Voici le tableau dont nous parlions avec caius gracchus, je vous l’offre pour les fêtes de la Noel .
Oui ce magnifique et ridicule tableau de Ingres se trouve au musée Granet à Aix-en provence. Grandiose et étrange dans sa démesure. Parce que je n’ai jamais vu un tableau de cette taille, il est plus grand que l’atelier de Courbet et plus haut que l’enterrement d’Ornans, Jupiter nous écrase de sa masse virile tandis que timidement la nymphe lui chatouille la barbe. Ce doit être le rêve secret de tout homme même celui qui feint de croire en l’émancipation féminine, je l’ai découvert j’avais 18 ans et j’ai ri devant tant de prétention machiste. Messieurs vous étiez ma part sur la terre mais quels “pompeux cornichons!”
Caius Gracchus l’a mis sur son blog pour illustrer mon article sur Nicolas et Pimprenelle en m’avouant qu’il aurait souhaité encore plus érotique. l’érotisme en matière d’art a de multiples facettes, il y a les enfers, les créateurs explicites mais il y a l’acte de création et ce qui l’inspire, un peu à la manière dont Neimeyer explique qu’il ne pense qu’à ça en dessinant des volumes et des rampes d’escalier.
Je suis convaincue qu’il n’y a pas que Sade qui écrivait d’une seule main, toute activité artistique conduit à l’érotisme, cela se sent formidablement. j’ai vu recemment au grand palais l’exposition Courbet, elle était trop serrée, les tableaux manquaient d’espace, mais il y avait une salle géniale, d’un côté la série de tableaux représentant les cavernes souterraines et leur fente, c’était le mystère qui conduisait à l’origine du Monde, et en face de la représentation de ces fentes entrouvertes sur l’obscurité de la naissance et de la mort, il y avait des peintures de tempêtes, des vagues qui se fracassaient, ce que Lacan désigne comme le mystère de la jouissance féminine, et à l’entrée de la salle un merveilleux petit tableau représentant Courbet découvrant la mer à Palavas et la saluant d’un geste large et enthousiaste… Cette salle était à mes yeux aussi érotique sinon plus que celle des nus parmi lesquels l’origine du monde, disons que c’était la même chose, que Courbet y disait la générosité de son désir, son bonheur d’être et en faisait hommage à la femme, je suis convaincue qu’il était obligé de faire l’amour en peignant. Et on trouve cette pulsion de vie dans la création sous diverses formes. Je n’ai jamais pu contempler des Picasso sans sentir cette violence du désir et en être émue. Mais comment expliquer c’est dans la peinture qu’il se transfigure…
je trouve que l’on prive les être humains de cette pulsion vitale, de cette créativité, j’en suis toujours au cri “Combien de Mozart assassiné!” pas tout le monde peut être Mozart, Courbet, Picasso pour ne citer que des forces vitales déchaînées, mais tout le monde peut enrichir son plaisir de vivre de ce que d’autres créent pour lui… cela s’apprend comme on apprend à lire… Et pas seulement avec des mots, je suis assez d’accord avec Godard on apprend le cinéma en confrontant des films entre eux. Chaque art a son langage propre… Mais je crois que tous ont en commun l’érotisme, la pulsion de vie, le désir…
Et pour revenir à l’article sur la pipolisation du pouvoir c’est cela qui me rend malade ce sabotage des êtres humains. Cette volonté de puissance qui s’égare dans l’avarice, les eaux glacées du calcul égoïste, la volonté d’être plus que les autres. Je me souviens de ce que disait Evo Morales le “vivre bien” s’oppose au “vivre mieux”… le rapport à la nature est le rapport générique de l’homme à lui-même, à sa propre nature… Il ne s’agit pas seulement de refuser de s’en emparer, il s’agit de le faire avec ce qu’il y a de meilleur en nous mêmes. c’est ce que dit Fidel castro, mettre la justice sociale au coeur de notre rapport à la nature, le faire à partir de notre capacité de création tant sur le plan scientifique qu’artistique. Ne pas renoncer au savoir, à la science mais la diriger vers la vie et non vers la mort… Vous voyez comme c’est proche de cet autre rapport générique celui de l’être humain qui n’est pas un mais au moins deux: l’homme et la femme.
