C’était la thèse centrale de notre livre “les Etats-Unis de mal Empire”. Les Etats-Unis vivent une crise très profonde, crise financière avec un endettement abyssal, le Japon mais surtout la Chine comme principaux créancier, le dollar ne tient que sur une confiance de plus en plus incertaine… Crise militaire, l’énorme puissance militaire des Etats-Unis est incapable de faire face à la révolte des peuples, elle a été conçue comme dans le cas du nucléaire (voir l’article) pour un affrontement quasi-égalitaire avec une grande puissance, mais les Etats-Unis ont beau inventer des ennemis “terroristes”, des nouveaux hitler, la disproportion rend d’autant plus patente leur échec. Dès la fin de l’Union Soviètique et la première guerre du golfe, il s’agissait de rassembler autour de soi des alliés bien décidés à s’émanciper.
Danielle Bleitrach
Les Etats-Unis donc dès 1991 vont multiplier les expéditions pour resserrer les rangs de leurs alliés, expédition de Yougoslavie, rôle donné à l’OTAN. Puis la première guerre d’irak ou Saddam qui croyait s’être attiré la reconnaissance de l’Occident s’aperçoit à ses dépends que désormais puisqu’il n’y a plus d’Union Soviètique les règles ont changé. Dès cette époque, l’expédition de Somalie et la déroute de l’armée américaine devant quelques guerrier africains mal armés montre la limite de la puissance militaire.
Les Etats-Unis face à leur crise doivent impliquer leurs alliés dans de grandes coalitions civilisatrices, avec des prétextes de plus en plus fous : hier les armes de destruction massive de l’Irak, aujourd’hui le pseudo armement nucléaire iranien. L’épouvantail iranien va être utilisé comme l’analyse Primakov ci-dessous pour “tenir” les alliés européens qui ont envie de jouer cavalier seul. (1)
Mais on retrouve la même mobilisation des alliés saoudiens, et des afghans et des irakiens contre l’Iran, Bush les accuse de mollesse. Voir la dépêche reuters ci-dessous.
Mais il faut bien mesurer que l’on retrouve des tentatives comparable contre la Chine comme en témoigne la déclaration du ministère des affaires extérieurs cubains.
Donc j’ai regroupé une série d’informations qui toutes, dans le
contexte du danger d’une crise financière de grande ampleur (article d’ATTAC sur les prémisses d’une crise financière), prennent une forte résonance. Puisque nous nous interrogeons sur l’utilité des partis de gauche, et singulièrement du parti communiste, il serait vraiment très utile qu’il mobilise la population française, l’informe sur ce contexte, organise la riposte tant sur le plan économique qu’en faveur de la paix et du désarmement.
Premièrement, comme le souligne la déclaration du ministère des affaires extérieures cubaine que nous publions, les autorités taiwanaises tentent d’organiser une scission avec la Chine, manœuvres qui ne peuvent se faire que parce que les Etats-Unis ont décidé d’utiliser leur marionnette taiwanaise pour créer une tension. Celle-ci pourrait être une simple manière de prétendre gâcher les jeux olympiques chinois, et en ce sens là les autorités chinoises s’attendent à une campagne orientée « type droits de l’homme ». Mais faire agir Taiwan est d’une tout autre ampleur et l’intervention cubaine, l’écho que le ministère des relations extérieurs cubains donne à l’avertissement vont dans le même sens.
Deuxièmement nous ne sommes pas sortis de la crise entre la Russie et les Etats-Unis à propos de l’installation des missiles en Europe. Un article d’ Evgueni Primakov, l’ancien premier ministre propose une interprétation des raisons de l’installation des missiles : le président des Etats-Unis impose aux Européens de resserrer les rangs autour des Etats-Unis face à la crise. C’est dans un tel contexte qu’au-delà du cirque sarkozien nous devons nous interroger sur la nature des relations réelles qui désormais existent entre la France et les Etats-Unis. C’était la conclusion de mon article sur les vacances présidentielle, « le qui paye » le séjour n’a d’intérêt qu’en ce sens…
Va dans le même sens la troisième nouvelle, G.W.Bush selon une dépêche de Reuters vient de déclarer que l’Iran déstabilise l’Irak. Et il a intimé d’abord le président de l’Afghanistan, ensuite Maliki le dirigeant chiite d’irak de contribuer à la pression contre l’Iran.
