La conscience comme une méduse échouée sur le sable

 meduse_cc05.jpgAprès 15 jours passés en Tunisie, je reviens avec une vision sinon nouvelle de ces pays du Maghreb, à tout le moins convaincue de notre ignorance de ces voisins si proches et si lointain. La Tunisie est une véritable caricature, un oasis bleuté, avec des parfums de jasmin, l’opacité du tourisme masque tout autre réalité, nous nous enfonçons dans cette consommation de gens et de paysages qui s’offrent et se refusent à la compréhension. Mais peu à peu, grâce à des amitiés, celle en particulier de mon chauffeur dont je tairais le nom, j’ai découvert ce qu’il appelait l’entassement, l’étouffement, la perte de l’honneur… Comment vous résumer tout cela sinon par ce qu’il m’a dit en riant un jour où je lui racontais mon voyage au Benin, ma rencontre avec le Vodou: “Toi tu peux être une aventurière, tu es Française, si tu te perds la planète entière te cherche, mais moi qui ne suis qu’un pauvre Tunisien, si un cheval me tue il recevra une prime!”

Il y a une colère, une frustration immense, une peur de l’omnipotence de Ben ALi et dans le même temps un jugement négatif sur les autres peuples arabes, les Saoudiens qui viennent acheter, humilient plus encore que les Occidentaux. Khadafi le Lybien qui possède son pays et ses revenus et prétend vivre comme un austère bédouin au point d’imposer sa tente dans le jardin des palaces… Et mêmes les Algériens qui sont considérés comme des fous toujours rebelles… Comme le dit cet article en forme de dialogue entre deux Tunisiens, nous sommes devant une conscience en mosaïque, éclatée, à la recherche d’une fusion impossible… Alain Gresh recemment faisait remarquer avec juste raison que c’est une occidentalisation dictatoriale à la Ben Ali qui nourrit le terrorisme. L’article explique que l’isalmisation, celle de ben laden, celle des hommes qui ont fait sauter les tours est passée par cette occidentalisation non démocratique.

Voilà une chose que décidemment notre gouvernement, le petit président et le petit Kouchner, ne semblent pas aptes à comprendre tant ils ont décidé semble-t-il de suivre les errances crépusculaires de Bush… Nous allons nous retrouver en guerre parce que “le choc des civilisations”, pure création folklorique, tout aussi inventée que les fausses danseuses du ventre du tourisme tunisien, créent une fausse conscience de la réalité, l’absence de respect et de dialogue… A la suite de laquelle il n’y a plus que la guerre…

J’allais oublier comme j’ai eu honte de la France en entendant un soir à la télé Hortefeux exiger des quotas de clandestin en augmentation de la part des préfets. J’ai eu devant les yeux Eichman, le bureaucrate donnant des statistiques sur le nombre de déportés et le problème de leur extermination massive. Qui ne voit pas l’horreur de ce monde où la souffrance humaine perd sa réalité ou ne subsiste plus que la bureaucratie des corps inertes et encombrants, il a son “pendant” dans la manière dont nous consommons des peuples, dont nous les forçons à consacrer leurs ressources à notre satisfaction. C’est l’outre Achménide de Darius, les condamnés étaient enfermés dans des outres d’argile, on les gorgeait de miel, et peu à peu leurs immondices produisait des vers qui les dévoraient. C’est l’image que Lénine donnait de l’impérialisme. Le lendemain matin je marchais sur la plage magnifique, qui ressemblait à un tableau de Nicolas de Staël et j’ai vu ça et là échouées des méduses énormes, violettes, de la taille d’un plateau de cuivre, et j’ai pensé voilà la conscience gelatineuse de ceux qui chez moi se sont mis en situation d’accepter que nous allions vers la guerre, mosaïque éclatée des humiliés, mosaïque éclatée de notre conscience, oui il reste à inventer la démocratie, le gouvernement de la majorité, c’est-à-dire les pauvres…

Danielle Bleitrach

 

Débat tunisien : Z et Derbali
La situation de la Tunisie désole mais excite l’intellect. J’ai pris ma plume aujourd’hui, pour tenter d’exposer à ma manière les composantes d’une totalité complexe résultant d’une situation politique particulière.
Par
-Z-
www.debatunisie.canalblog.com
http://elkhadra.over-blog.com/article-7073099.html
28 août 2007
ACTE 1
La situation de la Tunisie désole mais excite l’intellect. J’ai pris ma plume aujourd’hui, pour tenter d’exposer à ma manière les composantes d’une totalité complexe résultant d’une situation politique particulière.
Je puise mes réflexions  des préjugés sociaux émanant de mon contexte familial, d’opinions politiques défendues par des étudiants de mon âge, des jugements émis par ce que l’on pourrait appeler les « petits gens ». Aussi des situations personnelles, des drames familiaux, qui complètent le puzzle à une échelle plus réduite, mais qui semblent découler d’une même structure générale dont il me faudra par ce modeste essai révéler les tenants et aboutissants.

Le constat que j’ai pu tirer des ces témoignages c’est que notre pays se désagrège et se clive.
Mon hypothèse est que l’absence d’un vrai débat public entre citoyens constitue la source de cette division :
La confiscation du dialogue fait que des différences sociales liées à des facteurs objectifs (niveaux de revenus, croyances, origines régionales) se muent en frontières symboliques étanches entre groupes sociaux.
Ce phénomène de décomposition expose les uns et les autres aux fantasmes et à la méfiance mutuelle. Le repli sur soi qui s’en suit joue en faveur du régime qui ne craint plus la menace d’une fusion des masses.
Dans la suite de cette analyse, je brosse un portrait de certaines « identités remarquables ».
Je distinguerai quelques dualités qui se recoupent et qui ne forment pas des identités figées.
Ainsi opposerai-je les “occidentalisés” des “islamisés”.
Les “roturiers” des “bourgeois”.
Aussi distinguerai-je certains statuts ou positions sociales qui créent des communautés mystifiées et reconnues comme telles.
Ainsi en est-il de l’élite économique proche de la famille du président. Leur nombre pourtant limité ne suffit pas à minimiser l’impact symbolique que cette petite caste porte sur l’ensemble de la population tunisienne.
Ajoutons à cette caste royale, celle de ses janissaires : les policiers, appelés « Hakem », substantif singulier qui signifie l’ « Ordonnateur ». Leur nombre est difficile à estimer, puisque certains d’entre eux ne portent pas d’uniforme et se fondent dans la masse pour la contrôler.
On peut aussi identifier la catégorie des “intellectuels” (faute d’une meilleure traduction du mot « mot’thaqqef ») reconnus comme tels. Ils se divisent en deux groupes  qui se côtoient et qui se confondent au grès des opportunités. Les uns faisant le jeu du régime par leur participation à la propagande, les autres, plus discrets concentrent leurs efforts sur tout ce qui ne traite pas directement de la politique tunisienne. Les deux restent cependant  méfiants envers l’Islamisme et l’impérialisme occidental.
Occidentalisés et Islamisés

