Cette affaire de l’enlèvement d’enfants tchadiens nous est présentée comme le résultat de l’amateurisme d’un espèce d’exalté et de son ONG que le pouvoir au plus haut niveau, celui de Sarkozy condamne. Hollande lui proteste contre la complaisance de la France à l’égard du Tchad, on croit rêver… Bien extraordinaire cette affaire de “pieds-nickelés” qui provoque l’intervention du président de la République française et qui remet même en question l’unité des Européens derrière la France ?
La plupart de ceux qui connaissent Eric Breteau, le responsable de l’ONG, le décrivent comme un illuminé, à la limite inquiétant, et pensent qu’il n’était pas à la tête d’un réseau pédophile ou d’adoption lucrative d’enfants mais qu’il voulait lancer (avec ou sans le soutien de la France complètement impliquée dans le Darfour et tentant d’y entraîner les Européens avec l’assentiment enthousiaste des Etats-Unis) une opération publicitaire pour favoriser l’intervention militaire au Darfour . Mais regardons y de près avant de répéter avec Rama Yade que l’humanitaire ça ne s’improvise pas !
le résumé de l’affaire
voici l’affaire telle que la présente les communiqués d’agence. Les autorités tchadiennes ont décidé d’inculper les neuf Français de l’ONG l’Arche de Zoé pour enlèvement et escroquerie. Les sept Espagnols de l’équipage de l’avion qui devait transporter les enfants du Tchad vers la France, ainsi que deux Tchadiens, sont soupçonnés de complicité. Aucune charge n’a encore été retenue contre le 17è Européen, un pilote belge. “On nous a dit que nous devrions faire confiance au gouvernement tchadien. Petit à petit la situation va s’éclaircir, et nous espérons que très bientôt nos collègues seront chez eux avec leur familles en Espagne” explique Antonio Cajal de la compagnie aérienne.
Tous les inculpés vont être transférés d’Abeché vers la capitale N’Djamena, une décision prise pour des raisons de sécurité.
Ils ont été arrêtés alors qu’ils s’apprêtaient à évacuer par avion 103 enfants présentés comme des “orphelins du Darfour”. Les autorités tchadiennes les accusent de “trafic d’enfants” et les menacent de “sanctions sévères”.
Barbouzes ou illuminés ?
Il faudrait bien à cette occasion procéder à une analyse des ONG, ces organisations “non gouvernementales” qui ont fleuri dans le sillage des plans d’ajustement structurels. tandis que le FMI , la Banque Mondiale obligeaient les Etats à privatiser à tour de bras, à détruire leur système de santé, leur éducation. les institutions financières qui réduisaient a quia les peuples, les privait de leurs ressources, avaient dans leur sillage, ces ONG, véritables “dames patronesses” qui souvent retiraient beaucoup d’argent, beaucoup de subventions de leurs actions de “charité” sur un tiers-monde de plus en plus exsangue… Ces ONG sont de véritables pompes à fric et elles prolifèrent sur le malheur médiatiquement exhibé, sur la photogénie du drame… Les enfants de Zoe sont né du Tsunami et de la vague de charité.
Oui mais voilà cette ONG là ne se contentait pas de charité, elle est passé un cran au-dessus : provoquer l’émotion publique autour du Darfour… Ses dirigeants français loin d’être la bande d’illuminés que décrit Rama Yade, sont-ils des barbouzes qui ont entraîné dans leur expédition quelques complice ou innocentes victimes espagnoles ?… L’objectif était-il de populariser la guerre au Darfour grâce à quelques bambins pleurant…Quitte à voler des enfants figurants, seule l’image compte, du style celle de Bernard Kouchner avec son sac de riz… Il faut sauver les enfants affamés du Darfour…
En ce qui concerne “la tête” de l’opération Eric breteau: «Il était plus motivé par le Darfour que par l’adoption», assure Mahor Chiche, de l’ONG Sauver le Darfour, qui avait cosigné le communiqué de l’Arche de Zoé du 28 avril dernier, annonçant son intention de transférer 10 000 enfants du Darfour vers l’Europe et les Etats-Unis, dont 1 000 en France. «Il voulait faire un coup sur le Darfour», assure un autre humanitaire, qui ajoute, perfide: «Il a pris au pied de la lettre les incantations de Bernard Kouchner sur le génocide en cours au Darfour et sur les nécessaires corridors humanitaires, à l’époque où il n’était pas encore ministre.» C’était le 20 mars dernier, lorsque Kouchner participait au meeting pour le Darfour à la Mutualité, dit Libération dans son article du mardi 30 octobre (question sur un fiasco).