Ces trois nouvelles apparemment sans relations les unes avec les autres soulignent la volonté de fuite en avant des Etats-Unis.
Je le répète, le parti communiste devrait en priorité se préoccuper de la montée des tensions dans le contexte d’un risque financier de grande ampleur, éclairer les Français sur ce problèmes, et au lieu d’emboîter le pas au PS sur des « ragots » envisager le fait que les vacances de Sarkozy aux Etats-Unis n’ont pas seulement un aspect scandaleux, elles témoignent d’abord de l’acceptation d’une vassalisation de la France. C’est sur cette question là qu’il faut interroger le président. Mais encore faudrait-il que dans ce contexte de mondialisation et de crise financière planétaire, il se trouve un parti de gauche s’intéressant à autre chose qu’au nombril hexagonal et aux papotages médiatiques.
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premier article :
L’Europe a-t-elle besoin d’une défense anti-missile ?
MOSCOU, 23 juillet - RIA Novosti. Quelle est la raison de la décision des Etats-Unis de déployer des éléments de la défense antimissile en Europe de l’Est? Il serait erroné de chercher la réponse dans le souci de se protéger contre un tir hypothétique de missiles iraniens. Il est notoire que l’Iran ne détient pas et ne détiendra pas dans les dix prochaines années de missiles capables d’atteindre l’Europe de l’Est, sans parler de l’Europe de l’Ouest.
Nombreux sont ceux qui estiment que le déploiement du bouclier antimissile américain en Europe de l’Est est dirigé contre la Russie. Mais les experts américains ne peuvent pas ne pas comprendre que la Russie fera tout son possible en vue de neutraliser la menace qui apparaît à proximité de ses frontières.
Moscou l’a déjà fait savoir, notamment en annonçant son intention de déployer sur le territoire de la Russie des missiles pointés sur les éléments de la défense antimissile américaine en Pologne et en République tchèque. Le développement de missiles russes capables d’échapper au système de défense antimissile déployé par les Etats-Unis en Europe de l’Est est une autre mesure forcée.
A mon avis, le déploiement du bouclier antimissile américain en Europe de l’Est a, pour l’essentiel, des raisons non pas militaires, mais politiques ayant trait aux rapports américano-européens. Pendant la guerre froide, les Etats-Unis avaient réussi à imposer à l’Europe une “discipline de bloc”. En fait, les deux superpuissances alors en confrontation avaient regroupé autour d’elles des conglomérats d’Etats. Aussi bien les Etats-Unis que l’URSS avaient agi ainsi.
Mais, après la fin de la guerre froide, l’URSS n’existait plus et les alliés ouest-européens des Etats-Unis n’avaient plus besoin de “parapluie nucléaire” américain, ce qui a engendré une situation foncièrement nouvelle : l’Europe occidentale a acquis le droit de manoeuvrer et d’agir en toute liberté pour défendre ses intérêts nationaux qui ne coïncidaient pas en tout, surtout dans l’économie, avec ceux des Etats-Unis.
L’indépendance acquise s’est manifestée également sur le plan politique. L’Union européenne, surtout la France et l’Allemagne, n’ont pas soutenu l’opération des Etats-Unis en Irak.
Certains désaccords se sont également esquissés entre les Etats-Unis et les pays ouest-européens sur plusieurs autres problèmes internationaux, notamment concernant la tactique à adopter à l’égard de l’Iran. Dans ces conditions, les Etats-Unis ont probablement jugé nécessaire, premièrement, d’accroître leur sphère d’influence en Europe au moyen de l’élargissement de l’OTAN : les pays d’Europe de l’Est désireux d’entrer dans l’UE après avoir adhéré à l’OTAN et ceux qui sont déjà entrés sont plus accommodants que les vieux membres de l’Alliance de l’Atlantique Nord et, deuxièmement, d’essayer de “défendre” de nouveau l’Europe.
Faut-il défendre qui que ce soit contre la Russie dans les conditions actuelles? Il est douteux que de nombreuses personnes soient de cet avis et acceptent le risque que représente la création du système antirusse des Etats-Unis sur le territoire de l’Europe.
Auteur : l’académicien Evgueni Primakov
Cet article est tiré de la presse et n’a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.
