C’est El Païs le quotidien espagnol, à peu près l’équivalent du Monde, pour le meilleur et surtout pour le pire en matière de désinformation planétaire qui a vendu la mèche, il a été aussitôt suivi par le reste de la presse espagnole, internet a pris le relais. La machine à ragot planétaire a bruissé devant les photos de charme qui offraient la première dame de France – dévêtue de cuissardes et d’une alliance- à la concupiscence de cadres abonnés au magazine espagnol DT, un magazine de charme pour messieurs fortunés, les golden boys de la Bourse par exemple (1). On ne peut manquer d’éprouver une certaine « gêne » devant « l’événement », de quel côté qu’on la prenne cette série de photos nous place en porte à faux. Les “austères” affirment qu’il ne faut pas en parler, qu’il ne faut pas contribuer à réduire le fait politique à cela, je ne suis pas convaincue. Il faut parler de ce qui choque le peuple, le tout est de savoir comment. D’un point de vue savant, Pasolini a écrit des choses tout à fait essentielles sur la manière dont le capitalisme a eu besoin de fabriquer le sujet consommateur, celui que l’on découvre aujourd’hui en état de surendettement permanent aux Etats-Unis. Celui dont à coup de précarité, de flexibilité on a réduit le salaire, les révenus, les moyens matériels d’existence autant que les références culturelles tout en le poussant à consommer. Pasolini annonçait : « A un certain moment, le pouvoir a eu besoin d’un type de sujet différent, qui fut avant tout un consommateur parfait et qui ne le serait pas si on ne lui concédait pas une certaine permissivité sexuelle ». Mais aujourd’hui où les Français ne savent plus comment finir le mois, tout discours sur le consumérisme risque d’être avec quelques raisons d’être mal entendu. C’est toute “l’atroce dissociation”qui génère voyeurisme et violence.
Danielle Bleitrach
Permissivité, puritanisme et surendettement
Cette contradiction entre le vécu de gens qui n’arrivent plus à s’en sortir et le mode de consommation impulsé par le capital est bien réelle, elle est même au coeur de la crise boursière, du surendettement comme modèle généralisé de fonctionnement.
Gramsci a jadis écrit un texte tout à fait important sur le « fordisme »(2), à propos de la FIAT, il a analysé la manière dont dans les années 20 avec le développement de la production en série et des chaînes, le capitalisme avait eu besoin de dompter le travailleur vagabond (3) et pour le fixer avait pratiqué une politique de hauts salaires qui lui permettait d’acheter la petite voiture produite à la chaine dans les usines Ford. Le problème était de fixer le travailleur errant, le rural arrivant de la campagne avec des mœurs encore féodale, c’était déjà par la consommation que l’on y arrivait, il fallait le transformer en gorille apprivoisé répétant tout le jour des gestes mécaniques comme dans les Temps Modernes de Charlie Chaplin. Pour cela il fallait l’empêcher d’aller au café, d’y rencontrer d’autres contestataires, il fallait le fixer dans l’univers du foyer avec ses consommations, le puritanisme prenait alors le relais et Ford fut un grand défenseur de la prohibition. D’ailleurs souvenez-vous Charlie Chaplin fait terminer les temps modernes par une vision bucolique du petit vagabond avec sa bien aimée dans un logis idéal. Le puritanisme se combinait avec l’âge industriel de la production en série et déjà cela débouchait sur l’unité de consommation familiale. Ce fut aussi l’époque où pour construire les gigantesques usines, les transports des marchandises, le capitalisme se concentra, organisa la Bourse et la collecte de capitaux. Les Etats-Unis devinrent le lieu de ce grand développement du capitalisme déjà financier et de la formation d’un sujet puritain et consommateur. A partir de cette analyse gramscienne, et de son propre gênie Pasolini prit une longueur d’avance sur nous tous pour analyser ce qui surgissait à la fin des trente glorieuses dans la fièvre de mai 68. Parce que si mai 1968 est le paroxyme de la montée des luttes ouvrières, celles d’un Tiers Monde en voie de libération, celle où dans le sillage s’émancipent ou tentent de s’émanciper les dominés par les mœurs puritaines à la Ford, les femmes, les homosexuels par exemple, il me paraît être aussi le moment du retournement parce que le communisme tel qu’il était n’a pas su prendre la tête de ce changement de civilisation. Il était sans doute dominé par le Capital, parti dans la même course, sans parler de celles aux armements (à la fin de l’URSS 40% de son PIB était consacré à l’armement). Le socialisme dominé, divisé par la querelle sino-soviétique qui recouvrait un questionnement encore important aujourd’hui celle d’un socialisme qui prétendait aller seul en tête d’un monde occidental alors que le reste du monde vivait dans le sous développement… Il manque encore cette analyse.