Ce qui les unit, c’est leur perméabilité à un mode de vie et à un système de pensé hérités en grande partie par des sources exogènes au pays. Ce sont les mondialisés pour le meilleur ou  pour le pire. Ils adoptent par procuration  des idées, des modes de consommation et prennent positions sur  des conflits planétaires oblitérant souvent leurs luttes quotidiennes et leurs revendications citoyennes.
Ils sont les usagers invétérés du même instrument d’information : la Télévision.
Ce qui les différencie ce sont les clefs qu’ils emploient. Les uns ouvrant les portes des canaux arrivant de cultures dites occidentales, les autres ouvrants ceux provenant du moyen orient.
Bien entendu il s’agit de vases communicants. On peut être l’un et/ou l’autre. (On pourra parler d’une certaine schizophrénie)

Ce phénomène pourrait s’apparenter à celui d’une colonisation culturelle, sauf qu’à la différence de celui-ci, il n’est pas unipolaire, non subi mais relativement choisi mais dans une marge très étroite de possibles. La télécommande est l’organe qui permet de choisir entre telle ou telle influence. Il est évident que la télévision n’est qu’un maillon parmi tant d’autres de la chaîne complexe d’influences qui conditionnent le positionnement idéologique d’un individu. Peut être même qu’elle n’est que l’outil de la manifestation de choix déjà arrêtés et définis.
On ne peut pas négliger cependant le pouvoir inducteur de ce meuble vivant qui trône au milieu des salons tunisiens et qui constitue souvent la seule source d’information et de divertissement dans un pays où le débat public a été pris en otage par la propagande.
Certains choix anodins, tels que celui de mettre en favori certaines chaînes plutôt que d’autres, pour des raisons d’affinités linguistiques et culturelles, conditionneront des choix moins anodins, tels que son mode vestimentaire ou ses positions idéologiques.
Ces influences traduisent un vide culturel et politique que le tunisien trouve urgent de remplir par le premier modèle qui se présente à lui. D’où l’absence d’esprit critique et de l’abandon de soi au modèle.
Les islamisés résument le monde à la menace occidentale incarnée par les Etats-Unis.
La religion leur fournira des grilles de lectures binaires par lesquelles ils classeront l’Occident dans la catégorie du mal et l’Orient idéalisé de l’époque du prophète comme la catégorie du bien suprême qu’il faudra restaurer. (Le fameux « choc des civilisations » de Huntington semble opérer)
Chacun à son échelle tentera de s’exprimer en défendant des idées ou en adoptant des comportements dictées par des imams cathodiques. Ainsi, la Foi se présentera pour eux comme une protection contre un mal-être politique et comme un argument pour affirmer une identité mise à mal par la détérioration du niveau de vie et par les injustices sociales. Ils imputeront plus facilement leurs malheurs aux américains et aux « sionistes » qu’au gouvernement en place.
Cela dit, quelques soient les raisons qui ont poussé à un retour en masse à la religion, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, on doit s’interroger sur le résultat de ce choix et de ses conséquences. Peut être en émergera-t-il une nouvelle vision de la société plus juste et plus fraternelle ? Faute de débat publique, nous ignorons le projet, s’il y en a, de cette tendance sociale.

De l’autre côté, nous avons les occidentalisés. Ceux-ci adoptent d’une manière ostentatoire des codes importés d’Europe et craignent tout en restant arrogants dans leur ostentation, la menace intégriste qui plane dans l’aire. Ils iront jusqu’à défendre le régime en place et se refuser à des élections libres par peur de voir les islamistes l’emporter (ce qui est très probable).
Ils établissent une échelle de valeur en fonction de la teneur en « occidentalité » de l’objet ou de la personne jugée. Ainsi, une idée serait juste si elle est exprimée en bon français. (n’oublions pas que la France reste le vis-à-vis tunisien de  ce que l’on nomme occident).
Un spectacle serait forcément « artistique » s’il venait d’Europe.
Dans les domaines plus techniques la référence occidentale s’impose par elle-même confortant une certaine illusion selon laquelle tout ce qui émane de ces pays est bien, beau, vrai, en bref authentique.
Mais cette confiance aveugle envers tout ce qui porte l’essence occidentale (car il s’agit bien d’essence) réveille un complexe de colonisé. Ainsi le tunisien  occidentalisé ne manquera pas de rappeler la décadence,  ou l’impureté de l’occidental (souvent incarné par le touriste). Il méprisera leur supposée liberté sexuelle qu’il confondra avec certaines pratiques perverses.
Il les accusera à tort ou à raison de racisme au moindre manquement de respect.

C’est pour cela que tout occidentalisé, est souvent un islamisé en puissance. Car arrivant à un certain seuil de méfiance envers la prétendue dépravation occidentale, celui-ci pour s’en protéger peut virer brusquement de bord. Le 11 Septembre et la débandade américaine fut le catalyseur de cette tendance.
Il est cependant impossible de voir un islamisé changer de bord car il s’agirait d’un recul puisqu’il est déjà occidentalisé. Le sens du progrès allant vers cette Islamisation mondialisée de la société Tunisienne.
Roturiers et Bourgeois

Cette analyse ne s’appuie pas sur des chiffres ni sur des études universitaires. Il s’agit simplement de repérer des clivages visibles à l’observateur que je suis. L’objectif étant de trouver une nouvelle nomenclature pouvant servir à de futures études plus approfondies. Je pars du principe que l’expérience empirique constitue un préalable à la connaissance.