C’est d’ailleurs cela et le fait que le ministre Bernard Kouchner et la secrétaire d’Etat Rama Yade savaient tout, puisque les responsables de l’Arche de Zoé avaient exposé leur projet aux cabinets de Rama Yade et de Bernard Kouchner, à plusieurs reprises. Ce qui jette quelques doutes sur le rôle de l’Etat qui aujourd’hui dénonce au plus haut niveau l’ONG pour mieux se dégager de l’imbroglio .
La responsabilité de l’Etat Français
Le gouvernement proteste, l’ONG a été mise en garde : à trois reprises, le 25 mai, le 14 juin, et le 3 août, le Quai d’Orsay aurait exprimé ses réserves sur l’opération, surtout concernant son volet adoption, mais sans la condamner explicitement. Me Gilbert Collard, avocat de l’ONG, en lequel ma confiance n’est pas sans faille, assure: «La position de l’Arche de Zoé est très claire: il n’y a eu aucune interdiction émanant du Quai d’Orsay.» Mais il est peu probable qu’il mente sur ce point, il veut probablement obtenir du donnant donnant pour son client en n’éclairant qu’une partie du dossier. Il se contente d’affirmer que le quai d’orsay n’a mis en garde que contre l’adoption et que L’ONG a obéi en supprimant les références à l’adoption comme le lui demandait le Quai d’Orsay. Il a même conseillé aux familles qui pouvaient donner jusqu’à 8000 euros: parlez d’accueil temporaire!
Toujours au titre des interrogations, comment une ONG critiquée par le gouvernement a-t-elle pu bénéficier des transports de l’armée française y compris en avion? La réponse est que Breteau avait pris un autre nom de ONG Children Rescue. Tardivement ou pas du tout mis au courant de l’opération par Paris, le gouvernement tchadien ne décolère pas et cherche à savoir si, malgré ses dénégations, l’État français n’y aurait pas glissé sa patte, avant de se dégager de toute responsabilité. Une suspicion étayée par la présence militaire du dispositif Épervier excluant qu’une opération, humanitaire ou autre, ait pu se monter sans que les Français soient au courant. Les renseignements militaires et la DGSE suivaient de toute évidence les préparatifs des membres de Children Rescue. Pour la beauté de l’affaire, on fait remarquer qu’il est difficile de ne pas remarquer des gens se déplaçant en tenue de pompier puisque telle avoir été la tenue de certains membres de l’Arche de Zoé. Comme le note toujours le journal Libération, un des rares qui hier rompait avec la thèse officielle : . « A deux reprises, les 21 août et 19 septembre, l’armée française a transporté par avion les membres de Children Rescue ainsi que 2 tonnes de matériel. Or la demande de transport doit obligatoirement être faite à l’ambassade, qui dispose des listings de passagers. Personne n’a tiqué sur le nom de Breteau. Plus grave encore, pendant la semaine précédant cette opération d’«évacuation sanitaire» d’une ampleur inédite, l’information circulait au grand jour parmi la communauté expatriée de N’Djamena et plusieurs employés de l’ambassade étaient au courant. Sans réaction. Les membres de l’association ne cachaient d’ailleurs pas leur anxiété: soit on se couvre de gloire, soit on se crame, expliquaient-ils en substance.