L’hypothèse que j’ai toujours eu concernant mai 1968 c’est que ces événements, qui ont été planétaires mais ont connu leur forme la plus achevée en France à cause de l’entrée massive de la classe ouvrière en lutte aux côtés de la jeunesse estudiantine, est qu’ils ont fonctionné ou plutôt ont échoué à la manière du boulangisme. On se souvient que cette conspiration autour du général Boulanger attendit vainement le signal de son chef et Clemenceau qui y participait annonça : “Il est minuit, les actions du Boulangisme sont en baisse ». Mais 1968, faute d’avoir reçu le signal attendu se retourna en son contraire, et tandis qu’une partie de ceux qui le vécurent rêve encore aujourd’hui d’aller brûler la Bourse, ce temple du Capital, les autres se sont très vite retournés. Le sens poltique de ce qu’il advint de mai 1968 a été donné recemment par le Falstaff de ces événements, Cohn Bendit, quand il a déclaré : « Nous avons gagné culturellement, et fort heureusement nous avons perdu politiquement ». On ne saurait être plus clair. Car la culture qui a gagné est celle de la permissivité sexuelle devenue argument publicitaire de vente. Le Capital après sa phase fordienne était en ordre de marche pour entrer dans une nouvelle phase d’accumulation, celle de l’innovation technologique informationnelle dans laquelle la recherche en matière informatique, génétique, biologique, etc… opère une mondialisation derrière en particulier les dépenses militaires…
Permissivité, religiosité, consommation et flexibilité
Pasolini a très vite compris cela et il se moque de ceux qui en ont plein la bouche de la dénonciation du fascisme tel qu’il a pu se produire dans les années trente et quarante, il décrit un nouveau fascisme qui a perdu toute volonté de transcendance, toute référence à une morale du dépassement et comme il est écrivain il note la transformation de la langue, la fin de l’invention populaire, de la capacité linguistique du peuple, il montre que le peuple italien est tombé dans une sorte de névrose aphasique “où l’on parle une fausse langue, qui ne connaît ni difficultés, ni résistances, comme si tout était facile à mettre en mot (…)on gémit presque, ou l’on se donner des bourrades, ou bien l’on ricane sans savoir quoi dire” (3). Sarkozy qui s’affirme inculte et qui mène sa bien aimée à Disney land tire argument de cette aphasie, s’y identifie.
Je m’éloigne pensez-vous, quel est le rapport entre l’aphasie de la langue et les photos de charme de la compagne de Sarkozy ? Je viens de tenter de vous expliquer deux choses, la dialectique des mœurs par rapport aux phases du capital, comment à travers la consommation on passe du gorille apprivoisé condamné au puritanisme, aux gestes automatiques de la chaîne industrielle à la permissivité sexuelle du même sujet consommateur devenu aphasique, incapable de créativité, simple voyeur manipulé par ses addictions douces… Le stimulus de l’émotion et celui de l’achat renouvelé à chaque planche publicitaire imposent à la trame du récit coupé par la publicité de faux suspens. Et cette phase correspond à un nouveau stade d’accumulation qu’il faut faire payer au travail, toujours plus faire donner aux pays du Tiers monde, les piller à travers un néo-colonialisme, utiliser leur endettement… C’est la plus value relative expliquée par Marx, il faut obtenir que la force de travail y compris la plus qualifiée soit produite toujours à moinde coût, ceux qui ignorent tout de cette analyse peuvent-ils comprendre le rôle joué par les clandestins, par l’immigration pour augmenter la plus value relative, pour ne pas avoir à verser les salaires, réserver une part croissante de la plus value au financier… Toutes les phases d’accumulation du capital fonctionnent ainsi, elles pompent le travail mais en général pour mieux repartir… Oui mais voilà pour des raison politiques le monde a connu à partir des années 1980 une phase d’atonie des luttes sociales et le système est devenu de plus en plus cancérigène, de plus en plus destructeur. Avec en son centre le moteur de la consommation de marchandises, un espèce de Moloch qu’il fallait alimenter par le surendettement généralisé.
Le gorille apprivoisé du fordisme, celui que l’on prétendait fixer par de hauts salaires, est donc invité à une nouvelle phase de vagabondage, mais il ne s’agit plus de l’errance du trimardeur, de l’ouvrier vagabond dans les plaines de l’ouest, mais de nouvelles cohortes d’exclaves menées par des marchands d’hommes. le film de ken Loach illustre bien comment le pays qui pousse le plus loin la financiarisation, le Royaume uni est celui devenu l’eldorado de cette mise en concurrence, de ces hordes de travailleurs ayant perdu toute référence collective, celle des syndicats mais aussi celle des solidarités rurales d’origine… La religion devenant le seul lieu où peuvent encore se reconstituer ces formes collectives… La misère mais aussi la vision d’un eldorado de la consommation étant l’argument qui pousse les foules vers ces bagnes…parce que le capitalisme a réussi cet exploit, celui d’entretenir le sous développement, d’en finir avec tout progrès en mettant au coeur des pauvres gens un modèle de civilisation, de consommation sans un minimum de développement matériel. c’est disait pasolini une “dissociation” atroce dont le Parti communiste et les intellectuels progressistes devraient avoir à coeur de faire prendre conscience.
