autres médias dits citoyens) dans la mesure où ils donnent accès à un assez large public.

    Cordialement
    Gilbert Rodriguez

  5. 5 socio13 30 janvier 2008 à 12:28

    Certes, mais je n’ai personnellement pas le temps d’écrire les articles qu’il faudrait mieux ficelés, je préfère continuer le travail tel qu’il se présente dans ce blog. Cela tient à la période, je crois que nous sommes en pleine transition et j’ai besoin de voir où l”on va avant de sortir de mon trou…
    Dans le dit trou nous sommes en train peu à peu de constituer un collectif, qui d’une manière impressionniste et parfois contradictoire (une contradiction positive) avance dans l’analyse.
    Enfin et là il s’agit d’une position personnelle, je suis totalement écoeurée par un certain nombre de gens qui ne pensent plus qu’à leur nombril. je les ai vu à l’oeuvre non seulement dans la défense des possédants, là c’est normal mais dans des causes qui me sont chères. je n’ai plus envie de fréquenter ce monde là… je reste dans ce blog pour y vivre une certaine protection, le rêve toujours renouvelé d’une abbaye de thélèmes… C’es une position parallèle à celle adoptée dans les municipales à Marseille et que j’ai bien des fois dite ici “Elections pièges à con”. Certes il y a de l’écoeurement devant ce qui est offert, mais il y a aussi les incertitudes de la période etce que je crois le plus essentiel: préserver les possibilités d’action futures. parce que vous avez tout à fait raison: même si la Bourse repart à la hausse, les capitalistes qui ne sont pas idiots savent sur quel volcan ils tentent d’accumuler toujours plus… Comme je le dis par ailleurs la crise est systémique et je crois qu’ils le savent. Au plaisir de vous lire ici.
    Danielle Bleitrach

  6. 6 rodriguez 30 janvier 2008 à 1:02

    un peu élitiste et retiré comme position ;)
    Traiter au plus haut niveau (y compris d’abstraction) pour mieux cerner le concret le plus actuel, OK.
    Revenir aux fondamentaux !
    Mais sans renoncer à s’adresser au plus large public parce qu’on est dans ces moments où les plus essentielles questions du fonctionnement de la société, de l’économie … affleurent dans toutes consciences.

    S’interroger sur un afflux de visites ça j’avoue que je ne comprends pas !
    Comme disait Vilard ne convient-il pas en politique comme en culture de viser à être élitiste (au sens de l’exigence de qualité, de pertinence, d’exigence de partage … ;) pour tous ?
    Préserver un espace personnel ou collectif de réflexion mais sans perdre l’espoir que beaucoup peuvent s’en saisir !

    Amicalement
    G. Rodriguez

  7. 7 socio13 30 janvier 2008 à 1:13

    je me suis mal expliqué, loin d’être élitiste ma position est que toute réflexion n’a de chance d’avoir une quelconque pertinence que si elle accompagne une praxis collective. mais je l’ai dit souvent cette praxis ne peut pas se développer sur internet. Il faut réflechir à cet instrument d’information et à ses limites. peut-être dans l’état n’est-il capable que de créer de la “consommation”.
    Ou peut-être c’est ce que je tente ici un lieu de réflexion collective trés limité et articulé (c’est ce qui manquait à mon précédent texte) sur des pratiques militantes.
    Il y a là un problème, parce que les militants dans l’état de délabrement des organisations sont trés soucieux et cela se comprend de les sauver, résultat cela accroit les concurrences, les censure, alors qu’il faut un lieu de dialogue ouvert et dans le même temps construire des organisations qui ne soient pas la cour du roi petaud.

    bref, toutes ces reflexions et bien d’autres me font penser que je suis plus utile dans ce petit travail, une amorce d’Université nouvelle, je ne sais pas. J’ai proposé à partir du livre que nous avons écrit sur le socialisme cubain d’aller faire des débats comme je participe aux débats qui me paraissent intéressants et nous aider à avancer sur la question du changement social.

    Par rapport à toutes ces exigences, agoravox où un clou chasse l’autre, où l’on dit n’importe quoi, est le contraire de ce que je cherche. je me trompe peut-être dans cette période qui peut être sûr de ce qu’il fait, mais croyez bien qu’il n’y aucun élitisme, au contraire, je cherche toujours à rendre le plus simple possible les choses les plus complexes et c’est parfois trés compliqué.

    Danielle Bleitrach

  8. 8 socio13 30 janvier 2008 à 1:48

    je réflechis à votre reflexion sur l’élitisme… C’est plutôt de dandy qu’il faudrait dire, je m’explique: sur le fond ce que je viens de vous répondre est vrai et explique ma position que l’on peut conséidérer comme de replis. mais il y autre chose où l’on retrouve l’idée du dandy…

    Je me suis toujours fait une gloire de refuser de me commettre avec les pouvoirs et l’argent, j’avais choisi mon camp. Un peu à la manière de cette cantatrice de la commune de paris disant à Monsieur thiers et aux versaillais “c’est la canaille et bien j’en suis!” Je n’ai jamais écrit et agi que pour les miens, les communistes que je voyais un peu comme les preux chevaliers du prolétariat. C’est de l’enfantillage, certes mais l’être humain est cousu d’enfance et la mienne je tenais à la préserver comme une source d’allégresse. ce qui fut fait et demeure.