Quant aux Tchadiens, notamment le ministère de la Sécurité publique, chargé de délivrer les autorisations et les permis de circuler aux ONG, ils n’avaient jamais entendu parler de l’Arche de Zoé. Une note détaillée a-t-elle été transmise aux autorités tchadiennes ? Rama Yade promettait dimanche un listing détaillé des démarches entreprises. On l’attend toujours…
Côté tchadien aussi, il y a des zones d’ombres. Le préfet d’Adré, à la frontière du Soudan, ne pouvait pas ignorer les activités de l’ONG, notamment ses virées dans les villages alentours à la recherche d’orphelins (lire ci-contre). Adré, base avancée de l’ONG, ne dispose d’aucun camp de réfugiés: il n’y avait donc pas grand monde à traiter sur place. Des Tchadiens ont aidé à «recruter» les enfants et à rédiger les actes d’état civil, abusant peut-être de la bonne foi de l’ONG. Et puis, Children Rescue avait obtenu une autorisation d’atterrissage pour un avion gros porteur, en vue d’une «évacuation sanitaire». Il semble bien, en revanche que le pouvoir central tchadien n’était pas au courant. »
Notez qu’il y a un côté feu Bob Ménard assez consciemment assumé chez ces “humanitaires”, ils disent comme les Affreux qui agissaient en sous main pour la France: soit on se couvre de gloire, soit on se crame… ^Si vous êtes pris la France ne vous connaît pas!!! L’ennui est que sont pris dans la tourmente quelques journalistes innocents et peut-être quelques espagnols et un pilote belge, ce qui donne une dimension internationale à l’affaire. Et le moins que l’on puisse dire est que le gouvernement français, le président Sarkozy a “lâché” les ressortissants français, ce qui est du plus déplorable effet diplomatique quitte à se reprendre un jour après. L’ensemble donnant une impression de désordre utilisé par le gouvernement tchadien.
Le tchad joue sa partie
Ce qui est clair donc dans cette affaire est la manière caricaturale dont la France, son armée installée à demeure au Tchad ont, malgré les protestations d’innocence du Président de la République et du gouvernement français, cru pouvoir agir y compris derrière une “bande d’illuminés” qui semblent plutôt être des barbouzez amateurs. Car ce qui caractérise l’ONG l’arche de Zoé est le non respect du principe de précautions revendiqué par toutes les organisations humanitaires sérieuses ” ne jamais mêler l’humanitaire et le militaire”. j’ajouterai en suivant l’exemple des Cubains, orfèvre dans le secours aux populations frappées par des catastrophes, respecter le pays dans lequel on intervient, les autorités autant que les moeurs sans parler des populations.
C’est pourquoi on croit rêver quand la seule réaction de François Hollande est de dénoncer la complaisance de la France à l’égard du président tchadien.
Celui-ci Idriss Déby utilise peut-être la situation mais il se sait en position de force, il est chez lui. Grâce à cette affaire où le ridicule le dispute à l’odieux, il peut faire la démonstration que l’on viole son territoire, la souveraineté de son pays et en appeler à l’opinion internationale, alors que d’habitude la France y poursuit de fait sa tutelle néo-coloniale dans l’indifférence générale. Dans un mois doit commencer le déploiement de l’Eufor, une force européenne de 3 000 hommes (dont 1 500 Français) censée sécuriser l’Est du Tchad et le Nord-Est de la centrafrique, deux zones affectées par le conflit au Darfour, qui a chassé quelque 250000 Soudanais au Tchad. Idriss Déby, en guerre contre des rebelles tchadiens armés par le Soudan, a lui-même armé des rebelles soudanais et manipulé plusieurs groupes ethniques pour assurer sa sécurité. Si l’on ajoute à cela que Idriss Deby a traditionnellement pour protecteur le libyen, Mouammar al-Kadhafi, qui ne veut pas d’armées occidentales campant dans ce qu’il considère comme son arrière-cour. Le fait que Khadafi est à peu près le seul chef d’Etat avec lequel Sarkozy ait réussi à nouer des relations positives, on comprend mieux la manière dont Sarkozy tente de se dépêtrer d’une situation dans laquelle son ministre des Affaires étrangères ne paraît pas tout à fait innocent. C’est une litote…
Il était entendu que la mise en place de l’Eufor devait être conditionnée par l’accueil des réfugiés et des déplacés qu’elle est censée protéger. Or la calamiteuse opération de L’Arche de Zoé a suscité une forte réprobation dans les camps et, plus généralement, dans la population. En soufflant sur les braises, le président tchadien contredit à dessein ses « assurances » quant au déploiement de l’Eufor. Les Européens sont plus que refroidis par les conditions de l’arrivée de l’Eufor.