Le découpage en classes sociales s’applique sans trop de peine à la société tunisienne. Celle-ci ne fait pas exception à la règle, elle est hiérarchisée, dans laquelle certains profitent d’autres. Il y a une sorte de différence de potentiel qui permet de faire tourner le moteur.
La ville est le lieu où cette exploitation reste la plus visible. On la voit dans les foyers des familles aisées, dans la rue, dans les bureaux et dans les usines.
Ceux que j’appelle roturiers, constituent cette population polyvalente qui migre d’un lieu d’exploitation à un autre, d’un secteur d’emploi à un autre. Entre deux embauches elle s’improvise un étalage dans un marché.
L’Etat a décidé de son sort, ou plutôt il l’a abandonnée à son propre sort en la défiscalisant et en la lâchant dans une jungle hostile.
Les employeurs alignent selon leurs intérêts de classe les salaires qu’ils lui attribuent.
Tout semble conspirer pour que cette catégorie démunie ne prenne jamais conscience de sa situation et qu’elle voit rarement ses enfants prendre « l’ascenseur  social » malgré l’obligation et la gratuité de l’enseignement. Elle se retrouve retranchée dans des quartiers populaires où la débrouille, l’improvisation, le vivre au jour le jour se constituent en véritable philosophie du quotidien.
Le silence des syndicats corrompus, l’absence de représentation politique par un parti,  expose ses protagonistes aux chants des sirènes barbues. Leur interprétation de la situation d’exploités s’exprimera en terme de résignation religieuse, une sorte d’Islam sauveur.
Ils n’accuseront pas le système économique d’être la cause de cette injustice, mais plutôt la dépravation morale de la société tunisienne.
Livrés à eux-mêmes pour subsister, ils s’adonnent à leur échelle aux mêmes pratiques immorales de corruption et de prédations. Ils se sentent à leur tour salis et voient dans le rachat religieux un argument de plus pour s’adonner à un Islam expiateur.
Pour ceux qui décident d’agir, ce sera aussi en termes religieux et c’est sur eux que les discours salafistes trouvent écho. Ils seront tentés de partir au djihad en Irak ou ailleurs pour combattre non pas le capitalisme mondialisé (si l’on s’accorde qu’une partie de leurs malheurs vient de cela), mais le Satan occidental.
Cet Islam vengeur se présente encore une fois comme un succédané qui détourne l’individu de la vraie lutte et l’envoie vers des terrains vagues où il n’aura pour ennemis que des ombres.
Quant aux bourgeois, chefs d’entreprises, professions libérales, particuliers, propriétaires terriens, ils font et sont la richesse du pays. Leur rôle est déterminant pour l’économie et se trouvent plus ou moins appuyés par l’Etat. Ils profitent souvent à leur insu d’une situation d’inégalité sociale qui leur permet d’économiser beaucoup d’argent sur le dos de leur petite main-d’œuvre docile. Ils se permettront sans peine de bafouer les droits élémentaires de leurs employés qui, le plus souvent, travaillent au noir. L’absence de syndicats efficaces permet à certains chefs d’entreprises de passer outre certaines conventions collectives en matière d’hygiène et de sécurité. Je ne m’aventurerai pas plus dans la description d’une situation que je juge d’une manière synthétique. Je ne doute cependant pas de la multitude d’exemples que je pourrai trouver pour étayer mes propos.
Cela dit on constate, devant cet état de fait, que les bourgeois -témoins de l’inégalité sociale dont ils sont les premiers bénéficiaires-  se targuent de la générosité et de la patience qu’ils ont envers ces petits gens. Ils vont jusqu’à se considérer comme les bienfaiteurs de la société par leur « prise en charge » de la main d’œuvre. Dans cette illusion de charité, ils attendant beaucoup plus de leurs employés. Ils se trouvent alors très vite déçus du manque de qualification et répondront à cette situation générale par une persécution adressée à la personne. Lorsque, lassés de voir partout cette médiocrité, ils préfèrent l’expliquer par l’incompétence de la race arabe (reproduction du discours de l’ex-colonisateur)  plutôt que d’analyser le système éducatif et la faille structurelle de la politique sociale en général.
Je ne veux pas dire par cela, que le bourgeois manque d’esprit et d’intelligence, mais que dans ce qui constitue sa culture politique -que l’Etat est sensé laisser diffuser- il n’existe pas de discours pertinent concernant la question.  Ce manquement à la culture du débat l’expose à des explications simplistes non constructives.
Pour ces mêmes raisons il cèdera à la rumeur et aux fantasmes. La caste de la famille du président produira en lui une sorte de dégoût fasciné.
Il voit en elle la source de corruption de tout le pays. Il l’accuse (et les faits le vérifient) de s’ingérer dans toute les affaires porteuses ce qui, pour notre bourgeois,  signifie: l’impossibilité de dépasser un certain seuil de progrès ou alors se vendre au Diable.
Le Diable étant souvent une source de fascination, il se présentera pour ceux qui ont décidé de s’y soumettre, un gage de réussite sociale et de pouvoir.
L’élite économique proche de la famille du président

Caste, tribu, mafia ou simplement famille du président qui par sa situation a profité du pouvoir pour s’enrichir au détriment des entreprises tunisiennes (publiques et surtout privés). J’ignore si une étude sur la question a été réalisée pour mesurer leur impact économique sur les différentes catégories sociales. Peut être que pour les travailleurs, la situation d’exploités est restée la même (elle ne peut pas être pire) et que ce sont les petits bourgeois qui crient au loup le jour où ils ont compris qu’à leur tour ils sont menacés d’injustice.
Cependant, ce que l’on peut noter c’est l’impact psychologique négatif que cette domination produit sur l’ensemble de la population. Il crée un climat généralisé de corruption, d’injustice et d’inégalité. La colère qui s’en suit, si on en croit certains, atteindra une température de fusion qui aura peut être le mérite d’unir enfin le peuple tunisien contre un ennemi fantomatique.
Mais si l’on regarde de près, on verra que cette énergie est dépensée discrètement (en famille et entre amis) dans la description du mal : on énumérera les exemples de sa manifestation, on l’illustrera en blagues et en histoires de harem qui révèlent le « génie » du peuple et son acuité. Quant à une quelconque stratégie d’action, le même qui criait au scandale se trouve muet.
Tout se passe comme si l’on ait décidé du mal pour n’avoir pas à décider du bien (J.P Sartre)
Ou alors on projette le bien dans des abstractions religieuses et idéologiques.
L’accaparation par l’Etat du débat public au profit de la propagande amplifie en négatif les rumeurs et la mystification du mal. Même si les tunisiens ne sont pas dupes de la propagande qu’ils identifient sans peine ils restent néanmoins sujets à des interprétations et des propositions aussi mystiques que le mal qui les range. Le retour à la religion se présentera donc souvent comme le remède contre cette contamination généralisée.
Ce cas précis explique que l’islamisation en Tunisie (réponse abstraite, à un problème concret) n’est pas seulement un phénomène de pauvre, mais aussi un phénomène bourgeois.
Cet Islam est à la fois sauveur et expiateur mais rarement vengeur comme dans le cas des classes inférieures.
Il est sauveur dans la mesure où le projet intégriste s’imposera pour certains de ces bourgeois comme une protection contre l’immoralité de cette caste et de la société toute  entière atteinte par ce fléau.
Il est expiateur dans la mesure où beaucoup d’entre eux, ayant choisi le camp du « diable » se sont à leur tour salis les mains. Directement ou indirectement la corruption a fini par les atteindre eux aussi. Elle leur est devenue une pratique courante qui ne cesse de les culpabiliser mais qu’ils ont appris à ménager par le rachat religieux.
La population policière :

Fonctionnaires de l’Etat, sous-payés, ils rattrapent la précarité de leur salaire par les avantages en nature et en argent qu’ils tirent du pouvoir de la fonction. (Je ne parle pas des hauts gradés qui exercent leur profession avec plus de conviction)
Gardiens de l’Ordre, ils en restent les garants dans la mesure où ils l’utilisent rigoureusement pour améliorer leur situation économique.
Ceux qui ne portent pas l’uniforme ; « les civiles », sont dévoués à une autre mission : le contrôle.
Existe une 3ème catégorie, moins visible : celle des citoyens soudoyés :
Employés, étudiants ou simplement chômeurs, qui  un jour sous la pression, ou pour des intérêts personnels se retrouvent à travailler pour le compte du ministère de l’intérieur.
Les plus séditieux, pour échapper à la torture, s’adonnent à la délation. Ils balanceront leurs amis ou les intégreront comme eux dans les rangs.
Il s’en suit, que tout civil est potentiellement un agent de l’Etat.
C’est pour cela que l’on ne parlera pas politique avec l’Autre.
Cette suspicion peut aller jusqu’à supposer contaminée sa propre famille.
Ce phénomène de cooptation peut s’avérer limité en nombre, mais c’est encore une fois son impact psychologique qui prend le dessus et qui donne l’illusion d’une infiltration généralisée.
Le citoyen tunisien s’autocensure pour ne pas courir de risque. Il croit que les murs ont des oreilles. Il préférera débattre et s’exprimer sur des sujets moins compromettant, tel que le foot ou la guerre en Irak.
« Les intellectuels »
Par «intellectuels» je désigne cette petite élite visible qui œuvre dans le monde des médias et de l’information. Je ne parle pas de certains universitaires ou des libres penseurs dont l’impact sur la population est quasi inexistant.
«L’intellectuel» en Tunisie est un statut plutôt qu’une attitude, d’où les guillemets.
Si l’on se réfère à l’affaire Dreyfus qui a fait émerger la figure de l’intellectuel incarné par Zola, grâce à son texte « j’accuse ! », on est loin, aujourd’hui en Tunisie de trouver une pareille attitude libre et dénonciatrice.
La prise en otage de la presse tunisienne donnerait pourtant beaucoup d’eau au moulin de l’intellectuel authentique qui pourrait contre cette mascarade généralisée écrire en grand caractère, « J’accuse » !
Ce que je considère comme argument suffisant pour une telle dénonciation ce n’est pas tant l’incompétence du régime, c’est d’abord ce consensus aveugle en faveur du gouvernement. Combien même ce gouvernement serait performant, ce consensus à lui seul est une raison suffisante pour un « j’accuse !».