Ce qu’il faut bien comprendre je crois c’est qu’il y a une sorte de schizophrénie morale: le sujet consommateur avec sa permissivité sexuelle, le scandale, la femme dénudée, fétichisée devenu argument de vente ne fonctionne que par raport au choeur de la morale traditionnelle, cléricale, étroite. Comme le vieux fascisme, la baudruche ouverte aux quatre vents du lepenisme sert de repoussoir à ceux qui n’ont plus que lui a dénoncer parce qu’ils ont tout accepté…
Vous ne voyez toujours pas le rapport ? Est-ce un hasard si le pays qui a fait mai 1968, mais qui de surcroît dans l’atonie générale des luttes manifeste une résistance au nouveau modèle en menant le mouvement de 1995 autour de la défense des services publics, le pays qui dit NON à l’Europe du capital financiarisé et à sa toute puissance, se retrouve à sa tête avec cette caricature. Il faut accélérer, bousculer les inerties, le capital a besoin de temps de rotation toujours plus rapides… Il poursuit sa course en avant vers l’abime, au rythme de notre agité… Il entraîne derrière lui ceux qui l’attendaient… Croyez-vous que ceux qui se rallient à lui se sont levés un beau matin en se disant « Et si je trahissais ! » Si Kouchner était ministre des Affaires étrangères de Ségolène Royal ou de Strauss Khan ménerait-il une autre politique ? Poser la question c’est y répondre, ils sont tous le fruit de l’échec politique de mai 68 et le triomphe de son consumérisme et de sa permissivité sexuelle accompagné de l’exaltation des drogues. Comme la CIA a fait taire les blacks panthères des ghettos noirs aux Etats-Unis en y jetant massivement de la drogue, en même temps que l’on assassinait les chefs révoltés, aux etats-Unis mais aussi dans tout le Tiers Monde… On achetait les veules, les ambitions, les narcissismes… L’ensemble de cette gauche ralliée, avant d’aboutir à ce consensus touchant autour du sarkozisme, a du passer par la case du Mitterrandisme, cette vison cynique de la fin de toute espérance politique, cet engourdissement dans des jeux tactiques, le pouvoir devenu médicament de confort de l’agonie d’une gauche ralliée au capital et qui traîne derrière lui tel un esclave ivre un parti communiste à qui l’on jette des os…tout ce beau monde est devenu gestionnaire, “compétent”, l’économie est une science exacte et jospin peut dire que l’Etat est impuissant à intervenir en faveur des travailleurs que l’on licencie… Oui mais aujourd’hui on l’appelle à intervenir massivement en faveur du capital. Le fond est là, ils se sont ralliés à celui qui distribue pouvoir, richesse et offre des calls girls de luxe en prime…
D’où notre gêne devant les photos de Carla Bruni, l’exhibitionnisme compulsif d’un président, nous ne savons plus comment prendre les contradictions qui nous assaillent. Mais ce ne sont pas seulement les notres : Sarkozy doit couvrir tout le champ politicien, de la vieille morale réactionnaire, celle qui exige le retour du religieux dans les salons du vatican, le palais de Ryad et dans le même temps il doit offrir sa propre femme au sujet consommateur qui exige en voyeur toujours plus de permissivité, la bande de jouisseurs assoifés de pouvoir, d’objets, de hochets qu’il traine dans son sillage. Ce n’est pas un hasard si c’est tout le gouvernement qui fonctionne dans cette dualité morale vide de tout contenu réel – celui de la vie en collectivité, des rapports de solidarité- tout est fait pour créer des oppositions apparement inconciliables mais qui en fait reposent sur le consensus de la défense du capital. Il s’agit d’opposer deux caricatures : Christine Boutin a Fadela, Jacques Attali et son productivisme débridé au grenelle de l’environnement, c’est l’art de couvrir tout le champ sans jamais rien régler… C’est la panique, le monde qui défile en accéléré, l’image qui évite la réflexion…
Dans un temps où le marché montre jusqu’à quelle extrêmités a pu être poussée la fièvre consumériste, et effrayé devant les gouffres qu’il a creusé en appelle à la vertu, à la régulation étatique, Sarkozy est la logique d’un pouvoir complétement marchandisé, vendu à l’électeur à coup de sondage, avec des techniques de marketing par ceux qui ont les moyens de les utiliser à plein. Certes le personnage peut paraître fou, mais il ne l’est pas plus que le système qui l’a porté au pouvoir, le capitalisme à ce stade là c’est l’anarchiste courronné, Héliogabale l’empereur romain se faisant châtrer et sodomiser dans le cirque et terminant assassiné par les légions romaines, recrutées chez les barbares, dans les latrines du Colisée. A la manière dont le mercenaire fondamentaliste recruté par la CIA en Afghanistan vient envoyer son avion contre les tours du World centrer… fournissant prétexte à nouvelle paranoïa, au soulagement de donner un ennemi imaginaire aux mercenaires occidentaux… a la grande peur devant les travailleurs immigrés que recrute le capital…
Parce que la vérité du capital, elle est dans cette lettre du PDG de la société générale annonçant l’escroquerie dont la banque serait la victime… Cette lettre publiée sur le site est un modèle, il faudrait l’analyser point par point et montrer comme nous avons tenté de le faire dans divers articles comment le système aggrave sa propre logique au coeur même de la crise… Nous avons en même temps l’étalage de toutes les turpitudes et comme seul exutoire un vote sanction aux municipales pour les mêmes, un leurre… Non il existe autre chose aujourd’hui même la grève, la manifestation collective, c’est notre seule chance et elle va bien au-delà de ce que l’on croît… C’est la seule pratique susceptible d’empêcher la violence. parce que cette pratique là non seulement recrée ou tente de recréer des solidarités collectives, mais tente de surmonter la “dissociation atroce” dont parlait Pasolini, celle d’avoir inscrit dans un monde auquel il est refusé le développement, le progrès un mode d’assouvissement impossible…