Il faut retrouver la terre comme l’espèce humaine l’a découverte, conquise, nous avons avancé à partir de l’Afrique de un kilomètre par génération, en suivant le gibier, nous avons fait le tour de la terre et nous savons désormais qu’il y a la famille humaine, qu’elle est faite de nos diversité autant que d’universalité, apprenons à nous découvrir. c’est ce qui a été tenté dans ce blog. Nous continuerons à mon retour.
Mais passons à ce pourquoi je vous écris, le site va un peu somnoler… Il y a beaucoup de choses à lire, beaucoup de vidéos à voir… Jusqu’au 10 janvier, je reviendrai de temps en temps au hasard, au grè de la possibilité d’atteindre internet là où je serai… Mais il faudra utiliser les ressources de ce blog, tenter si faire ce peut, si vos vacances et vos joies familiales vous en laissent le temps de lire calmement et au fond ce que vous avez souvent survolé. Ne me dites pas non, je sais qu’il en est ainsi! Vous ne lisez plus ou vous le faite avec impatience… Vous êtes nombreux à être venus sur ce site depuis sa création le 19 mai 2007, il y a juste sept mois, il y a eu pratiquement 100.000 visites. Qu’en retirez vous je l’ignore pourtant il m’intéresserait de le savoir.
Bonne année qu’elle vous soit douce et légère.
Danielle Bleitrach
Mais comme les amis du pigeon bleu me l’ont conseillé avant de partir et il faut boire , chanter sur la table…
Alors n’oubliez pas de clickez sur le lien avant de quitter cet article

Ce que je retire de mes visites ici je vais te le confier mais je compte sur toi pour ne pas l’ébruiter.
ici je retrouve mes colères et mes doutes,
ici je trouve ce que rien ne m’a prédisposé à connaître, une élévation du savoir à travers tes et vos analyses,tes articles et il a fallu que l’on me colle le nez sur un vrai Picasso, pas un en photo, non un vrai pour que j’en prenne plein les yeux et les sens. Grâce à des communistes comme toi, comme vous j’apprends, je découvre ce que ma vie de fils, petit fils de prolos devrait m’interdire.
en réalité Danielle et autres vous remplacez ce parti qui n’est plus à sa place,plus capable de donner à la classe ouvrière sa pleine autonomie, de lui ouvrir l’accès à la culture et pas n’importe laquelle.
Ce parti des communistes qui a façonné ces femmes et ces hommes et qui leur a permis de s’élever dans le désir, la volonté de comprendre à la manière de Lénine, apprendre pour comprendre et agir mais également s’épanouir.
je trouve ici l’entêtement qui fait de tout des communistes, cette volonté de rien céder même que parfois cela ferait tant de bien, poser, se reposer mais bon omme en face ils sont organisés…si tu souffles un instant t’es mal.
je retrouve ici des camarades, que ce mot est bon à entendre quand il est franc, sincère, fraternel.
je trouve ici de la grandeur humaine et parfois les coups de semonces de Danielle.
je retrouve ici…
si c’est ça que tu as, que d’autres ont perçu de ce blog, c’est exactement ce que je veux: faire sentir, vivre, revivre ce que nous sommes nous les communistes.