Si une telle réaction ne s’est pas manifesté c’est pour deux raisons intriquées :
- Le régime censure et punit la contestation, c’est un fait prouvé que je n’illustrerai point d’exemples.
- Les intellectuels sous la menace se sont corrompus et ont construit un appareil idéologique compatible avec la propagande.

Deux attitudes différentes découlent de cet état de fait :
Une attitude active qui assumera pleinement cette position en soutenant délibérément le régime. (Un échantillon du quotidien La Presse illustrera abondamment mon propos).
Ses protagonistes useront de leur inauthenticité intellectuelle pour filtrer les arguments qui justifient leur position et verront dans la critique objective les signes d’un complot visant à déstabiliser la Tunisie tout entière. Se sentant partie prenante du régime, la pensée devient pour eux un outil de militantisme plutôt qu’un outil de pédagogie.
Leur compromission ne leur offre point d’autre choix que celui d’aller jusqu’au bout et d’être encore plus royalistes que le roi.
Les faits jouent en leur faveur : Le régime a effectivement réussi à hausser le niveau de vie et à contrer l’extrémisme. Pourquoi donc le critiquer ?
Selon eux, les pays occidentaux qui signalent le manque de Liberté d’expression en Tunisie ou l’absence de démocratie emploient des schémas qui ne s’appliquent pas à la « réalité » tunisienne. Ces critiques selon nos « intellectuels » sont donc ethnocentriques (car la démocratie et la liberté sont des valeurs occidentales) et donc colonisatrices.
Et c’est là encore où les faits continuent à jouer en leur faveur, puisque les Etats-Unis en brondissant l’argument de la démocratie, ont effectivement colonisé l’Irak.
En effet, leur filtre intellectuel leur permettra de puiser largement dans les erreurs et les crimes de l’occident pour décrédibiliser certains idéaux universels.
Leur usage des concepts se limitera à sa manifestation concrète plutôt qu’à sa définition abstraite. Ainsi le mot Démocratie ne se définira pas comme un idéal de concertation mutuelle ou de délibération publique, mais comme un système politique occidental destiné à favoriser l’exploitation et l’impérialisme. Ils ne manqueront pas de citer toutes ses contradictions depuis l’exploitation des esclaves par les Grecs (ces inventeurs de la démocratie), jusqu’à Bush et sa guerre en Irak (au nom de la Liberté ).
Tout en reconnaissant les avancées sociales et technologiques de l’Occident ils les imputeront aux qualités intrinsèques de sa population disciplinée et mûre. Ils opposeront ces vertus à ceux des arabes, intrinsèquement indisciplinés et donc incompatibles avec une quelconque gouvernance de type non despotique. Et là encore l’Histoire toute entière semble conspirer avec eux pour donner raison à leur thèse, puisque l’humanité ne nous a toujours pas offert une démocratie arabe.
A cette attitude active j’oppose l’attitude passive adoptée par le reste des « intellectuels » qui déploient toute leur énergie à divertir le peuple et à disserter sur les faits divers.
Leur pensée déjà réduite s’autocensure dès qu’elle affleure certains thèmes sensibles. Ils sont alors frappés de mutisme quand il s’agit, dans des champs aussi divers que la culture ou le sport de dénoncer certains dysfonctionnements liées à la corruption, ou au népotisme.
La télévision tunisienne est un bal masqué dans lequel on danse, on chante, on joue au foot, et lorsqu’on est sérieux on loue le gouvernement et on le remercie pour la fête.

Le seul mérite de cette mascarade entretenue par ces pseudos intellectuels, c’est que tout tunisien aujourd’hui identifie clairement la propagande.
Son inconvénient c’est la perte de repère qu’elle suscite. Le citoyen se trouve exposé à tous les vents et peut se trouver victime malgré lui d’une autre propagande encore plus aliénante. Je ne reviendrai pas sur le phénomène d’Islamisation lié à cette prise en otage du débat public.
Dans ce portrait sombre que je brosse du paysage intellectuel tunisien, j’oublie certainement d’évoquer les vrais intellectuels dont la plupart vivent à l’étranger. Ces derniers, libres penseurs, ne jouent malheureusement pas de rôle actif du fait de leur absence et de leur manque de visibilité.
Conclusion
Dans ce portrait de la Tunisie , il manque certainement une grande partie du paysage.
L’idée générale de cet essai étant de montrer que l’accaparation du débat par le régime ouvre la porte aux fantasmes et aux mythes et  que chaque fragment de la société selon ses particularités accroche aux mythes qui lui conviennent.
Il est évident que dans cette analyse je procède  d’une manière synthétique et cela pour des raisons purement pédagogiques. Il y a, bien entendu, des individus aux parcours singuliers qui contredisent mes schémas.
Cette grille de lecture ne veut pas figer la réalité tunisienne, elle permet seulement de construire un discours qui se veut pertinent pour un éventuel projet sociétal.
Cependant , et pour terminer sur une note optimiste, le vide politique lié à ce que j’appelle « la prise en otage du débat public» est une occasion à saisir pour en amorcer de nouveaux tout  en prenant garde à ceux qui en profitent pour assouvir leurs intérêts particuliers.