Sarkozy a choisi sa tactique : taper à bras raccourci sur l’ONG et son inquiétant dirigeant… Quitte à négocier en sous main son silence, une transaction assez comparable avec celle qui se mène avec le Tchad.
L’impérialisme humanitaire (1)
La situation est compliquée et on le voit il y a plus de question que de réponse dans cette expédition caractéristique de l’impérialisme humanitaire. Car posons nous la question est-il plus innocent d’aller voler des 10.000 enfants, 1000 pour la France, le reste pour les Etats-Unis, et de les transformer en blessés affamés, d’en appeler à l’émotion pour favoriser une intervention militaire que personne dans la région ne sollicite que de trafiquer des enfants pour des réseaux pédophiles ou pour des adoptions lucratives ? On songe irresistiblement à l’opération des bébés arrachés à la couveuse au Koweit, cette histoire parfaitement inventée mais qui avait retourné l’opinion publique lors de la première guerre du Golfe.
Parce que la grande différence entre l’ONG qui trafique pour l’argent et celle qui cherche à provoquer et à légitimer la guerre c’est d’abord l’ampleur des dégâts, ensuite les soutiens officiels qu’elle obtient en sous main.
mais si cette ridicule expédition pouvait empêcher que la France se retrouve impliqué dans un conflit inextricable et qui de surcroît risque de déboucher sur le massacre de populations entières et de vrais orphelins blessés, ce sera une bonne chose, parce que je suis convaincue et je l’ai dit à propos de la Birmanie, que la première chose dont il faut protéger les populations autochtones est ce terrible impérialisme humanitaire qui porte en fait la justification de tous les meurtres et du chaos. Malheureusement la charité, le devoir d’ingérence ne sont le plus souvent que le masque de l’impérialisme le plus classique.
Danielle Bleitrach
(1) Il faut rendre à Jean Bricmont ce qui est à Jean Bricmont. L’impérialisme humanitaire est le titre de son livre paru chez Aden en 2006.
“Notez qu’il y a un côté feu Bob Ménard assez consciemment assumé chez ces “humanitaires”, ils disent comme les Affreux qui agissaient en sous main pour la France”
Bob Denard, pas Ménard.
Que voilà un beau lapsus révélateur !
Bien sûr que le lapsus est révélateur de mon opinion sur le dirigeant autoproclamé de Reporters sans Frontières, Robert ménard, à force de penser à lui en pensant Bob Denard, ça devait arriver…
Mais voici un interview intéressant de Antoine Glaser qui n’est pas un dangereux tiers-mondiste mais le directeur de la lettre le Continent et bien renseigné sur les questions africaines sur l’affaire de l’Arche de Zoe, il confirme ce que je dis dans l’article
1) que nul ne pouvait ignorer l’affaire même pas un espion stagiaire
2) Que c’est le bordel au quai d’orsay, il y a eu il y a deux ans la première grève diplomatique pour défaut de moyens dans les ambassades… Que tout ce monde se tire un peu dans les pattes, moins sur des bases politiques claires que sur des traditions de corps… L’antlantisme, mais aussi l’amateurisme de l’équipe Kouchner Sarkozy doit en heurter plus d’un…
3) Que tout ça va se terminer par du donnant donnant
“L’affaire Arche de Zoé intervient au mauvais moment”
Propos recueillis par Alice Pouyat dans l’Express en ligne
Les autorités françaises ont vivement condamné l’opération de l’Arche de Zoé. Question de diplomatie?