J’exagère ? Chacun sent confusément la violence que porte ce moment qui se présente sous la forme d’une publicité érotique de charme sur les avantages indéniables de celle que se tape le président… Dont il dit “c’est du sérieux!” pour meubler une conférence de presse provocatrice… la phrase qui revient le plus souvent dans les conversations à propos de Sarkozy est : « Il terminera mal ! Quelqu’un va l’assassiner ! » Cette phrase que l’on entend dans les bistrots, écoutez-là, elle signifie que l’on a conscience d’avoir passé un seuil, celui qui nous mène vers le centre même du séisme, le cœur du capital, les Etats-Unis. Non seulement on y assassine les Présidents mais il y a dans l’exhibition de leur vie privée, la pipolisation quelque chose qui supplée à tout débat politique, le recouvre avec toujours plus de scandale sexuel pour vendre du pouvoir…
C’est pour cela que je crois qu’il ne faut pas faire la fine bouche devant ce qui révolte la population, au fut et à mesure que surgissent les difficultés grandit la colère devant les jeux des puissants. C’est l’histoire du collier de la reine quand on ne peut plus se procurer de pain. Nous ne pouvons pas nous indigner à partir d’une morale réactionnaire, celle d’une Christine Boutin qui s’accommode fort bien, comme le vatican, de toutes les exhibitions, de tous les adultères et de tous les divorces des puissants et qui ne réserve la contrainte de sa morale qu’à ceux qu’il faut maintenir dans la soumission, les prolétaires, les femmes… Mais nous devons le faire à partir de notre propre exigence éthique et politique, celle de l’émancipation humaine. Il y a un énorme chantier devant nous parce que je ne le cesse de le répéter les conditions objectives d’un changement de civilisation sont réunies, ce sont les conditions subjectives qui ne le sont pas.
Si notre analyse doit accorder une large place à la compréhension du sujet qui est aujourd’hui dominé, aliéné, notre travail ne peut pas se contenter de ce niveau, on ne sort pas de l’idéologie par l’idéologie, on en sort par une pratique et une pratique collective. Ce n’est donc pas un hasard si l’indignation qui peut emplir le peuple à la vue des photos de carla Bruni, le sentiment d’être méprisé, humilié à ce niveau là ne débouche sur aucune pratique collective possible et si donc son usage reste problématique, mais il nous appartient d’aider au dépassement de cette phase… peut-être en montrant la cohrence entre ce mépris et celui de ceux qui peuvent tout se permettre sur leur vie.. Aider à analyser la crise, éclairer la nature de classe du pouvoir… Dénoncer non pas le consumérisme d’une société à des gens qui ne peuvent plus faire face à la consommation quotidienne sans parler de ceux qui n’arrivent plus à se loger, mais justement insister sur le caractère inutile, immoral, d’une consommation sans frein ni limite aux dépends de l’immense majorité… Mettre la justice sociale au cœur de tous nos projets …Tirer le fil…
Danielle Bleitrach
(1) la photo en question peut être consulté dans le bistrot du mois et vous trouverez sur tout internet la série qui effectivement a de quoi surprendre. L’article de El Mundo
http://www.elmundo.es/elmundo/2008/01/21/comunicacion/120…
- L’article de El Pais
http://www.elpais.com/articulo/gente/Carla/Bruni/desnuda/…
Notons pour mémoire que le premier dont l’épouse a inauguré une telle exhibition est Le Pen… ce qui on en conviendra appuie l’ensemble de notre démonstration sur la manière dont la morale traditionnelle catholique, le vieux fascisme parodié est utilisé par un pouvoir qui s’identifie totalement à ce stade du capitalisme et à sa permissivité consumériste. C’est aussi berlusconi, l’histrion, le clown de la “virilité mussolinienne”…
(2) Avec Alain Chenu nous avions repris cette analyse gramscienne dans notre livre l’usine et la vie (Maspero.1989) pour montrer comment le capital produisait des forces de travail nécessaires à son accumulation non seulement sur les lieux de travail mais aussi dans l’habitat, la formation, les modes de vie.
(2) Voir le livre de Nils Anderson qui a été lui-même un Hobo et qui décrit la vie de ces travailleurs vagabonds.
(3) Pasolini, écrits corsaire, Flammarion, écrits en 1975, traduits en 1976, P.264
Bonjour,
Juste une remarque sur le sujet consommateur : je ne connaissais pas le mot de Pasolini que tu cites (c’est dans quel texte ?), mais il y a de très belles pages de Michel Clouscard sur la “consommation transgressive”, notamment dans “Néo-fascisme et idéologie du désir. Les tartuffes de la révolution” (écrit au lendemain de mai 68), dans le “Capitalisme de la séduction”, dans son dernier : “Critique du libéralisme libertaire”… Une société des amis de Michel Clouscard (prof de socio. à Poitiers) est en cours de constitution, entre autres pour une édition de ses oeuvres… ça se passe par là :
http://www.vulc1.fr/cl/fr/index.php/Accueil
Amitiés,
Chu.
Oui je crois que Michel Glouscard a perçu des choses avec son “capitalisme libéral- libertaire”. Mais je vais encore m’énerver je cite le livre De Pasolini en note : écrits corsaires”…
Il faudrait tout de même apprendre à lire, ça devient insupportable à la fin ces gens qui ne lisent plus, survolent et sont occupés à inscrire sur un texte leur propre savoir sans jamais s’intéresser à ce qui est dit… je ne parle pas seulement de toi c’est général…
Danielle Bleitrach
Désolé : je n’ai pas fait le lien entre la note 3 (il y a deux appels de notes numérotés “3″ et deux notes de fin numérotées “1″) et la citation de Pasolini, là où j’avais compris que c’était de Gramsci qu’il était question… sans bien voir ici le rapport entre Gramsci et Pasolini.