Les Tunisiens ont au moins compris que le message de la propagande est vide. Ils l’ont identifié et ils l’ont même neutralisé. Mais cela ne suffit pas.
Il faut maintenant réfléchir à un projet concret et réalisable qui puisse nous unir.
Je ne possède pas de compétence en la matière, mais j’observe des initiatives individuelles  sur la toile qui me semblent aller dans le bon sens. Malgré la censure du régime, des foyers de débats émergent un peu partout et font circuler des idées constructives qui feront peut être boule de neige.
Une conscience politique se prépare par le canal du web…
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Candide : Ou réponse au texte”Le débat confisqué” de _Z_
Par  Derbali.
 http://elkhadra.over-blog.com/article-7080420.html
Je crois sincèrement que tes réflexions, si elles sont le fruit des préjugés sociaux qui dominent le microcosme  tunisien, comme tu l’écris, plus précisément dans ton cas,  le petit cercle familial et quelques amis étudiants, je crois et j’affirme qu’elles sont conditionnées par des normes qui ne sont pas représentatives. Le problème au jour d’aujourd’hui , c’est qu’aucune analyse politique ou recherche empirique, grâce à la censure et au conditionnement de la dictature, ne peut être réellement crédible ou fiable, à partir de là,  toute opinion « personnelle » représente  un état d’esprit particulier et obéit  plus ou moins à des codes et des absolus claniques  dans le sens idéologiques ou politicien du terme, la dictature  a enfermé la pensée politique tunisienne dans ses propres contradictions, contradictions  orphelines de toute forme de légitimité, puisqu’’ on est tous limité dans l’esprit et la lettre par des préjugés, impuissants à prouver, la preuve reste  l’opinion virtuelle du peuple tunisien et ses vérités multiples, les quelques activités militantes fragmentés de certains et la condition  des prisonniers politiques et leurs familles, familles civiles et politiques bien entendu. Les positions  des uns et des autres  ne pourront être claires que dans la pratique d’une vie politique démocratisée, ou du moins normale, aujourd’hui elle n’existe pas en Tunisie, l’opinion d’un cercle réduit à quelques connaissances ne peut refléter quoique ce soit , ni prétendre à aucune légitimité, par la force des choses, parce que la visibilité fait force de loi , et c’est ce qui se passe pour l’opinion  internationale, grâce aux manipulations de la dictature, la seule force politique constituée et représentative en Tunisie, est bel et bien le RCD, un parti criminel et usurpateur, il fait d’ailleurs partie de l’internationale socialiste, et ce n’est pas le petit groupe timoré de BEN JAAFAR qui appartient à la même internationale  qui pourra y changer quoique ce soit, lui aussi ne possède aucune base réelle, et encore moins que le RCD,  il n’a pas les moyens humains et matériels  de sa pérennité,  nous autres tunisiens nous savons bien que la  légitimité du parti unique le RCD repose sur le mensonge et la calomnie, l’usurpation et le monopole  de la visibilité politique,  par la violence, l’arbitraire,  la torture et la forfaiture, mais ce qui est une réalité cuisante pour les Tunisie, n’est qu’une péripétie pour l’extérieur, or la dictature tunisienne , ce qui légitime son existence, c’est bien l’extérieur, c’est-à-dire l’étranger, et dans tous les termes, pour essayer de répondre à la première partie de ton texte,  ce ne sont pas  les contextes familiaux des uns et des autres , les réflexions conditionnés et fragmentés des uns et des autres qui font une politique d’opposition, une dynamique de renouveau capable de renverser le cours de l’histoire et de démocratiser la Tunisie , mais bel et bien  l’affirmation d’un être tunisien  cohérent, assumant sa condition et ses idées,   qui portera la contradiction à la dictature face à ses pauvres prétentions, cela ne pourra être et se faire que dans une mobilisation et une analyse collective des tunisiens, de tous les tunisiens sans aucune exclusion et  qui refusent la dictature, d’une façon radicale et pragmatique. Oui encore une fois, un front uni de démocrates qui se limitera aux réalités du vécu historique des tunisiens sans aucune exclusion, de ses réalités culturelles présentes  et de la conjoncture où ils se débattent quotidiennement pour survivre. Personne honnêtement ne peut préjuger de l’état des forces qui composent l’opposition tunisienne, dans ce cas, il s’agit donc pour tous les militants des droits de l’homme, quelques soient leurs singularités, de dépasser les contingences, et les préjugés et de se limiter à l’essentiel, c’est-à-dire à se projeter dans l’avenir avec un objectif clair qui peut-être stratégique dans la durée,  mais qui obéit à des règles  modernistes et démocratiques, en clair ceux qui s’engagent dans le combat  contre la dictature doivent accepter l’alternance, le jeu démocratique, les règles , la primauté des institutions sur l’idéologies, sur l’appartenance, le communautarisme, le clan , la tribu etc…

Je suis tout à fait d’accord avec toi sur ton  constat, en ce qui concerne la désintégration et le clivage du pays, ainsi que de l’absence de vrai débat, mais à qui la faute ? L’image que donne l’opposition d’elle-même  est puérile, elles reproduit  les mêmes tares qui finiront par détruire la dictature, copinage, clanisme, sectarisme, égocentrisme et j’en passe et des meilleurs, je comprends parfaitement , devant cet état des lieues et ce gâchis, ceux des tunisiens et ils sont nombreux, surtout parmi les jeunes qui se détournent de la politique, qui  ne pensent qu’à profiter de la vie, de préférence loin du pays, et  qui s’enferment dans un égoïsme supposé être protecteur,  mais  malheureusement ,et ceci dit  ce que tu énonces et écris sur ce chapitre , tu le contredis dans le paragraphe précédent  et un peu plus loin aussi. Où je me permettrais  de te le rappeler
Les termes que tu utilises, »occidentalisés », « islamisés », « roturiers » , »bourgeois » me semblent  tenir de la confusion, la majorité des «  islamisés », du moins ceux qui sont dans l’action et le radicalisme le plus visible et le plus nihiliste, sont des « occidentalisés » pour schématiser selon  tes codes , en Tunisie et aussi dans le monde arabe, « roturier » et « bourgeois » n’ont aucun sens étymologique, qui est roturier et qui est bourgeois dans notre société post coloniale, jeune et défigurée ? En Tunisie, la vieille bourgeoisie turque qui avait colonisé les NOUZOUHS arabes, n’a aucune survivance dans le subconscient tunisien d’une façon générale, si tu désignes  les nouveaux  riches, des voyous  et des droits communs comme « bourgeois » par opposition à la très grande majorité des tunisiens qui sont pauvres, appauvris  par la piraterie des tyrans, et qui  deviennent par ton  tour de passe-passe des roturiers malgré eux, c’est  accepter le fait que la dictature de ben Ali est une monarchie de droit divin. Dans le fond, les choses sont très claires en ce qui concerne  la société tunisienne, des pauvres qui n’arrêtent pas de sombrer dans la dégénérescence et la misère, la majorité des tunisiens, une classe moyenne plongée jusqu’au cou dans l’affairisme, et  qui survie par l’endettement, sous le chantage et la pratique à une échelle industrielle des pots-de-vin,  et enfin au sommet de la pyramide,  une maffia qui spécule à tout va sur les biens du pays et ses habitants.