La France a pris l’initiative du déploiement d’un force européenne (Eufor) à la frontière du Tchad pour sécuriser les camps. Cette opération a été très difficile à monter, car la France n’a pas obtenu le soutien franc et massif de ses homologues européens. A ma connaissance, les Anglais et les Allemands ont refusé d’y participer, prétextant être trop engagés sur d’autres fronts. Au lieu de 4000 hommes, la force n’en comptera que 3000, dont 1500 français. L’affaire de l’Arche de Zoé intervient donc au mauvais moment. Elle freine les efforts de la diplomatie française dans la région. D’où la réaction très vive de Nicolas Sarkozy, Rama Yade et Bernard Kouchner. Ebranlée, l’opération de l’Eufor n’est toutefois pas remise en cause.
Le président tchadien Idriss Déby s’est montré très virulent, évoquant “un réseau pédophile”. Que cherche-t-il?
Fragilisé et accusé par l’opposition d’être l’homme d’un camp, il cherche à asseoir son pouvoir. Il tente de créer un front autour de sa personne, en mobilisant l’opinion contre l’étranger et contre une opération extérieure mal perçue par la population locale.
Pourquoi le Quai d’Orsay n’a-t-il pas réagi plus tôt?
Il ne faut pas sous-estimer la faiblesse de l’administration française, qui n’a plus l’argent et les assistants techniques dont elle disposait dans le passé. Sans oublier qu’il y a aujourd’hui 15000 ONG sur place à contrôler. Il ne faut pas non plus imaginer que les militaires racontent tout aux diplomates. Bien sûr, on ne peut imaginer que les services de renseignement extérieurs n’aient pas été au courant. Un espion stagiaire l’aurait été. Mais la communication ne s’est pas bien établie. Et une fois averti, le Quai d’Orsay a certainement espéré avoir plus de temps pour réagir. L’affaire témoigne d’une grande cacophonie.
Un parallèle avec l’affaire des infirmières bulgares est-il pertinent?
Non. Kadhafi avait les moyens de résister à la communauté internationale. Déby, pour des raisons internes, a été très virulent. Mais il a encore besoin de Paris qui l’a porté au pouvoir. Il va par contre tenter de faire monter l’addition, en exigeant par exemple de la France un soutien, des aides financières et militaires plus appuyées contre les rebelles.
c’est le meilleur article que j’ai lu sur le sujet (et j’en ai lu beaucoup…
utiliser des enfants pour du pétrole ….. pas bien ça. Mais quand on sait que la Chine veut tout le sous-sol du Soudan , ça met la pression et ça fait peur aussi.
Exclusif : le président de l’Arche de Zoé s’explique
France Info - 27 novembre 2007 - 06:00
Depuis sa cellule tchadienne, Eric Breteau a fait parvenir à France Info une lettre d’une quinzaine de pages où il livre pour la première fois sa version des faits. Inculpé avec cinq autres Français d’enlèvement de mineurs et d’escroquerie, il risque de 5 à 20 ans de travaux forcés.
Depuis l’arrestation le mois dernier de l’équipe de l’association humanitaire alors qu’elle tentait d’emmener 103 enfants en France depuis Abéché, dans l’est du Tchad frontalier du Darfour, Eric Breteau clame son innocence et celle de ses camarades. La semaine dernière, le président de l’Arche de Zoé confiait : “On a été lâchés par le gouvernement français. On a même été enfoncés… Mais on a des preuves et elles sortiront.”