Par ailleurs, je n’avais pas encore fini de lire l’article (je copie-colle-imprime : l’écran, c’est pas terrible pour la lecture) : si je “signalais” les écrits de Clouscard, c’est qu’il me semble que, “d’un point de vue savant” comme tu dis, ça explique des choses (mais c’est vrai que je n’ai pas développé), justement sur ce que tu appelles “la dialectique des mœurs par rapport aux phases du capital” : comment la consommation-transgressive remodèle en profondeur, depuis quarante ans env., l’économie politique, c’est ce que Clouscard démontre, notamment (mot à mot ou presque) à travers le “corps du mannequin” (sic), du machinal (à la surface) à la machination (en profondeur : la machination capitaliste), etc., bref, ces textes donnent, je trouve, un ensemble cohérent “d’explication” aux différents phénomènes que tu signales et analyses (pornographie, drogue, violence, etc.) : “mater la meuf du président à poil dans une revue chic”, pourquoi pas le joint au bec, etc.
J’aurais dû tourner ma “remarque” sous forme de question, au sens où ce que j’avais en tête, ça aurait dû se formuler comme ça : en tant que sociologue, est-ce que ce que tu analyses ici correspond à ce que développait ton collègue Clouscard il y a quelques temps, est-ce que ça nécessite un approfondissement, une actualisation, que sais-je encore ?
Enfin, si je faisais le lien avec le site des amis de Clouscard, c’est juste pour signaler l’info “en passant” : les liens, ça nous manque pas mal (enfin je trouve), et c’est une initiative qui débute (avec des jeunes chercheurs, entre autres), etc.
Cela dit, deux autres remarques :
1. je ne partage pas ton appréciation sur une “révolte” qui serait ressentie face à cette débauche sur papier glacé, et à son revers “ordre moral” ultramontain. Ce que je perçois par ici, c’est plutôt lassitude, indifférence (”c’est ailleurs que ça se passe, en vrai”) irrévérencieuse (l’expression d’antan, la “mariée-du-cocu” retrouve une certaine jeunesse)… mais ce n’est pas ce qui choque. Ce qui me frappe, c’est qu’il n’y a pas très longtemps, les abstentionnistes se faisaient discrets. Aujourd’hui, ils assument plus ouvertement : il y a dans cette manière d’assumer un fond de “sagesse instinctive” qui perce à travers les “c’est à Bruxelles” ou “à la Bourse” que ça se décide…
2. sur la “crise” : le modèle de consommation transgressive ne me paraît pas en crise, d’une part (et les deux faces, moraliste et transgressive, sont comme tu le soulignes, tout à fait solidaires, les deux faces d’une même monnaie), il me fait plutôt l’effet de prospérer comme jamais, il franchit peut-être quelques seuils… ; d’autre part la vigoureuse santé du capitalisme asiatique (qui se paye même le luxe de soutenir financièrement son vieux parent occidental, via les “fonds souverains” de Singapour, Kuwait, etc.) me fait hésiter sur la qualification de la “crise” actuelle : ne conviendrait-il pas d’y voir, de manière plus limitée, le déclin historique du capitalisme “transatlantique” (au profit des géants asiatiques), comme il y eut, au lendemain de la première guerre mondiale, un déclin du capitalisme britannique (au profit des EE.UU.) , commz j? Les niveaux atteints par la bourse de Shanghai ne font pas vraiment penser à une crise généralisée du capitalisme…
Chu,
excuse mon mouvement d’humeur…
le rapport entre pasolini et gramsci me parait évident sinon dans mon texte où je reconnais que les notes ne sont pas trés évidentes et que la longue analyse de Gramsci n’a pas de note mais j’ai eu la flemme d’aller chercher… Pourtant c’est ce qui m’a énérvé trés injustement alors que tu monte en épingle quelqu’un d’intéressant mais sans commune mesure avec l’apport de Gramsci et de Pasolini, visiblement tu ne connais pas du tout ces deux derniers. Parce que j’expose là des thèses centrales de leur oeuvre et pas seulement ce que l’on trouve dans le recueil d’articles des ecrits corsaires pour Pasolini. mais Caius gracchus va surement nous en dire beaucoup plus.
Ce que je trouve passionnant pour notre réflexion est (à l’inverse de Glouscard) ce point de vue prolétarien, voir du sous développement à cause de l’Italie du Sud sans doute, ce qui évite beaucoup d’âneries sur la société de consommation. Alors qu’il y a sous développement, renonciation au progrès non seulement moral mais matériel alors même que l’on crée le leurre abrutissant du modèle consumériste… cela me semble au coeur de l’endettement généralisé imposé au salariat comme au Tiers monde et cela renvoie à la plus value absolue et relative à ce stade d’accumulation. Je pense au film de Scola sâles, afreux, bêtes et méchants avec cette exode du sud vers le nord, les moeurs patriarcales se dévoyant dans le bidonville…
Il y a aussi cette nécessité des deux morales apparement antagonistes en fait complémentaires…
Je pense que tu poses la seule vraie question de cette crise, je ne cesse de poser les jalons d’ailleurs de ce problème, celui d’un possible déplacement vers les pays émergents… je te signale que tous les articles que j’écris ou que je place sur ce blog tentent de cerner cette question essentielle, je vous ai annoncé les fonds souverains, la spécificité chinoise (heureusement tout à fait différente de Singapour ou même de l’Inde)…Il faudra analyser ce qu’il advient de ces différents types de pays émergents..