Nous avons besoin d’un réformisme radical sur tous les plans, c’est en premier lieu  le travail de fond d’intellectuels dignes de ce nom, pas comme la plus part  des intellectuels tunisiens planqués dans le reniement et la médiocratie, alimentaires et serviles , louant un pouvoir illégitime, des  flagorneurs  du fait du prince ; les rares intellectuels tunisiens qui relèvent le défi de l’intégrité et de l’esprit sont impitoyablement censurés, pourchassés et opprimés, le rôle des intellectuels  est un rôle de veille ,du choc des idées et de la remise en cause de tous les pouvoirs, de tous les dogmes pour faire face au triple bouleversement permanent qui secoue la planète, et par voie de conséquence la Tunisie , , bouleversement  technologique , bouleversement géopolitique , bouleversement socioculturel , ces bouleversements  sont inscrits dans l’acte républicain, démocratique et citoyen qui doit être transmis  par  les intellectuels  et vulgarisé pour le peuple, un acte qui permet au plus grand nombre , à ceux qui le désirent d’acquérir l’accession possible à la connaissance, la créativité, la solidarité, la pratique citoyenne,  recherchées en lieu et place de l’ordre hiérarchique et de la compétitivité sauvage ,ainsi que  le civisme, le sens de la justice et du droit, en fait tout ce qui remet en cause  le chaos dictatorial. Voilà ce que je crois être notre réalité de tunisien sous le joug d’une dictature totalitaire, et pour contrer ce danger d’une possible prise de conscience générale de notre peuple, malgré tous les handicaps exogènes ou endogènes qui le saturent,   la dictature se paye avec une stratégie de répression toute azimut contre les quelques intellectuels courageux, tout en faisant la part belle, dans son système de propagande, un de ses piliers et fer de lance, à des « intellectuels » mercenaires, ayant pour mission de sceller par le bas le génie tunisien, et de l’écraser sous une chape de plomb médiocrate, et une main de fer policière.
Les islamisés ? Ce mot qui rappelle plutôt les croisades et que tu emploies en le saupoudrant d’autres qualificatifs méprisants et péjoratifs comme « barbus » etc…, ce mot n’a aucune vérité fondamentale en Tunisie. Dans le cas tunisiens, il est aberrant  de faire croire que l’Islam est le fait d’une petite secte paranoïaque et schizophrénique qui se tient face à un petit groupuscule d’aliénés à l’occident, là c’est du simple verbiage qui fait l’impasse sur toute la réalité historique et le cosmopolitisme culturel tunisien, la très grande majorité des tunisiens sont musulmans bien avant les chaînes satellites et les exploits des fous de Dieu, l’intégrisme, dit tunisien,  est une invention de la propagande dictatoriale et certains milieux staliniens, plus rouges- bruns que démocrates, et qui sont eux les véritables alliés de la dictature qui pratiquent une forme d’intégrisme  qui tient du terrorisme intellectuel, affirmer que l’islam politique tunisien avec toute sa diversité  est au service du pouvoir de BEN ALI,  tient de la malhonnêteté intellectuelle, cet islam politique n’est pas/est ENNAHDA , ses caciques et GANNOUCHI, il a existé depuis des siècles , a été dans toutes les luttes pour la libération de la Tunisie , des réformes  et de la diffusion du savoir, pas seulement religieux, mais ton point de vue  sur la question, et  en mettant de côté mon argumentaire, ne tiendra pas le choc  dans une analyse sociale et culturelle approfondie de la société tunisienne ;une société qui, si un jour pourrait librement  se prononcer sans aucune entraves sur sa condition humaine, son devenir, ses choix les plus intimes, ne renoncera jamais  à ses racines et ses repères arabo-musulmans , même si  elle est séduite par les biens de consommation importés d’ailleurs, ou copiés en Tunisie, car si elle renonce à ses repères, elle disparaîtra tout simplement en tant que nation constitué. D’autres parts si on spécule sur l’avenir  d’un peuple, en retour  on doit tout simplement travailler pour qu’il puisse librement donner son avis.
Si le choix des tunisiens dans le cadre d’une Tunisie démocratique se porte sur un parti  musulman, un parti inscrit dans les limites des institutions et de la constitution ce n’est pas  le  risque d’une islamisation de la république comme tu sembles le craindre, ou comme la propagande de la dictature et des rouges- bruns , ceux d’ETTEJDID et de la légion étrangère le déclarent au monde entier, mais tout simplement l’expression mature, responsable et progressiste d’un peuple qui a subit plus de cinquante années de dictature sanglante, et la stupidité d’un personnel politique incompétent et limité. Ce choix sera un choix normale  dans une Tunisie apaisés  et débarrassée de ses tares, moi, parmi d’autres,  qui met la démocratie et la responsabilité morale et civique des êtres par-dessus tout, qui croit à la rédemption de l’Homme et du tunisien  en particulier par le dialogue, l’ouverture, la pacifisme, je refuse catégoriquement  l’ânonnement des stéréotypes de ce genre, et d’être prisonnier des phantasmes artificiels et fascisants  de la théorie des chocs de civilisation, il faut être limité  et probablement débile pour croire que le mode de vie   des wahhabites, des salafites et des talibans, de tous ces archaïsmes morbides, ou les horreurs staliniens ont  une quelconque chance de séduire la majorité des tunisiens, ou que le discours des gens comme GANNOUCHIS et son émirat, de HERMAL et ses collabos puissent accroché  la très grande majorité des tunisiens pieux et pratiquants, mais pas suicidaires. L’islam étant la religion prédominante des tunisiens, qu’il puisse avoir sa réflexion politique est plus que normal , c’est même nécessaire pour le fonctionnement d’une véritable démocratie tunisienne, et pour la lutte contre toutes les déviances et l’intégrisme , sur quelle base peut-on continuer à mettre en question la légitimité de l’engagement et les prétentions d’un islam politique tunisien, surtout dans une Tunisie où ce dernier  a toujours constitué un pan considérable de l’éventail politique ? La réponse est qu’il n’existe aucune base logique, aucun argument  qui puisse justifier une démocratie sélective.  On ne peut en dire autant de certains « occidentalisés » tunisiens, qui furent  souvent les alliés paradoxaux d’une dictature policière qui les a manipulés, utilisés, et qui continue à s’en servir comme alibi et hommes de paille.
Une Tunisie démocratique doit être  le fruit d’une opinion majoritaire, sans parenthèses, ni virgule, ni exception  et, dans notre pays cette opinion majoritaire ne peut se dégager que d’une alliance entre des forces  différentes et sous l’auspice  d’institutions  modernes et respectueuses des droits humains, c’est l’expression d’un consensus républicain qui affaibli les ambitions idéologiques monopolisatrices des uns et des autres ,le tout dans le respect de la volonté majoritaire de la population pousse au droit, et au respect  des principes d’équité à l’égard des autres composantes de cette société. D’autres part le terme « islamisés » n’a aucun fondement  lexique , historique ou sociétal, il est très choquant, tu l’emploies  légèrement comme si la Tunisie fut islamisée  depuis quelques temps insignifiants,  et au fil de l’épée, alors que l’islam dans notre pays existe depuis des siècles, il a été adopté et même choisi  par les quelques tribus indigènes,  qui grâce à lui sont devenues une nation, il a fédéré, prospéré , participé et donné naissance à une civilisation universelle, il a dépassé largement le cadre religieux pour être dans la cité et la culture, les rapports sociaux et économiques. Il s’agit pour moi, non pas de défendre cette civilisation en qui je me reconnais, coûte que coûte, mais  de reconnaître des  vérités humaines immuables à nos recherches d’émancipation, en bref, notre futur comme notre présent  sont déterminés par notre passé, et le but des démocrates et des progressistes est de travailler à ce que ce futur s’inscrive  dans l’excellence, dans le progrès et la réforme, cela ne pourra se faire qu’avec subtilité et tolérance, en évitant les déchirures et les reniements inutiles, en donnant à la subjectivité de la mémoire collective  sa place, sans se lier  à ses suppliques émotionnelles, tout juste parce que le monde change, et il n’est pas figé dans les paradoxes et les contradictions  du genre, selon qu’on soit riche ou pauvre, faible ou puissant, musulman ou pas.
Plus ou moins d’accord avec ton chapitre concernant la référence occidentale, disons plutôt plus , mais encore une fois, il ne s’agit pas de trouver un coupable  aux malheurs de la Tunisie   contemporaine, la faute est largement partagée par tous, y compris par l’environnement  cultuel  tunisien, il ne s’agit pas de dresser des bûchers, il s’agit  de faire en sorte que notre pays  se libère et brise ses chaînes, accède à la modernité et au progrès ;  par la suite bien sûr,  il faudra un travail historique nécessaire, un travail  qui sera complété  par un travail juridique évident aussi, pour pérenniser la justice et le droit dans notre pays et dans les mentalités tunisiennes, c’est le seul véritable moyen que nous aurons pour tourner définitivement  la page de la dictature et de ces plus de cinquante ans vécus  dans l’opprobre par notre peuple et à fond perdu.   Le complexe du colonisé, il faut bien lire F.FANON, dans notre cas, il est dans notre rapport conflictuel avec le colonialisme et le néo-colonialisme, pas avec l’arabité ou l’islam, car ce n’est pas la faute des tunisiens, des marocains, algériens, égyptiens, maliens, sénégalais ect…. si la terreur coloniale d’hier, celle néocoloniale de la mondialisation, de l’ultra libéralisme, et leurs  chiennes de garde, nos dictatures locales et leurs affidés, aujourd’hui  représentent  ce que l’occident  a de plus négatif , de plus opaque , de plus belliciste et de plus virulent.
Souvent dans ton texte, excellent par ailleurs, ne serais  que parce qu’il invite au débat,  tu confonds l’islam des mœurs et des traditions , celui « officiel » instrumentalisé par la dictature, avec tout ce que cela comporte de fonctionnaires et de miliciens aux ordres, et l’islam politique avec  ses tendances, ses activistes et ses penseurs, tu pourrais lire M.TALBI sur l ’ISLAM  de la cité, KARKER sur l’analyse politique ou économique , dont la pensée  dans l’esprit et la lettre, ce dernier est plus proche du GUEVARISME  et de HACHED sur le plan de l’organisation syndicale que d’un stalinien comme HERMEL ou un gauchiste infantile comme H.HAMMAMI, d’un Tariq Ramadan au niveau du dogme et de la liberté religieuse que d’un GANNOUCHI surfant sur des archaïsmes génétiques, tu pourrais lire l’immense M.MARZOUKI et ses réflexions sur la société tunisienne  démocratique, une société  accomplie de par ses solidarités, ses perceptions et ses teneurs, débarrassée de ses lourdeurs, qu’elles soient religieuses ou idéologiques. Quand aux musulmans djihadistes tunisiens, tes propos à ce sujets  ne sont pas sérieux, en Tunisie et dans la lutte pacifique contre la dictature, il est aberrant de ne pas reconnaître les sacrifices humains de la très grande majorité des musulmans politiques tunisiens, qui n’ont rien à voir avec l’extrémisme armé et  qui n’ont jamais été tenté par la violence, malgré les horreurs du régime de Ben Ali, ceux des djihadistes tunisiens qui ont fini en IRAK ou partout ailleurs, ils ne sont pas nombreux, et ils sont dans une démarche internationaliste qui n’a rien à voir avec l’islam politique tunisien, ces derniers assument leurs choix au prix, souvent de leur jeunesse et de leur vie, et même, c’est à l’histoire de les juger , je refuse que l’ont se sert de ces brebis égarés  dans une stratégie de manipulation et de désinformation, la dictature le fait  mais cela tient de sa mentalité et de sa « morale », mais que des prétendus opposants le fasse, c’est une fatale contradiction  avec le message démocratique, tolérant, transparent  et juste qu’ils essaient de faire passer, péniblement, aux tunisiens.
Désigner la ferveur religieuse, bonne ou pas bonne , là n’est pas la question, tout est relatif en ce domaine comme en politique d’ailleurs, comme un retour  à la religion des tunisiens, ou une opération d’islamisation de la société tunisienne, me paraît pour le moins  hasardeux et sans aucune forme de réalité, ce genre d’analyse à l’emporte pièce,  fausse le débat, et quelques part justifie les pratiques de désinformation du régime, sur le plan purement humain, débiter ce genre  de contre- vérités,  c’est aussi supposer  que la société tunisienne  vivait un âge d’or au dix huitième , dix-neuvième, et vingtième siècles,  où le religieux  n’existait plus dans notre pays, et que ce retour, aujourd’hui,  est un acte de désespoir commis par des tunisiens incultes et ignares, c’est-à-dire  la majorité des tunisiens, cela rejoints en quelques le sorte le discours de la dictature, elle qui accuse la religion d’être la mal absolu dont souffre la Tunisie , et que les tunisiens,  à partir de là, sont irresponsables et immatures  pour prendre  en charge leurs vie et les affaires de leurs pays. Encore une fois,  je ne crois pas que la religion et l’islam en particulier soient le problème en Tunisie, le problème de notre pays, c’est en premier lieu la dictature qui est la source de tout extrémisme, extrémisme, que l’opposition tunisienne  refuse d’en être la victime et mieux encore de le pratiquer, le second problème vient d’une minorité  de politicards matérialistes qui pensent un tunisien nouveau , artificiel, sans racine et sans adresse, et qui nous mijotent  les vieilles recettes d’un rêve matérialiste révolu, un délire qui a coulé corps et âme en ne laissant que ruines et décombres, et des millions de morts par son arbitraire et son terrorisme, bien plus de morts dans le monde par  planification idéologique, que le nazisme par exemple. Affirmer que l’islam politique tunisien est un réflexe impérialiste, conservateur , voire d’extrême droite, c’est nier à ce courant toute son Histoire, c’est-à-dire la plus grande partie de l’Histoire de la Tunisie , l’Islam politique tunisien par sa composition sociologique, humaine et intellectuelle, est au contraire très représentatif  de toutes les classes qui composent la nation tunisienne, dans sa majorité, il est révolutionnaire et  même idéologiquement plus proche de la social démocratie, que de la droite classique et judéo-chrétienne, il suffit de s’arrêter honnêtement à ses structures et ses engagements,   et effectuer une analyse empirique  des origines et du cursus universitaires de ses représentants, des prisonniers politiques tunisiens  qui sont pratiquement tous des islamistes, la plus part d’entre eux, au vu de leurs âge n’ont aucun rapport avec la NAHDA historique et ses rétrogrades caciques, pour constater  que dans leurs immense majorité, ils viennent   des milieux populaires, voire du lump un prolétariat, et qui sont d’un niveau d’étude  supérieur, dans ce cas précis, le niveau des connaissances est important car il donne à ces gens,  les outils nécessaires à des choix déterminés, et à l’assumassions de ces choix, à partir de là, personne n’a le droit,  surtout quand on se prétend démocrates,  de dicter à ces tunisiens leurs conduite, ni à les marginaliser de l’espace et du débat politique, aucune démocratie ne peut faire l’économie d’un dynamique aussi vivante, évidente et authentique sous de fallacieux prétextes idéologiques, et des préjugés racistes, les idées d’un homme comme M.MARZOUKI me touchent beaucoup, et je suis entièrement d’accord avec un de ses écrits, lorsqu’il affirmait  en insistant sur l’alliance des islamistes tunisiens  avec les partis dits de la gauche démocratique, dont son mouvement le CPR, que la plus belle réussite des démocrates tunisiens, c’est d’avoir amener ces islamistes tunisiens à accepter sans aucune condition, les règles du jeu démocratiques.