    Oui mais voilà les miens se sont reniés et en se reniant ils m’ont méprisée, censurée, interdite de publication… J’aurais pu comme tant d’autres en profiter pour écrire sur les méfaits des communistes, tenter la promotion individuelle. mais il m’a semble que ma vengeance la plus forte serait de ne pas trahir. Mon mari en riant me disait cette phrase “Le tribunal m’a suspendu pour deux jours et moi plus puissant que la cour je me suspend pour toujours”

    Voilà j’attends de parler aux communistes, à ceux qui veulent changer le monde …
    danielle bleitrach

  9. 9 rodriguez 30 janvier 2008 à 2:45

    je comprends, je respecte et j’apprécie votre exigence, comme vos interventions passionnées.
    Mais pourquoi opposer un travail “d’amorce d’université nouvelle” (idée que je trouve très intéressante) au souci de large diffusion.

    Certes les sites comme Agoravox sont comme vous le dites des lieux” où un clou chasse l’autre, où l’on dit n’importe quoi” mais au fond c’est comme dans la vie lorsqu’on passe d’une cercle d’initiés au remue ménage et aux contradictions d’une réunion de quartier ou de salariés dans une entreprise.
    De ce point de vue internet ne fait pas exception sauf que l’anonymat y permet maintes dérives!
    Et je maintiens sans le moins du monde vouloir vous flatter que brut de coffre (donc sans travail de réécriture) les derniers textes que j’ai lu concernant la crise financière par exemple tiennent la route et sont de nature à intéresser plus largement que les seuls communistes.
    Car paradoxalement peut-être,parallélement à l’effondrement des organisations révolutionnaires, le cercle de ceux qui veulent changer le monde s’est considérablement élargi. Mais la visée communiste comme dirait L. Sève, et la culture communiste et l’analyse marxiste en dépit de leur discrédit demeurent des outils essentiels pour comprendre et transformer le monde comme disait l’autre.

    En tout cas pour ma part dans mon petit réseau je répercute à moins que vous y voyiez un inconvénient.
    Et de mon côté -à ma petite mesure comme ancien de l’université- je rêve de l’organisation de débats, conférences, séminaires dans les universités (mais pas seulement bien sûr) non pas académiques mais profondément liés aux questions les plus brûlantes.

    G. Rodriguez

  10. 10 leila 30 janvier 2008 à 2:45

    une erreur dans le texte :

    Je pense qu’il s’agit de Robert A. Day et non de Robert A. Dray

  11. 11 socio13 30 janvier 2008 à 6:28

    Gilbert, tout à fait d’accord pour que vous diffusiez. Et tout à fait d’accord pour participer à n’importe quelle initiative d’Université nouvelle (appellons cela comme ça). Sur le fond je suis tout à fait d’accord avec l’idée que le cercle de ceux qui veulent changer la société s’est élargi mais c’est la tour de babel… Comme je l’expliquais lors de la conférence de Ben said à marseille, je me suis retrouvée dans un débat où tout un groupe de jeunes gens charmant proposait de supprimer la monnaie, l’argent étant bien sûr à l’origine de tous nos malheurs. Moi qui au contraire pense qu’il faut sortir du dollar, aboutir à une monnaie commune mais que cela suppose un autre ordre international, j’étais accablée… Alors je décide de leur fourguer la première section du Capital sur l’équivalent valeur, le tout avec un maximum de simplicité, ce qui n’a rien d’évident puisque c’est le chapitre le plus difficile du Capital. Miraculeusement mon auditoire m’écoute religieusement. A la sortie deux charmantes jeunes femmes viennent me voir et me disent:”Comme c’est passionnant ce que vous racontez, vous devriez l’écrire!” C’est ça le problème, je ne sais si vous avez lu sur ce site l’histoire de l’oeuf frit d’Einstein et du venezuela, c’est tout à fait ça pour tout. Einstein à qui l’on demande d’expliquer sa théorie répond à son interlocuteur “pouvez-vous m’expliquer ce qu’est un oeuf frit?” et il ajoute étant bien entendu que vous ignorez totalement ce qu’est un oeuf, et même une poule, une poele et l’huile chaude. Quand je vous dis oeuf vous pensez chataigne et quand je vous dis huile chaude vous pensez glace à la vanille. Comment expliquer par exemple que l’on a construit une pensée qui isole trois sphères: le marché, l’économique et le politique… Une pensée où il n’y a plus que des monades, des isolats non structurés, plus de classes sociales, plus de multinationales, plus de nations simplement des nuées de sauterelles qui s’abattent…

    Leila, il faut que tu saches que j’ai un problème avec les noms propres, tu peux être sûre qu’ils sont toujours inexacts.
    Danielle Bleitrach

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