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(2) Dépêche de Reuters du 09.08.07
Bush accuse l’Iran d’être un facteur déstabilisateur en Irak
par Matt Spetalnick
WASHINGTON (Reuters) - Le président George Bush a réaffirmé jeudi que l’Iran représente à ses yeux un élément déstabilisateur en Irak, en dépit des assurances données par Téhéran au Premier ministre irakien Nouri al Maliki.
“Si nous vous surprenons à jouer un rôle non constructif (en Irak), il faudra payer le prix”, a déclaré Bush à l’adresse de Téhéran lors d’une conférence de presse à la Maison blanche en qualifiant l’Iran de “nation très perturbatrice”.
Le jour même, Maliki, auquel les Américains reprochent de ne pas réussir à faire progresser la réconciliation en Irak, obtenait à Téhéran des engagements de soutien des Iraniens.
“Nous considérons la sécurité de l’Irak comme notre propre sécurité et celle de la région”, a ainsi déclaré le premier vice-président iranien, Parviz Davoudi, alors que Maliki s’apprêtait à quitter Téhéran.
“Si le message (émanant de Maliki) est que l’Iran est constructif, il me faudra discuter coeur à coeur avec mon ami, le Premier ministre. Parce que je ne crois pas qu’ils soient constructifs”, a dit Bush. “Je ne crois pas non plus que lui-même, au fond de son coeur, pense qu’ils sont constructifs”.
C’est la seconde fois cette semaine que Bush défend sa fermeté envers l’Iran en présence de possibles divergences avec un allié.
Lundi à Camp David, il a conseillé à Hamid Karzaï de se montrer plus circonspect envers l’Iran, le président afghan ayant écarté des accusations américaines selon lesquelles Téhéran armerait les taliban.
Téhéran dément fournir des armes aux activistes et il a réaffirmé jeudi que l’arrêt des violences en Irak ne pourra intervenir qu’avec le retrait des troupes américaines.
Bagdad a demandé à l’Iran et aux Etats-Unis de négocier et de ne pas en découdre sur le sol irakien.
Bush a réaffirmé que le programme iranien d’enrichissement de l’uranium avait des visées militaires, ce que dément Téhéran. “Ceci, conjugué à leur politique étrangère affichée, est en soi très dangereux pour la stabilité mondiale”, a-t-il dit.
Mercredi, le ministre iranien du Renseignement, Gholamhossein Mohseni-Ejei, a déclaré à un journal gouvernemental iranien que si les Etats-Unis ont renoncé à attaquer militairement l’Iran, ils n’ont pas renoncé à le déstabiliser de l’intérieur.
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(3) La Havane. 9 août 2007 Déclaration du ministère des
Relations extérieures
Depuis le début de l’année en cours, les autorités taiwanaises ont réalisé une nouvelle série d’actions dans le but de séparer Taiwan du reste du territoire de la République populaire de Chine, contre les intérêts de son peuple et faisant abstraction de la volonté de la communauté internationale.
Les autorités taiwanaises tentent aujourd’hui d’organiser un soi-disant « référendum sur l’admission de l’île au sein de l’ONU sous le nom de Taiwan » et de présenter une résolution sur le sujet auprès de cette organisation. Cela constitue une violation flagrante des décisions antérieures de l’Assemblée générale des Nations unies, qui dans sa résolution 2758 (XXVI), adoptée le 25 octobre 1971, dans le cadre de sa 26e session, a reconnu le République populaire de Chine comme unique représentant du peuple chinois et expulsé de l’Organisation les représentants de Chiang Kai-Shek, qui jusqu’à présent usurpaient le poste qui revenait légitimement à la République populaire.
Même, le 23 juillet dernier, le secrétariat général des Nations unies a annoncé que son département des Affaires juridiques avait refusé de recevoir la lettre que lui avaient envoyé les autorités taiwanaises demandant d¹intégrer les Nations unies sous le nom de Taiwan. Le secrétariat de l’ONU a allégué, avec raison, que la politique de l’ONU est dictée par cette résolution 2758 (WWVI) de l¹Assemblée générale, qui reconnaît la République populaire de Chine comme l¹unique représentant du peuple chinois.
Il est très significatif que le chef des autorités de cette île, monsieur Chen Shui Bian ait choisi le Club de la presse de la capitale nord-américaine comme tribune pour annoncer, lors d¹une vidéoconférence effectuée le 29 mai dernier, qu¹il consacrerait le reste de son mandat à poursuivre cet objectif.