La corruption est aujourd’hui le plus grand drame de la  société tunisienne, érigée en un véritable système de gouvernance et de contrôle par la dictature, elle s’est installée durablement  chez les tunisiens de tout niveau et de toute origine, c’est une des seuls réussites  des régimes tunisiens post coloniaux , elle  prend une dimension culturelle qui ne pourra être combattue  sur le long terme, que par l’éducation  et les programmes scolaires, et cela ne pourra être et se faire, que dans le cadre d’une Tunisie démocratique ; où les recours seront nombreux et le droit  limitatif à toute forme de déviance qui viendrait à attaquer les intérêts collectifs de la nations, ou les rapport normaux entre les citoyens. Donc la corruption des fonctionnaires, des policiers, des personnes, est un phénomène tout à fait « normal » dans une dictature comme la dictature tunisienne, c’est même l’un de ses atouts de survie.   Ce qui est plus grave encore, c’est la part invisible de la corruption, celle qui touche uniquement les administrations publiques et l’argent des contribuables. Les chefs d’entreprise, les entrepreneurs tunisiens, qui font partie pour la majorité d’entre eux du parti unique le RCD,  et du sérail dictatorial, ne sont jamais  condamnés malgré les nombreux scandales, et que dire des politiciens et autres technocrates au service de la dictature, des hauts fonctionnaires coupables des méfaits encore bien  plus graves. Car ces derniers bénéficient de relations, sont protégés par l’immunité « présidentielle » et peuvent se cacher derrière l’opacité des fonds publics. Lorsque la présidence et non pas une administration, comme dans toute démocratie, attribue, par exemple, une subvention à une association d’une utilité imaginaire, il s’agit bel et bien d’une forfaiture, et les associations au service de la propagande de la dictature à un ou deux membres se comptent par dizaine en Tunisie, certaines associations qui se disent démocratiques et d’opposition, comme la fumeuse association des femmes démocrates tunisiennes, émargent aussi à ces pratiques.
 