Mais tu as raison de voir que je suis convaincue du déclin occidental, les impérialismes se sont succédés depuis le XVI siècle, le XXe a été celui des USA, aujourd’hui alors que rien n’est en mesure de les remplacer ils sont en crise profonde. J’ai même dit je crois qu’il faudra bien aboutir à une monnaie internationale, mais cela suppose d’autres relations politiques, un autre ordre international…
On dit à peu près n’importe quoi sur la bourse de Shanghai, elles viennent avec hong kong d’opérer une chute je crois qu’il faut bien comprendre la relation existant entre Bourse et économie réelle, la manière dont la Chine ne laisse pas tout filer en Bourse. Mais comment expliquer si l’on regarde l’Inde et la Chine on voit (et ce n’est pas moi par sympathie idéologique qui le dit mais la plupart des analysete) que les deux pays ont attiré les capitaux d’une manière trés différentes, la Chine a recherché les investissements étrangers directs, elle les a “sédentarisés”, l’Inde a eu un afflux de capitaux volatils, trés financiarisés “la hot money” ce qui la rend plus vulnérable que la Chine, un peu à la manière dont Londres est la place européenne la plus vulnérable. Pour la Chine autre facteur : plus du tiers du commerce chinois est vers les pays émergents et plus encore vers les pays du sud. Dès 2004, dans notre livre De mal Empire je notais ce rôle de la Chine dans les rapports sud-sud. Avec le venezuela la Chine contribue à cet effet inoui actuel, une crise qui pour la première fois est au coeur du système et pas à la marge. Là dessus il y a sur ce blog le passionnant texte d’eric toussaint qui compare la crise de 1983 et celle de 2007. Mais ce que je vois aussi c’est une opportunité pour la Chine qui se bat pour éviter la surchauffe de son économie et qui va être un jour ou l’autre de déplacer la croissance vers l’endogène, le marché intérieur… Il semble et c’est l’enjeu du dernier congrès face à la montée des luttes que cela soit en marche. mais c’est trés difficile à faire de passer d’une croissance entiérement tournée vers l’exportation à une croissance du marché intérieur… les prévisions dont j’ai fait état sur ce blog prouve que c’est en oeuvre… Et ça c’est du à la pression des luttes chinoises… Si tout ce passe bien il y a là une autre solution que la ville-Etat-entreprise de Singapour ou de Dubaï qui fascine tant nos libéraux prêts à se reconvertir… Comme je ne suis pas économiste mais sociologue ce qui m’intéresse c’est l’articulation entre économie et société… C’est ce que j’ai tenté dans cet article à partir d’un “événment”…
C’est d’ailleurs pour cela que je râle tant, parce que tout ce que je place sur ce blog pose les mêmes deux ou trois questions essentielles et il m’apparait que chacun part dans une histoire qui n’a rien à voir… Je te remercie pour avoir fait l’effort de répondre dans et sur le sujet.
Un mot encore les abstentionnistes ? Désormais j’en suis: avoir tant vécu pour affirmer élections piège à con, faut le faire mais la bouillabaisse marseillaise m’invite à refuser de continuer dans la névrose électorale.
Danielle bleitrach
En un mot avant de reprendre plus précisément : à propos de l’abstentionnisme, je constatais, sans “critiquer”… il faut bien sûr faire attention avec cette arme à double tranchant (au minimum double, ptête pire), q
mais je me range aussi à l’absentionnisme, plus encore à propos de l’UE : une fois ça suffit. Depuis que j’en ai l’âge, tout ce qui a été rejeté par les urnes ou “par la rue” est passé autrement, il en ira ainsi tant qu’aucune force ne sera en mesure de peser contre ce à quoi les “intérêts dominants” veulent donner force de loi.
oups, c’est parti “tout seul” (ou presque) – j’allais juste ajouter : il faut bien sûr faire attention avec cette arme à double tranchant (au minimum double, ptête pire), sans abdiquer son sens critique bien sûr, mais je me range aussi (etc.).
Je relirai soigneusement ta réponse, très aimable (si si, je ne me force pas : ta réponse m’a rassuré et m’a fait très plaisir) après le “coup de nerf” de ce matin – coup de nerf légitime : si on n’est pas plus précis en se causant, on passe pour quelqu’un qui étale son “savoir” quand on cherche juste, au contraire, à avoir des précisions tout en faisant passer une information. C’est peut-être l’inconvénient de ce “formulaire de réponse”, qui permet de se laisser aller à du confus et du “brouillon”… Désolé derechef !
voici le courriel que m’adresse Claude javeau, le professeur de sociologie bien connu de nos amis belges et des sociologues du monde entier. Il me l’a adressé personnellement mais comme il m’indique un de ses écrits, je reporte ici sa recommandation en étant assuré que nonobstant la sympathie que j’éprouve pour lui je ne cosignerai sans doute moins non plus toutes les productions de claude javeau…Bref c’est un social démocrate qui assume gaillardement sa social démocratie et moi une communiste qui assume non moins gaillardement mon communisme…
Chère Danielle,
Merci pour tes longs courriels. Cela fait du bien de lire des choses pareilles, en ces temps de fascisme (apparemment) molasson, même si je ne co-signerais pas tout. Avec la bonne nouvelle du retour probable de Berlusconi, j’ai l’impression en te lisant de m’administrer un vaccin.