C’est un témoignage de 16 pages manuscrites, signé par Eric Breteau lui-même, que notre reporter Valérie Crova s’est procuré. Dans ce document, l’homme revient de façon très méthodique sur ce qu’il estime être des “rumeurs”, des “calomnies sans aucune preuve”. Eric Breteau prend le temps d’argumenter point par point sur l’origine controversée des enfants ou l’implication d’un militaire tchadien. Il dément aussi formellement que cette opération ait pu être clandestine et martelle que les autorités françaises ont toujours été informées : le ministère de l’Intérieur, celui de la Justice ou des Affaires étrangères et plusieurs Conseils généraux savaient…
on trouve sur le site de France info
Les explications de Valérie Crova, interrogée par Laurence Jousserandot. (2′35″
’intégralité de la lettre d’Eric Breteau, président de l’Arche de Zoé (PDF - 1 Mo)
La déclaration d’Emilie Lelouch, assistante d’Eric Breteau (PDF - 37.1 ko)
Dès le 25 octobre, Paris s’était vivement désolidarisé de L’Arche de Zoé, qualifiant son opération d’”illégale et irresponsable”. Le président Sarkozy, tout en dénonçant une “équipée assez lamentable”, avait finalement promis le 6 novembre d’aller “chercher” au Tchad, “quoi qu’ils aient fait”, les six membres français de l’association qui y sont toujours détenus. Ces propos avaient provoqué des tensions entre Paris et N’Djamena. “La justice se fera ici au Tchad”, avait sèchement répliqué le président tchadien Idriss Deby Itno.
© RADIO FRANCE / AJM
Nouvelle confirmation des hypothèses que nous émettions ici dès le début de l’affaire…
Le quai d’orsay savait
Arche de Zoé: les accusations de Breteau
LEXPRESS.fr. 7 décembre 2007
A travers une deuxième lettre parvenue à France Info, le président de l’Arche de Zoé, Eric Breteau, met en cause Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, et Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères.
De sa cellule à N’Djamena, le président de l’Arche de Zoé, Eric Breteau, a envoyé une deuxième lettre à France Info: il y accuse les autorités françaises, notamment Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, qui aurait provoqué une “mascarade diplomatique” et le “lynchage médiatique” de l’association. Elle “n’est pas digne de représenter la France, elle est indigne de représenter les Droits de l’Homme et encore moins digne de représenter les droits des femmes!” lâche Eric Breteau.
La secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme avait déclaré que “la première victime” dans cette affaire “c’était la France”, qualifiant l’opération de l’association d’”illégale” et “clandestine”.
Eric Breteau s’en prend également au ministère des Affaires étrangères et sa “gestion calamiteuse de l’affaire”. Il pointe “une volonté de nuisance et de désinformation manifeste du quai d’Orsay”. Il s’étonne du silence de Bernard Kouchner. Selon le président de l’Arche de Zoé, le “French doctor” “aurait pu intervenir directement, et bien plus tôt, pour éviter les dérives de son ministère”.
Interrogé par France Info sur ces accusations, le ministère des Affaires étrangères n’a pas modifié sa version des faits: les services français auraient tenté de dissuader l’Arche de Zoé de mener cette opération d’évacuation d’enfants. Le communiqué du quai d’Orsay souligne que “la justice est saisie en France comme au Tchad, dans le but de faire toute la lumière sur l’ensemble des faits.”
Six membres français de L’Arche de Zoé sont toujours incarcérés dans la capitale tchadienne pour “enlèvement de mineurs en vue de compromettre leur état civil” et “escroquerie”.
JE SUIS TCHADIEN JE VIS AU CAMEROUN IL YA DE CELA 20 ANS .
JE VOUDRAI DONNER MON OPINION SUR L’AFFAIRE DE L’ARCHE DE ZOE OU DE NOE JE NE SAIS PAS TROP .
SI LES FRANCAIS ARRIVENT A FAIRE CELA AU TCHAD ? IL SAVENT DANS QUEL PAYS FAIRE CELA
1- C’EST LES FRANCAIS QUI ONT AMENE IDRISS DEBY AU POUVOIR
2- C’EST LES FRANCAIS QUI GARDENT DEBY
3- LE TCHAD EST UN PATRIMOINE FRANCAIS DEBY N’A RIEN A DIRE AUX FVRANCAIS SINON ILS VONT LE FAIRE DE LA PRESIDENCE DU TCHAD
LE FILS DE DEBY A ETE TUE A PARIS ! DEBY A FAIT QUOI ? IL DIT QUOI ? JE PARIE QUE PARMIS CES EFANTS ENLEVES , IL YA AU MOINS 4 OU 5 ENFANTS DES ONCLES DE DEBY .