L’interventionnisme de la dictature  à tous les niveaux de vie des tunisiens, par le biais de ses fonctionnaires, du simple policier au général d’armée, du colleur d’affiches- délateurs du parti unique au ministre d’état, instaure des monopoles, crée des formes de corruption et le clientélisme nécessaire à son fonctionnement, qui reste du seul domaine du non- droit. Au-delà des connivences entre décideurs administratifs attentifs à l’offre et la demande des sicaires du régime, la boulimie  excessive des cercles familiaux et proches du dictateur tout puissant, s’avère aussi être une possibilité idéale de création d’un système parallèle de « débrouille » et de clientélisme, qui tient plus de la logique du grand banditisme que de celui  de la simple réaction politique. De même, la pratique de l’intermédiation en matière de marchés publics et de délégations de service public, très  souvent confondus avec les affaires privées de quelques uns,  ont amplifié la corruption. L’argent public tunisien n’est  pas soumis à des contrôles, ainsi  que les aides ou les supposés prêts accordés aux tenant du régime.          .
L’avènement de la démocratie,  fera  émerger la vérité sur la réalité de la dictature qui a dévasté la Tunisie depuis son indépendance,  et remettra en question en question,  sérieusement,  les pratiques des médias tunisiens et les plumes de services qui, par mauvaise foi, par servilité vis-à-vis du pouvoir, avaient  manipulé l’information, et véhiculé une propagande policière digne  des régimes les plus totalitaires  que l’humanité a connu, mais un arbre ne cache pas la forêt , il existe des intellectuels tunisiens qui ne se sont jamais abaissé à être des mercenaires de la dictature, malgré les violences et les horreurs, l’ignominie et l’arbitraire dont ils furent victimes, eux,  leurs familles , leurs proches et leurs amis. Ces médias, qui sont les principaux vecteurs de la propagande des pouvoirs économiques, politiques, policiers qui saignent la Tunisie ,  devront aussi assumer l’héritage de la dictature. En Tunisie, les medias sont et resteront au service du pouvoir. Ils mentent avec préméditation. Et lorsque l’on commence à mentir, on n’arrête plus le mensonge. La Tunisie est gérée par le mensonge. Informer signifie définir, et montrer la réalité, en Tunisie informer c’est rédiger  et coller- copier avec zèle le fait du prince. Les médias tunisiens  sont l’administration aux ordres qui sert de lupanar pour de pseudos intellectuels, des fonctionnaires de la plume, alimentaires et indignes. Ce sont tout simplement  les médias d’un régime totalitaire, dans lequel, toujours plus, tout, même la vie quotidienne de chaque citadin, est sous contrôle.
Aujourd’hui en Tunisie, la politique de la dictature est la politique des medias. Cela ne signifie cependant pas que les medias contrôlent les tunisiens, ces derniers ne sont pas naïfs et savent séparer le grain de l’ivraie, pour preuve la médiocrité  des ventes de journaux ou de l’audience des radios et télévisions, battus à plate couture par les médias étrangers libres. Je t’invite à réfléchir  à cette citation du grand ORWELL.
« Le plus effrayant dans le totalitarisme n’est pas qu’il commette des ’’atrocités’’, mais qu’il détruise la notion même de vérité objective : il prétend contrôler le passé aussi bien que l’avenir. »
Je crois sincèrement que la démocratisation de la Tunisie correspondra  à l’aptitude des tunisiens, du moins des tunisiens consciencieux et libres à agir, et à agir de façon concertée. A partir de là, il faut éviter les fantasmes homogénéisateurs, il faut absolument composer avec  la diversité des êtres tunisiens, faire du multiple enrichissant un UN mobilisateur et efficace. La démocratie repose sur un fait, la pluralité humaine. L’équation difficile de la politique démocratique qui doit coûte que coûte donner naissance à la Tunisie moderne consisterait alors à bâtir un espace commun sur la base de nos  différences, mais sans les annihiler. Pas de démocratie, en ce sens, sans un pays et un avenir  communs, convergences, réciprocités, solidarités. Mais pas de démocratie non plus sur le cadavre de la pluralité, comme disait SARTRE.
 
 
 

  

4 Réponses vers “La conscience comme une méduse échouée sur le sable”


  1. 1 yazid 18 septembre 2007 à 9:59

    merci pour la qualité de ces deux interventions. heureusement q ul existe internet pour s informer se cultiver et comprendre le monde dans lequel on vie

  2. 2 Derbali 19 septembre 2007 à 9:50

    Merci Danielle pour ton travail, ta disponibilité et ton courage.Derbali.
    derbalinekba7nov@hotmail.com

  3. 3 jeremy ferblate 12 novembre 2007 à 10:22

    Bravo ta creation est tres belle je suis fiere de toi. Je fait un projet sur les meduses et cela ma beaucoup aidee merci mille fois.

  4. 4 Aliane Kachtoun 16 mai 2008 à 11:06

    http://tunisie-harakati.mylivepage.com

    Ben Laden a fait plus de mal après les attentats que pendant. Des millions de personnes sont aujourd’hui touchés par la répression et la torture de quelques états qui ont saisis cette opportunité pour créer des nouvelles lois antiterroristes, pour supprimer encore plus les libertés, pour réduire au silence…….Un terrorisme qui sert la cause de quelques dictateurs ou inconscients qui au fond ne valent pas mieux que Ben Laden.
    La Tunisie a ternie son miroir avec ses dérapages à répétition sur le thème des droits de l’homme. Un pays de tourisme qui en arrive à incarcérer ses propres animatrices de tourisme tels que madame Sameh Harakati est un pays qui a perdue la raison.

    http://tunisie-harakati.mylivepage.com

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