Puis-je te recommander, parce tu y trouverais pas mal de convergences, mes Paradoxes de la postmodernité, parus récemment aux PUF?
Bien cordialement
Claude Javeau
dans toute cette affaire, combien touche l’agent artistique de Carla? Tout cela est de la mise en scène et ça se paye le travail artistique! Pour une fois qu’on a une “1ère dame de France” qui bosse et ne se contente pas de récupérer des pièces jaunes, à combien on été réévalué ses contrats depuis sa nouvelle conquête?
du boulot pour les journalistes
Félicitations pour ce blog que je découvre avec plaisir et intérêt !
Je reviendrais sur la conclusion de ton texte :
> insister sur le caractère inutile, immoral,
> d’une consommation sans frein ni limite
> aux dépends de l’immense majorité
J’ai le sentiment qu’invoquer la “moralité” pour faire changer les mentalités est contre-productif. Plus exactement contre-productif pour la majorité.
L’économie mondiale se satisfait pleinement de cette “moralité” et sait l’utiliser à bon escient. Même les ONG l’utilisent pour récolter des dons: en signant son chèque, le consommateur a ainsi l’impression de signer sa rédemption. Sa mauvaise conscience soignée, son mode de vie en est-il changer ?
Changer le consommateur, c’est lui démontrer qu’il est perdant à moyen terme, et surtout pas de lui agiter le bâton de la morale. Il ne faut pas négliger l’égoïsme de l’Homme.
j’ean ai profité pour voir votre blog cinéma, sympa également. Cela dit ne vous inquietez pas le “moralisme” n’est pas mon travers principal. En revanche je crois que les Français demeurent un des peuples les plus égalitariste qui soit. Voir l’interview de reich sur ce blog où il est cité une enquête d’opinion les Français ne sont convaincus des bienfaits du capitalisme qu’à 36 % alors que la moyenne dans les autres pays est 61% (je cite de mémoire)…
Danielle Bleitrach
je ne peux pas résister à ces quelques extraits de la presse internationale…
La presse étrangère, reprise par Courrier International, se lâche sur Sarkozy avec une férocité jubilatoire ! Extraits choisis pour illustrer à quel point notre Président est désormais la honte de la France.
Sarkozy, la politique de l’érection permanente
“Sur l’échiquier politique mondial, il ne semble pas y avoir de chef d’Etat plus satisfait de l’être, d’homme qui tire un meilleur parti de l’exposition médiatique qu’implique sa charge, de mâle plus exultant sur le trône de ses conquêtes. Nicolas Sarkozy s’amuse beaucoup et veut montrer à quel point le pouvoir le remplit d’énergie pour mieux désirer et être désiré, pour faire de son mandat une fête permanente, une ivresse de lui-même, une érection. En somme, après avoir appris que Sarkozy apprécie comme personne le bonheur et le plaisir que procure le pouvoir, nous venons de découvrir qu’il n’a aucun sens du ridicule. Les Français se demandent à bon droit ce que va leur coûter le voyage de Sarko en Egypte, avec ses vingt chambres louées dans un hôtel de luxe et ses avions de chasse escortant le jet présidentiel. Parce qu’à l’aller Sarkozy et Carla ont voyagé à bord d’un jet privé appartenant à Vincent Bolloré, l’homme d’affaires à la tête d’un institut de sondages [il détient 40 % de CSA] qui continue de placer Sarkozy au premier rang des personnalités préférées des Français. La première place : la seule qui vaille pour un homme qui s’agite comme une marionnette, avance comme un char d’assaut et aime certainement comme une machine à sous. Car enfin, seuls les chanceux gagnent le gros lot. Les autres regardent Nicolas Sarkozy triompher à la télévision” : Antonio Morales Riveira, Terra Magazine (Argentine).
De l’élégance, que diable !
“Pour son plus grand malheur, Sarkozy semble toujours frôler la “cool attitude” sans jamais l’atteindre. Il lui manque au moins 5 centimètres pour pouvoir porter des lunettes de soleil aviateur à verres réfléchissants ; grassouillet, il a tout juste 5 kilos de trop pour faire comme Poutine et tomber la chemise en public ; à 52 ans, il est trop vieux de cinq ans pour être pris en photo enlaçant la taille dénudée d’une femme de 39 ans. (…) Ce n’est pas un hasard si Nicolas Sarkozy est désormais affublé du surnom américanisant de “Président Bling-Bling”. Il évolue dans un monde tapageur, fait de paparazzi, de micros tendus et de jets privés mis à disposition par des amis milliardaires. (…) De ce côté-ci de la Manche, les maladresses du chef de l’Etat français, son côté “nouveau riche” et ses faux-pas nous paraissent tout bonnement comiques, voire rafraîchissants après la pompe empesée des années Chirac. Mais pour beaucoup de Françaises et de Français, et pas forcément les plus traditionalistes ou les plus âgés, le “Sarko show” a des allures de soap opera mortifiant, une énième preuve du fait que la pipolisation à l’anglo-saxonne est en train de phagocyter les valeurs de la France éternelle. L’économie française est dans une situation alarmante, et alors que le président part en vacances au soleil avec un cortège de 26 véhicules et une belle héritière italienne, les Français ne se sont jamais sentis aussi pauvres depuis le début des années 1990. (…) Alors que son histoire d’amour avec l’opinion française commence à tourner au vinaigre, Sarko devrait revoir son scénario et, cessant de porter son coeur en sautoir, comme il le fait, le passer au poignet, avec sa montre au luxe clinquant” : Ben Macintyre, The Times (Angleterre).