Non seulement nous avons été les combattants les plus déterminés, les plus dangereux pour le capitalisme, il a senti le vent du boulet et encore aujourd’hui il fremit à ce seul mot, communisme… Mais nous avons été plus que ça, un lieu d’amitié, de solidarité, d’enrichissement individuel, nous avons été la fontaine mais aussi la plaie et le couteau…
Nous étions sérieux et gais… Un souvenir encore mon mari avait coutume d’accueillir les nouveaux adhérents par un discours dans lequel avec beaucoup de chaleur et de lyrisme il leur expliquait le sens du combat des communistes et il terminait par cette recommandation:
“Si un jour ça devient trop difficile pour toi et que tu es obligé de descendre de la charette, fais-le, va cueillir des fleurs dans les prés, mais ne la laisse pas trop s’éloigner de toi, suis-là du regard pour trés vite y reprendre ta place… ”
Danielle Bleitrach
Je souscris pleinement aux réflexions d’Alain Girard. Il est vrai que dans les années 70, le parti m’a ouvert à la culture, sans prétention certes, mais je n’aurais jamais pu imaginé que fils de mineur de fond, je puisse apprècier l’art sous toutes ses formes. Et puis , d’autres ont contribué à me former, comme Max Pol Fouchet… mais c’est une autre histoire… Toi , Danielle, tu me fais redécouvrir mes révoltes contre l’injustice, la solidarité envers les peuples (cuba, amérique latine..) et je continue d’apprendre. J’ai parfois quelques difficultés à tout comprendre, mais tes textes m’éclairent et je retrouve le bonheur d’être communiste.
Bonne fêtes à tous.
SIMBA
Eh bien tu vois danielle, ton mari était un fin psychologue mais ce qu’il disait à ces nouveaux adhérents il a certainement du le puiser dans son expérience et non dans l’enseignement scolastique.
Aussi, je viens de descendre de la charrette tout en y faisant attention parce que…
Mais je ne cueille pas des fleurs, je regarde au loin d’autres espaces qui grouillent et où se démènent des fourmis avec une volonté que je leur envie.
Je rêve que nous soyons en capacité d’imiter ce qui se passe dans ces espaces mais nous nous sommes laissés polluer…
Je ne suis pas triste car il y a encore des refuges éclairés qui nous rappellent toujours que la charrette peut toujours rouler et qu’il faut une fois le rêve estompé, fouetter le cheval pour accélérer.
Merci Danielle d’avoir évoqué COURBET, sa puissance , l’immensité de ses grandes toiles mais son ultime impertinence que tu connais certainement est délectable et mérite le récit qui est à peu prés celui-ci :
COURBET participe à la Commune de Paris et en tant qu’animateur du comité des artistes il va proposer la démolition de la colonne Vendome symbole de l’autoritarisme napoléonien. Proposition retenue et mise en application !
La Commune vaincue, les revanchards versaillais - il y en a en nombre dans ces débuts tatonnants de la III° République - vont poursuivre Courbet pour obtenir réparation , au plein sens du terme.
Aprés diverses péripéties judiciaires COURBET est condamné à payer la reconstruction de la Colonne Vendöme : une somme évidemment astronomique.
Il obtient un étalement de sa dette et doit effecteur le premier versement le Premier Janvier 1878.
Il meurt le 31 Décembre 1877 !
Enorme pied de nez aux réactionnaires vengeurs et à leur appareil judiciaire aux ordres !
Une mort en forme de défi à l’ordre établi !
Un chef-d’oeuvre de plus !
Salut les amis,
juste en face de mon lieu de vilégiature il y a un cybercafé, donc je vais venir tous les deux jours y faire un tour.
Qu’est-ce que j’apprends Estaban tu es descendu de la charette, ce n’est pas malin, il ne va plus rester que ceux qui acceptent tout…Enfin ce n’est pas à moi à te donner des conseils, de toute façon ici encarté ou pas nous sommes des communistes.
COMAGUER, je suis ravie de savoir que nous partageons aussi l’amour de Courbet… Tu oublies de décrire la fin de Courbet, la manière dont ils ont réussi à détruire cet individu plein de vie, généreux… Dans la dernière salle de l’exposition il y a des pommes peintes quand il est enfermé à Sainte pélagie comme communard, elles sont sensuelles mais tavelées comme sans doute le chagrin qui le taraude, il y aussi cette truite accrochée à l’hameçon, le peintre est à l’agonie, alcoolique, obèse, cette truite c’est lui… Ses élèves font passer leurs croutes pour des tableaux de Courbet, il s’en moque compètement… C’est une souffrance, un crime de plus des Versaillais, et quand je pense que ces ordures veulent nous inciter au repentir.
Danielle Bleitrach