D’AILLEURS DEBY N’EST PAS TCHADIEN IL A RAISON DE FAIRE CA AUX TCHADIENS .
LORS DU SOMMET DU CEMAC (COMMUNAUTE DES ETATS MONAITAIRE DE L’AFRIQUE CENTRALE) EN GUINEE EQUATORIALE ? IL Y AVAIT EU UN COUP D’ETAT QUI AVAIT BIEN REUSSI C’EST AU FRANCAIS QUE DEBY CONTINU A TUER LES TCHADIENS
SANS VOUS MENTIR LES FRANCAIS NE PEUVENT PAS ALLER FAIRE CELA AU ZIMBABWE CHEZ MOGABE ! SARKOZY VENAIT JUSTE RAMASSER LES CADAVRES DE CES COMPATRIOTES VOLEURS, VIOLEURS, BANDITS, BRAQUEURS ,INHUMAINS .
JE NE SUIS PAS TCHAD , JE DEVAIS COMMENCER A TUER AU MOINS 10 FRANCAIS .
Il y a une logique globale du crétinisme humanitairo-militaire…
Deux mille soldats français sont déjà présents au Tchad depuis 1986, dans le cadre du dispositif Epervier. Pour le ministre de la défense, Hervé Morin, les récents événements (l’arrivée des rebelles aux portes de N’DJAMENA voir ci-dessous) sont “directement liés” au déploiement au Tchad et en Centrafrique de l’Eufor Tchad-RCA, la force européenne qui doit protéger des centaines de milliers de personnes déplacées ou réfugiées en raison du conflit faisant rage au Darfour, dans l’ouest du Soudan.On ne le lui fait pas dire!!!
L’entourage du ministre Hervé Morin précise par ailleurs que la France s’en tiendra “à son accord avec le Tchad qui prévoit un soutien logistique aux forces armées tchadiennes et une aide en matière de renseignement”.
Même “neutre”, estime M. Morin, l’Eufor Tchad-RCA “va gêner les desseins des rebelles tchadiens”, en limitant leur liberté de mouvement. La France doit contribuer avec environ 2 100 hommes à cette force européenne qui en comptera à terme près de 3 700.
Nous disions déjà qu’il n’y a pas que l’arche de zoe pour faire des catastrophes, l’impérialisme humanitaire produit partout et toujours les mêmes sinistres effets.
Il y a des ressources pétrolières quelque part, le dictateur soutenu à bout de bras par la France ou une quelconque puissance occidentale, se heurte à des rebellions, cette situation instable fait craindre pour les sources d’approvisionnement.
Une campagne est menée sur le thème des droits de l’homme violés, du génocide, des femmes voilées ou un quelconque autre pretexte ce qui accompagne comme de la vaseline l’entrée des troupes, l’invasion militaire…
Nous y voilà au tchad comme partout ailleurs…
LES REBELLES À 150 KILOMÈTRES DE N’DJAMENA
Des véhicules rebelles ont été repérés se déplaçant vers le sud de la ville d’Abéché, dans l’est du pays, où les forces françaises possèdent une base, selon le colonel Thierry Burkhard, un porte-parole militaire. ”Il y a effectivement une colonne de rebelles qui se dirigent vers N’Djamena. Ils ont contourné Abéché par le sud et aux dernières informations, ils étaient à environ 250 kilomètres de la capitale tchadienne”, a-t-il précisé. ”En face, bien évidemment, les forces tchadiennes se préparent à engager le combat.” ”Nous avons un peu relevé le niveau d’alerte et de vigilance” des troupes françaises sur place, a-t-il ajouté.