Le ministère des Relations extérieures de la République de Cuba, en accord avec la position de principe irrévocable prise par la Révolution cubaine sur le sujet, réitère son opposition la plus stricte à toute d’action visant à diviser le territoire chinois, et réaffirme son approbation, sans restriction, du principe d’une seule Chine, et, en conséquence, rejette énergiquement le référendum illégitime sur l’entrée de la Taiwan à l’ONU, ainsi que toute tentative des autorités d’entrer dans cette organisation internationale.
Les autorités taiwanaises doivent se rappeler le récent échec qu’elles ont subi au sein de l’Organisation mondiale de la santé, expression authentique et indubitable de la volonté de l’immense majorité des gouvernements et peuples du monde, qui, comme Cuba, reconnaissent une seule Chine, unique et indivisible, dont le territoire comprend Taiwan. Ceci constitue un principe indispensable pour le maintien de la paix et la préservation de l¹ordre international. Toute action allant à son encontre serait vouée à l’échec.
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(1) dans le même ordre d’idée il faudrait noter la mise en garde de Bush à l’Espagol Zapatero pour sa politique de détente cubaine. Nul doute que Sarkozy agira autrement.
A propos de USA, je pense qu’ils appliquent comme toujours la règle qu’il n’y rien de tel que d’avoir à affronter un ennemi pour s’unir. Et si l’ennemi n’existe pas, il n’y a qu’à l’inventer, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Quand à la réaction de la gauche Rançaise, vu le nombre de commentaires, je crains que la droite au pouvoir, Sarko en tête, ne surfe impunément sur une indifférence crasse.
Je serais plus critique sur le texte cubain. Je doute en effet que le peuple de Taiwan soit intéressé par le retour à la “mère patrie”. Je doute même férocement de l’intérêt pour quiconque de se lier à ce capitalisme qui parvient à être sauvage et dictatorial tout en se parant des oripeaux du communisme. Je ne ferai même pas mention de l’aveuglement vis-à-vis, je ne dirai pas de l’écologie, mais même des règles de santé et d’hygiène, voire de sécurité, les plus élémentaires. Sans croire pour autant que Taiwan soit un paradis, loin de là, je pense qu’il est pour le moment moins pire pour ses habitants. Mais je connais mal l’Asie et suis toujours ouvert à d’autres avis et informations.
johndoev
je me permets de reporter ici à propos de la Chine ce que je disais à Jacques Richaud à propos d’un autre article :
Cela dit je ne suis pas Alexandre Adler, spécialiste de tout, et ce que je sais sur la Chine me permet tout juste de meurer l’arrogance et l’ignorance de ceux qui prétendent savoir et émettent des diagnostics péremptoires sur ce pays immense et complexe. Avez-vous entendu l’architecte du stade, son “look”, son discours critiquait “le pouvoir”, la poudre aux yeux jetée par ces jeux olympiques? mais il le faisait d’une manière ascétique, quasi gauchiste, comme un garde rouge. Je crois comme le disait un article paru sur ce bloc qu’il y a en Chine multiplication des mouvements prolétariens, et que la direction du Parti communiste chinois est obligé d’en tenir compte. Voir sur ce blog, l’article de José Egido sur le virage à gauche des dirigeants chinois, il apporte un certain nombre de faits intéressants.
Autre fait, la Chine a une planification, les “capitalistes” sont des managers, mais la propriété reste celle des villes et de la nation. Enfin la Chine parait être un des rares pays dont la croissance fait songer à celle de l’accumulation capitaliste du XIX e siècle, l’exode rural contrôlé, est assimilé par les emplois urbains, alors que dans le reste du monde, l’exode rural va nourrir les emplois précaires et le chômage. Je pourrais multiplier les faits qui m’mpêchent d’avoir une opinion trop rapide sur un pays continent.
Danielle Bleitrach
Peut-être ceci n’a-t-il rien à voir directement avec le sujet de ce billet, mais je pense qu’il faut savoir ce qui se passe en ce moment en Amérique. Je recommande la lecture de cet article d’un ami québécois :
http://pierrechantelois.blog.lemonde.fr/2007/08/14/le-gouvernement-americain-refuse-toute-personne-ayant-commis-un-crime-touchant-a-la-turpitude-morale/#comments
Et ceux-ci :
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=6386
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=6410