C’est Berlusconi au carré !
“A Paris, on s’est beaucoup gaussé des Italiens mais, à vrai dire, le coeur n’y est plus ; quand un Parisien rencontre un Italien, le nom de Carla Bruni ne tarde pas à être lâché, puis on repense à Berlusconi, enfin on commente les dernières pantalonnades de Sarkozy pour conclure fraternellement : « Chacun son tour ! » A eux maintenant de se dépatouiller avec un leader embarrassant. A Paris et en France, la cote du « président people » est en chute libre ; et, à propos du « Sarkoshow », depuis l’annonce des noces prochaines, les blagues vont bon train, du genre « trois mariages et un internement » et autres joyeusetés du même acabit” : Maria Laura Rodotá, Il Corriere della Sera (Italie).
Quelque chose en lui de Britney Spears
“Il n’y a pire imbécile qu’un vieil imbécile mais rien ne surpasse un vieil imbécile français, surtout quand il dirige le pays. Regardez Nicolas Sarkozy qui, transi d’amour, rêvasse dans Paris en faisant les yeux doux à Carla Bruni pendant que le reste du pays brûle des voitures ou se met en grève. Il suffit de voir Sarkozy sortir des eaux avec son top-model-devenu-chanteuse de treize ans sa cadette pour en avoir le rouge aux joues. (…) En d’autres termes, la France a réussi à élire un ado attardé à la présidence. (…) Et tout ça quelques jours après avoir rencontré Sa Sainteté le pape Benoît XVI, une rencontre au cours de laquelle Sarko a passé l’essentiel de son temps à loucher sur son portable pour voir s’il avait reçu des SMS, de la Bruni sans doute. C’est tout à fait le genre de chose que Paris Hilton ou Britney Spears, par exemple, pourraient faire, sauf que, pour leur rendre justice, aucune d’entre elles ne dirige la sixième économie du monde*” : Bryony Gordon, The Daily Telegraph (Angleterre).
Et pour que le rire amer -imaginez De Gaulle se découvrant pareil sucesseur- soit complet, voici une vidéo qui décrit les meours du président bling bling à l’étranger… En Roumanie où il embarque le stylo…
http://www.dailymotion.com/video/x4arlb_tout-ce-qui-brille_politics
Salut
( désolé, si mon post est trop long )
Merci pour le lien vers notre site pour l’Association pour Michel Clouscard, Mr Chu ! Un travail en cours comme tu le dis si bien.
( http://www.vulc1.fr/cl/fr )
Questions naïves : Vous êtes sur Marseille ? Vous êtes des professeurs-chercheurs de socio ? etc …
A propos de Gramsci, Pasolini et de Clouscard, on est au coeur du sujet actuel sur l’ “hégémonie culturelle” … Et l’actuelle crise économique qui ressemble de plus en plus à s’y méprendre à une bonne vieille crise de 29 n’arrangera rien sur l’inversion de la demande idéologique de séduction : Le ”bling-bling” marque une petite pause, mais les réformes réelles ne seront que différées.
Cependant, à propos du rapport idéologie-économie politique, bien que le travail d’étude soit en encore en cours, s’il y a vraiment un ouvrage d’économie politique que je vous conseille c’est ” La Bête Sauvage” de Clouscard ( ben oui, vous me direz que je ”prêche” pour ma paroisse )
Le mérite de Clouscard est de reconstituer l’oppression économique en mettant en rapport le procès de production ( productivisme, etc … ) et le procès de consommation mais surtout dans une analyse de classe qui se propose de dresser la généalogie du capitalisme monopolistique d’état ( bling-bling )
” Du plan Marshall à nos jours, s’est donc constitué un fabuleux paradoxe qui est constitutif de l’oppression économique : d’une part la consommation a quadruplé, d’autre part le productivisme, l’inflation, le chômage. Comment peut-on passer de « la société d’abondance » à la société d’austérité ? Notre méthode peut être maintenant résumée en deux phrases. Nous devons rendre compte de ce paradoxe en écartant l’empirisme des économistes bourgeois et le dogmatisme marxiste. En même temps, nous devons expliquer l’oppression économique en référence aux paramètres les plus élaborés de l’économisme (niveau de vie et genre de vie). ”
M. Clouscard, La Bête Sauvage, Paris, Editions Sociales, 1983. , p 23-24 ( ds 2 – Histoire de l’oppression économique )
, mise en place du CME )
cf :
http://www.vulc1.fr/cl/fr/index.php/L%27Oppression_Economique_en_tant_que_G%C3%A9n%C3%A9alogie_de_la_Classe_Ouvri%C3%A8re_apr%C3%A8s_39
Qu’en pensez-vous ?
Sylvain de Paris